Erika = Lapio = Très Forte Toxicité !

Sans aucun doute le produit présenté par Total Fina pour être le contenu de l'Erika est un Lapio.

Cela est aisément vérifiable sans qu'il soit nécessaire de procéder à des mesures (qui, pour être significatives doivent atteindre une précision de 1 pour mille au moins) car le Cedre publie la densité à 15°C du produit, avec une valeur de 1.0025.

Le calcul de l'API gravity (qui permet de définir un Low API Oil) étant basé sur la "specific gravity [60/60 degrees F]", qui est le rapport de la densité à 60°F du produit à celle de l'eau pure à cette même température, il suffit pour effectuer un calcul de connaître la densité de l'eau à 15°C (60°F = 15.55°C). Elle est de 0,9972.

La formule de calcul est : API gravity = (141.5/specific gravity [60/60 degrees F]) - 131.5 et donne pour résultat une valeur de 9.25. Or "A low-API gravity fuel oil, or LAPIO, is defined as an oil having an API gravity less than 10 degrees at 60 degrees F." selon le document "fueloil6.pdf" disponible sur "Toxic Encyclopedia Listing". Soit : "Un fuel de basse densité API, ou LAPIO, se définit comme une huile ayant une densité API inférieure à 10 degrés à 60°F."

Cette valeur pouvant être considérée comme certaine, voyons de plus près ce qu'est un Lapio.

"Like fuel oil #6, LAPIO (Low-API gravity oils) is a blend of heavy and light oil, but it generally contains more of the heavier components. Therefore, LAPIO could be considered as a very heavy #6 fuel oil" : "Comme un fuel oil n°6 (soit à peu près un Fioul Lourd n°2 selon la normalisation AFNOR), un Lapio est un mélange d'huiles lourdes et légères, mais il contient généralement plus de composants lourds. Donc cela pourrait être considéré comme un fuel n°6 très lourd."

"LAPIOs are heavy residual products blended with some other product to meet client specifications for viscosity, pour point, and sulfur content, but LAPIOs do not have to meet a minimum API gravity requirement. The amount and source of the cutter stock and/or lighter residual oil blended with the heavier residual oil to meet client specifications varies widely, so the chemical composition of LAPIO will vary case by case"
Soit :
Les Lapio sont des résidus lourds mélangés avec d'autres produits afin de satisfaire aux conditions de viscosité, de point d'écoulement et de concentration en soufre imposées par le client. La quantité et l'origine des produits de coupe / ou résidus légers mélangés au produit lourd pour satisfaire aux spécifications des clients sont largement variables, et la composition chimique des Lapio variera donc au cas par cas.

Dans la littérature concernant l'adaptation de la viscosité de ce type de produits on trouve notamment mention d'ajouts d'huiles de vidange automobiles, mais on peut se demander si des pyralènes et produits précurseurs notables des dioxines ne sont pas "recyclés" de la même façon.

Rien ne semble - a priori - s'opposer à ce qu'une compagnie pétrolière utilise n'importe quel produit afin de régler la viscosité de ses résidus lourds.

Assurément le fuel de l'Erika présente une forte toxicité, en témoigne le faible taux de survie d'oiseaux soignés et relâchés. Le document "fueloil6.pdf" indique qu'un Lapio peut affecter l'ensemble de la colonne d'eau : la pollution peut s'étendre de la surface à la couche sédimentaire superficielle (fonds marins). Tous les organismes marins de l'ensemble des zones touchées par cette marée noire se trouvent donc en danger...

Nous nous trouvons probablement là face à un très grave problème de santé publique et il semble absolument indispensable que les organismes en charge de ce secteur obtiennent de Total Fina LA COMPOSITION EXACTE DE CHACUN DES PRODUITS DE BASE ayant servi à la formulation du contenu de l'Erika, car le débat ne porte plus sur la viscosité du produit ou sur sa conformité à une norme qui laisse toute latitude de le composer à son gré, mais sur les "poisons" qu'il contient assurément, vis à vis des oiseaux au moins...

On peut considérer la communication de ces données comme un facteur important de prévention et de protection sanitaire en cela qu'elles pourront guider les laboratoires dans leur travail de certification des produits proposés à la consommation : faut-il uniquement chercher des HAP dans les crustacés, poissons et coquillages, ou bien d'autres produits, qui seraient passés inaperçus à ce jour ? La présence de HAP justifie-t-elle à elle seule l'hécatombe parmi les oiseaux ?

JCM - 07/03/2000 - activart@activart.com

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