Le second rapport de dépistage d'ANALYTIKAPublié sur http://www.labo-analytika.com/ ce rapport apprend à ceux qui l'ignoraient encore (j'en suis !) que des règlements européens régissent avec précision la gestion que l'on doit avoir des déchets (1). Et les responsables d'Analytika se montrent de plus en plus convaincus que le contenu d'Erika ne correspond en rien à un fuel lourd n°2 : sa composition le rangerait dans la classe des "Déchets Industriels Spéciaux" dont l'exportation est formellement interdite. Ils expliquent le "principe de proximité" qui a conduit à l'édiction de ces règlements européens auxquels Total Fina aurait déjà contrevenu à trois reprises.
Si les résultats de leur analyse sont avérés, ce seraient "7 à 9 tonnes de produits plus ou moins hautement cancérigènes ont été déversés sur le littoral atlantique français". Et Analytika précise : "Selon la réglementation en vigueur en Europe, tout mélange chimique contenant une proportion supérieure ou égale à 0.1% de composant cancérigène ne doit être manipulé que par un personnel convenablement entrainé, en conformité avec des spécifications détaillées. Il est parfaitement inacceptable que le pollueur puisse ainsi se décharger sur des volontaires (bénévoles pour la plupart, sans formation préalable convenable, ni équipement de protection adéquat) de la tâche de décontamination qui lui incombe pourtant clairement."
Enfin ce rapport donne des informations sur la toxicité du contenu de l'Erika, informations dont on peut trouver (en anglais) confirmation sur Internet (2).
Cependant le travail d'Analytika est controversé par M. Claude Chassé, scientifique qui dispose d'une incontestable expérience des marées noires (mais dont les conclusions doivent néanmoins être mises à l'étude) dans deux articles, l'un paru dans le Le Télégramme de Brest (Article du 2 février 2000, Journaliste - Fabien Roux), l'autre dans Ouest-France (Article du 2 février 2000, Journaliste - André Thomas).
Selon le Pr Chassé la matière analysée par Analytika ne proviendrait pas de l'Erika : "le professeur Chassé invite à vérifier que ce produit ne provient pas du pétrolier Gino, coulé il y a vingt ans face au Cap Sizun, et qui gît encore au fond avec sa cargaison de 40 000 tonnes." Le Pr Chassé écrit : "...les démentis n'ont cessé de tomber de la part de l'IFP et de quatre laboratoires différents pour attester que, contrairement a ce qu'indique Analytika, la cargaison de l'Erika est bien un fuel lourd N°2 et non un déchet industriel spécial plus dangereux.
Plusieurs incertitudes règnent donc : celle qui porte sur la composition du contenu de l'Erika, mais également celle qui concerne l'éventuelle réapparition de la cargaison du Gino, qui aurait pu être endommagé par la tempête au point de se mettre à fuir (quel est le degré de corrosion de l'épave ?).
Afin que la lumière soit faite, Analytika demande à la Commission Européenne l'audit d'une commission d'experts : une démarche que, j'espère, nous serons nombreux à soutenir (Analytika vient de doter son site d'un forum).
On peut par ailleurs suivre un certain nombre de débats engendrés par le naufrage de l'ERIKA sur Radiophare : http://www.radiophare.net/archive_radiophare.html.
JCM - 06/02/2000 - Pour communiquer des informations : activart@activart.com
Règlement du Conseil n° 259/93 du 1er février 1993 concernant la surveillance et le contrôle des transferts de déchets à l'entrée et à la sortie de la Communauté européenne : http://aida.ineris.fr/textes/Reglements/text0516.htm.
Environmental Protection Agency : Hazardous Air Pollutants, sur : http://www.epa.gov/ttn/uatw/hapindex.html
L'article du Télégramme : http://perso.wanadoo.fr/poisson.deau/claude.press.2fevri.telegra.htm
L'article de Ouest France :
http://perso.wanadoo.fr/poisson.deau/claude.press.2fevri.ouest.htm |