| 
Des oiseaux épuisés...
Lever du jour, pointe de Pen Bron, à La Turballe. D'une course incertaine, chûtant le bec en avant à chaque mètre un oiseau traverse la route. Il est épuisé : je le capture sans peine et le place dans un carton, ainsi que le conseille la LPO. C'est une macreuse, elle me laisse les mains aussi gluantes que ses plumes. La plage n'a pas encore été dépolluée, et sur plusieurs mètres de largeur s'étale, parallèlement à la mer, une bande de mazout qui couvre presque entièrement le sable. A une trentaine de mètres, un oiseau vivant, visiblement mazouté. Je tente de le rejoindre discrètement mais il m'a vu et se hâte vers la mer. Je n'ai plus aucune chance de l'atteindre et le photographie. Sitôt dans l'eau il plonge et réapparait quelques instants après dans la vague. Survivra-t-il ? La question ne se pose plus pour beaucoup de ses congénères. On en trouve à tous les niveaux de l'estran, tués par le mazout. Triste matin de ce premier janvier 2000. Belle image de notre civilisation de progrès. Ce spectacle inciterait à penser que nous ne sommes guère plus qu'une bande de vaniteux sagouins ... A perte de vue la plage est constellée de taches noires. |