Qu'appelle-t-on "Le Fuel de l'Erika" ?On ne peut nommer ainsi qu'un produit qui a transité par le navire Erika. Le lien entre "fuel" et "Erika" est exclusif dans cette expression et chaque fois qu'on l'utilise depuis le naufrage du navire, on désigne sa dernière cargaison. Mais ce n'est peut-être encore qu'une approximation : toutes les cuves du navire contenaient-elles le même produit ? Cette question a-t-elle été posée et quelles réponses ont été fournies?
Il y a controverse sur la nature et la toxicité du (des) produit (s) au(x)quels sont éxposés des personnes peu protégées et non formées : tout citoyen est en droit d'exiger qu'on l'éclaire sur ces points.
Plusieurs laboratoires auraient analysé "Le Fuel de l'Erika" et, à ce que l'on dit, un certain nombre de ces laboratoires auraient fourni des résultats sur la base d'échantillons de produits remis par Total Fina. Où Total Fina a-t-il effectué ces prélèvements, et sous le contrôle de qui ? Dans cette affaire Total Fina est présumée coupable de négligences, à tout le moins elle fait figure de suspecte, et l'on s'en remet à un suspect pour fournir un des éléments importants d'une enquête, alors que cet élément est disponible en grandes quantités sur notre littoral : pourquoi ?
De plus tant que Total Fina n'aura pas prouvé que le produit qu'il a distribué aux laboratoires a été collecté sur le littoral, rien ne nous permettra d'avoir la certitude qu'il s'agit bien du "Fuel de l'Erika", et l'on supposera que ce sera plutôt le fruit de prélèvements dans des stocks de raffinerie qui n'auront donc pas transité par l'Erika. Ces échantillons ne seront alors pas du "Fuel de l'Erika".
La seule représentativité que l'on peut reconnaitre aux résultats des laboratoires qui ont travaillé sur ces échantillons remis par la compagnie pétrolière est donc directement proportionnelle à la confiance que l'on accorde à cette compagnie.
On sait que l'on n'a pas analysé du "Fuel de l'Erika" mais on fait confiance à Total Fina en considérant qu'il s'agit d'un produit identique.
Imaginons que vous aspergiez votre belle mère d'acide nitrique, que vous affirmiez qu'il s'agissait d'huile d'olive et que vous fournissiez à la justice un fond de bouteille d'huile aux fins d'analyse ... On conclut que vous avez dit vrai.
Quelqu'un a recueilli la flaque d'acide dispersée autour de votre belle mère et affirme que c'est de l'acide.
Là on devrait vous accorder un peu moins de confiance.
Mais les analyses ont prouvé que le produit analysé était de l'huile d'olive, alors ....
Nous en sommes là dans l'affaire Erika : le laboratoire Analytika a analysé de véritables échantillons du véritable "Fuel de l'Erika" et met en doute sa nature de "fuel lourd n°2".
Un doute grave existe mais ne suscite aucune réaction de nos autorités.
Soit elles détiennent des analyses d'un véritable "Fuel de l'Erika" : qu'elles nous les livrent en nous démontrant que ce "véritable" l'est bien.
Soit elles n'en détiennent pas et on peut supposer qu'elles sont sourdes, ou dépourvues de toutes capacités à remettre en cause leur attitude, ou disposées à enterrer la question de la nature du (des) produit (s) que contenait l'Erika.
Dans tous les cas ce n'est pas ce que nous attendions d'elles.
Et comment se porte votre belle mère ?
JCM - 02/03/2000 |