Où peut-on trouver les avis de l'Afssa ?

Ce qu'est l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, comment elle fonctionne et les travaux qu'elle a éffectué dans le cadre de l'affaire Erika : de nombreux points se précisent à l'occasion d'une controverse entre M J.F. Narbonne du LPTC de Bordeaux et M B.Tailliez d'Analytika. L'origine du débat : les propos d'un représentant de l'Afssa (C. Lamoré) transcrits dans Le Monde du 19 Janvier 2000 dans un article de Paul Benkimoun intitulé : "Le fioul de l'Erika est "peu toxique" mais "ne va pas disparaitre rapidement".

Le ton est vif mais l'échange vaut la lecture pour au moins cinq raisons : il éclaire
  • sur l'Afssa,
  • sur les rapports qu'entretiennent divers intervenants (laboratoires, centres de recherche, entreprises et pouvoirs publics ...) dans l'affaire Erika,
  • sur la difficulté de mettre au point et d'obtenir des données fiables - tant pour la détermination de seuils de toxicité qu'en ce qui concerne la composition du fuel -
  • sur l'unanimité qui peut naitre autour de la nécessité d'un suivi médical des dépollueurs bénévoles par la médecine du travail
  • sur la confidentialité, enfin, des travaux de l'Afssa.
Le grand ressort de tout cela : savoir. Le besoin, la nécessité de savoir afin de déterminer sa meilleure conduite personnelle ou d'édicter des conseils ou des règlements. La difficulté de créer un savoir lorsqu'il n'existe pas, par exemple le seuil de tel ou tel composé admissible dans le poisson, qui sera un seuil différent pour les coquillages : critère d'une grande importance car il conditionnera l'autorisation de mise sur le marché de ces produits et aura donc une influence vitale sur le devenir des pêcheurs et conchyliculteurs.

Savoir le danger auquel on s'expose lorsque l'on dépollue les plages : mais qui est aujourd'hui capable de le quantifier, et comment ?

Savoir n'est pas une mince question, et prendre la parole au titre de "représentant du savoir" est une lourde charge. Le "grand public" veut, dit-on, des certitudes ? Il faudrait parfois lui expliquer qu'elles n'ont pas encore émergé et qu'un principe de précaution ne permet rien de plus que d'énoncer des probabilités et de décider des mesures de prudence.

Il faudrait aussi favoriser l'effort de compréhension que peut développer chacun et, à cette fin, faire en sorte que le plus possible d'informations soient d'un accès facile.

Là je dois citer les mots de M B.Tailliez : "Je n'ai effectivement pas lu les avis de l'AFSSA, ils sont introuvables!.", puis : "Les avis de l'AFSSA ne sont pas à la portée du grand public, mais le journal Le Monde, oui.". Quel dommage car l'affaire de l'Erika, mais aussi l'épidémie de listériose, suscitera pour quelques temps encore des prises de positions, des paroles péremptoires que l'on souhaiterait alimenter de données de première main. Rien n'est plus facile sur Internet que de réunir des bases documentaires sous forme de pages de liens, à condition qu'on ait la liberté de le faire. Rien n'est plus fastidieux que de chercher un site dont on suppose qu'il existe et dont on ne connaît pas l'adresse.

De nombreux internautes utilisent "leur moteur de recherche favori". S'ils ont peu de temps à consacrer à débusquer un site ils ne trouveront pas celui de l'Afssa à moins qu'ils utilisent priotairement Nomade, Spray ou l'Alta Vista français. Rien, apparamment, sur les grands moteurs internationaux pour un organisme dont M Narbonne pense que les travaux pourrait faire figure d'exemple pour de nombreux pays.

J'ai conduit ma recherche avec un logiciel qui transmet la requète simultanément à de nombreux moteurs : c'est rapide, précis mais tout le monde n'utilise pas ce type d'outil. Il serait donc souhaitable que le référencement des sites émanant d'organismes d'état soient référencés sur quelques dizaines de moteurs de recherche.

J'allais oublier : Afssa : http://www.afssa.fr.

JCM
Pour lire cet échange : http://www.labo-analytika.com, rubrique "Lettres Ouvertes".

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