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TRAITER LA POLLUTION RESIDUELLE

Lors de la récupération du pétrole sur les plages un très grand nombre de petites particules de mazout n'ont pu être ramassées (et il n'est pas certain que la mer n'en ramènera pas d'autres). Il en résulte que des particules se trouvent encore soit en circulation soit enfouies dans le sable des plages. Dans ce dernier cas l'expérience montrent qu'elles parviennent à être dégradées de façon naturelle mais que cela prend beaucoup de temps : si nous n'accélérons pas ce processus le sable de nos plages risque fort de contenir des quantités significatives de mazout durant la période estivale. Cela aura un impact négatif sur le tourisme.

Est-il possible de récupérer par des moyens mécaniques ou hydrauliques ces particules ? Cela semble difficile.

Différents laboratoire de par le monde ont isolé des micro-organismes capables de dégrader efficacement, dans des délais raisonnables, un tel pétrole. Une première question se pose : est-il possible d'obtenir ces micro-organismes en quantités suffisantes et rapidement pour traiter l'ensemble des côtes polluées ?

Si oui, comment utiliser ces précieux auxiliaires, en sachant qu'un plus ou moins grand nombre de particules de mazout seront remobilisées, transportées par la mer, dans les semaines à venir ? Cette mobilisation des particules risque de rendre relativement inefficaces des campagnes de pulvérisation du littoral avec des liquides contenant ces micro-organismes : la mer lessivera très vite les quantités déposées, avant qu'elles aient pu atteindre les particules enfouies dans le sable, et le sable ne sera donc pas traité en profondeur.

L'idéal serait de pouvoir enfouir dans le sable des nodules contenant ces micro-organismes, qui diffuseraient lentement sur une période de quelques semaines. Les avantages de cette méthode seraient multiples : économie de produit actif (possibilité de doser avec une bonne précision les apports), certitude que le produit demeurerait sur le site à traiter sur une durée assez longue pour que les organismes actifs aient le temps de migrer vers leur nourriture préférée, le mazout, traitement du pétrole en place et des nouveaux arrivages éventuels ...

Ces nodules devraient avoir une densité assez voisine de celle du sable, et j'entrevois plusieurs voies pour les réaliser.

La première consiste à mouiller une argile pulvérulente avec un jus contenant les micro-organismes, à confectionner des sphérules avec la pâte obtenue, de sécher ces sphérules autant que possible pour leur conférer suffisamment de tenue (en vue de leur transport et de leur dispersion) tout en préservant la survie des organismes.
Autre solution pour obtenir cette tenue en conservant les organismes en milieu humide : roulage des sphérules dans l'argile pulvérulente, encollage de cette couche et séchage superficiel.

La seconde serait de piéger ces organismes dans des zéolites (s'il en existe présentant une porosité appropriée à un piégeage temporaire, réversible, de ces organismes) pour obtenir des granulats actifs qui pourraient avoir la taille d'un grain de maïs (possibilité de conserver le produit avec un fort taux d'humidité).

La troisième voie serait de réaliser de fines plaques d'un plâtre confectionné à partir d'un jus contenant les micro-organismes (pour autant qu'ils puissent supporter ce traitement : pb de pH, de dessication ...), ou de mouiller des plaques de plâtre sèches avec ce même jus (si leur porosité permet la rétention des organismes), et de les conserver humides. Ces plaques concassées fourniraient alors les nodules requis.

Une autre idée serait d'utiliser ces boulettes de terre cuite employées en horticulture pour couvrir des surfaces de terre nue.

Chacune de ces voies ne nécessite pas de développements technologiques nouveaux : les équipements industriels adaptés à la fabrication de ces nodules existent.

Sur les grandes plages de sable fin il serait possible d'enfouir ces nodules en quantité voulue en utilisant des semoirs agricoles. Dans les zones rocheuses l'enfouissement pourrait se faire manuellement dans le sable des fissures de la roche, on pourrait également déposer des pochettes textiles lestées contenant des quantités appropriées de nodules.

Une telle technique permettrait donc un traitement sur un terme suffisamment long, avec une mise en oeuvre relativement aisée et donc un coùt acceptable, ainsi qu'un suivi efficace. En effet il serait facile de localiser avec précision des lieux d'enfouissement qui feraient l'objet de prélèvements réguliers, pour mesure de la teneur des sables et des nodules en organismes actifs, suivi de leur diffusion dans le milieu et de la dégradation des particules de mazout.

JCM, le 07/01/2000.