Une plage au banc d'essai
| Page précédente De nombreuses plaques de mazout très plissées. Ci dessus une plaque défroissée mesurant 14 cm dans sa plus grande dimension.
La plupart des plaques de mazout (assez difficiles à repérer car une bonne couche de sable y adhérait) trouvées dans ce premier décapage mesurant plus de 5 cm dans leur plus grande dimension étaient enfouies dans des directions parfaitement aléatoires, toutes étaient fortement plissées, repliées sur elles mêmes. Beaucoup d'entre elles étaient verticales ou obliques.
Ce dépôt a-t-il été ainsi mis en forme par le ressac ? J'en doute : l'eau se retire avec un écoulement laminaire et "tire" le matériel transporté d'une façon telle qu'un objet plat (d'une épaisseur négligeable par rapport à ses autres dimensions) sera maintenu horizontal.
L'endroit de ce premier décapage se trouve dans la partie supérieure de la plage là où les engins commis au transport du mazout récupéré lors de la première campagne de nettoyage n'ont cessé de rouler. Cet étage de la plage, beaucoup plus sec et donc plus meuble que les étages de sable humide, a été labouré par les pneus et l'on peut craindre que l'enfouissement soit consécutif au roulement.
La présence du mazout au moment où les engins se sont déplacés peut être attribuée soit à un nettoyage insuffisant avant que la zone soit parcourue, soit aux pertes de mazout (dégoulinures) lors du transport. Il serait intéressant de profiter d'autres éventuelles opérations de dépollution pour approfondir cette question. N'eût-il pas été préférable de faire rouler les engins sur un sable humide, beaucoup plus compact et favorisant moins l'enfouissement, et de veiller à ce que le moins possible de pertes puissent se produire ?
Dans l'après midi je procéderai à d'autres décapages dans bande de roulement, et j'y trouverai souvent de ces plaques froissées. Sur 10 à 15 mètres de largeur, 15 cm de profondeur et peut-être plusieurs kilomètres ce sont peut-être plusieurs milliers de mètres cubes de sable qu'il faudra dépolluer (cette opération pourrait probablement être effectuée par tamisage, au trommel par exemple, par une température suffisamment fraîche pour que le mazout conserve une consistance suffisamment pâteuse).
Les 20 autres décapages donnent un résultat plutôt rassurant : malgré une observation soigneuse des matériaux retirés je n'ai trouvé aucune particule de mazout enfouie. Chaque zone a été creusée au rateau sur une profondeur de 5 à 6 cm, et un quart de chaque surface a été surcreusée de 15 cm pour certaines, moins pour d'autres, lorsque la nature des couches rencontrées ne laissaient aucun doute sur le fait qu'elles n'avaient pas été récemment remaniées. L'ensemble de ces 21 décapages m'aura demandé 2 heures 30 minutes d'un travail minutieux mais rapidement mené (ce vent !). Je suis ensuite parti effectuer des investigations plus loin sur la plage, accompagné de mon seul rateau. Jamais, hors de la bande de roulement des engins, je n'ai constaté de mazout enfoui sous le sable. Cette bande semble par contre généralement assez riche en pollution, il faudrait prendre le temps de la sonder plus systématiquement car j'ai procédé au fil de mes pas : le hasard a pu me conduire sur des endroits particuliers.
Certains endroits de la plage étaient particulièrement couverts d'algues, avec des zones de dépôts minces, d'autres où les amoncellements pouvaient atteindre 20 ou 30 cm d'épaisseur. En me dirigeant vers eux j'ai tenté d'estimer la densité de la pollution. |