Activ'Art

Edition 2003


UniverSale

>> Réchauffement global
>>> Vivre autrement
>>> Energies Renouvelables
>>> Climatisation : légiférer
=== Décroissance sélective

>> Anti américanisme ?
>> Cata OGM ?
>> Guerre en Irak
>> Initiatives
>> Monsieur Raffatcher
>> Nucléaire : propre ?
>> Soja : toxique ?

Jardin de Sculptures
Insectes du Marais
Le Marais gelé
Photos du Marais
Canicule 2003 : le Marais maltraité...


Translate > English

Rechercher :
Kartoo
Netscape
DMOZ
Mirago
Google
Images



Ancien site
 

Décroissance sélective : sortir du cycle de "développement sale"



Comment imaginer une diminution de nos émissions de gaz à effet de serre en pensant à une croissance continue des industries extractrices de carburant fossiles, puisque l'utilisation de ces carburants est la principale source de ces émissions ?

A moins de trouver une solution efficace de piégeage du C02 résultant des combustions, ce qui n'est pas un problème à ce jour résolu, il faudra que l'activité des compagnie pétrolières (en particulier) diminue : elles devront connaître une décroissance à peu près proportionnelle à la réduction des émissions de CO2 dans le monde.

Si l'on veut limiter de façon significative ces émissions, cette décroissance sera forte.

Elle leur sera probablement imposée par la diminution des réserves mondiales d'un pétrole qu'il faut aller puiser dans des conditions de plus en plus difficiles et coûteuses. Une augmentation importante des prix du pétrole est envisagée par beaucoup d'économistes : on peut penser qu'elle se manifestera un jour, mais quand ?

On ignore tout de son ampleur et de ses conséquences sur les marchés et sur nos sociétés : il ne serait pas sérieux d'attendre que ce phénomène se produise pour s'abstenir de toute mesure de réduction de nos émissions de CO2.

Nos sociétés "développées" étant très largement tributaires des énergies fossiles, la décroissance de leur utilisation signifie-t-elle automatiquement une décroissance de toutes nos activités, de "la consommation" et, globalement, de nos économies ?

La réponse à ces question ne dépendra que de notre faculté à reconstruire nos économies sur d'autres bases énergétiques et à imaginer des stratégies de substitution, avec pour conséquence la décroissance de la branche "utilisatrice d'énergie fossile" d'un secteur au profit de la croissance de sa branche "utilisatrice d'énergies renouvelables".

Certaines de ces stratégies existent, d'autres devront être inventées en tenant compte des spécificités de chacune des activités utiles ou indispensables à la vie de nos sociétés.

Combien de temps encore pourrons-nous nous contenter de débats théoriques entre les tenants du "développement durable" et ceux d'une décroissance généralisée ?

Certes ils ne sont pas dénués d'intérêt mais seront-ils tranchés un jour, et quels en sont aujourd'hui les applications efficaces ?

Une autre voie permettrait d'aboutir beaucoup plus vite à des résultats applicables à brève échéance : elle nécessite d'abord un travail d'inventaire et d'évaluation.

Inventorier les solutions "alternatives", c'est à dire les solutions utilisant moins ou pas d'énergies fossiles, en évaluer les différents impacts et, si l'évaluation s'avère positive, initier d'une façon ou d'une autre la transition vers cette solution.

Mais que signifie "évaluation positive" si une solution implique la décroissance d'une branche de l'industrie ?

Prenons l'exemple de l'agriculture : celle, intensive, que nous connaissons le mieux, est très gourmande en pétrole.

Il existe des solutions alternatives et notamment un institut helvétique a publié les résultats d'une étude comparative entre une agriculture intensive et une agriculture biologique (étude portant sur plus de 20 ans de cultures) qui démontre que la pratique du biologique ne s'établit pas au détriment du revenu de l'agriculteur (entre autres points dignes d'intérêt).

Mais cette agriculture biologique, si elle se généralisait, signerait une forte décroissance des industries productrices d'engrais et de pesticides (entre autres secteurs).

Assurément les entreprises de ces branches (et leurs actionnaires) ne jugeraient pas cette conversion comme un fait positif.

Le critère de "positivité" d'une évaluation devrait donc faire l'objet d'une définition bien précise, une définition dans laquelle un intérêt général envisagé sur le long terme primerait sur toute autre forme d'intérêt.

Cette définition devrait nous permettre de sortir du cycle de "développement sale" dans lequel nous nous trouvons, pour trouver une dynamique de "développement propre", c'est à dire un développement qui porterait moins d'atteintes à notre biosphère.

D'un point de vue économique il s'agirait d'instituer au minimum une distorsion de concurrence entre une solution de remplacement validée comme "positive" et la solution que l'on se proposerait de remplacer, et au maximum d'interdire à terme l'utilisation de la solution à remplacer, un laps de temps nécessaire à la substitution étant laissé aux acteurs du secteur concerné.

Une telle dynamique ne recueillera pas l'aval des partisans de "l'autorégulation des marchés" (qui sont également les détracteurs de l'interventionnisme des états) et ne passera pas aisément le seuil de l'OMC, bien que cet organisme se doive d'obéir à ses propres règles.

Ses statuts stipulent que le commerce international doit se concevoir "tout en permettant l'utilisation optimale des ressources mondiales conformément à l'objectif de développement durable, en vue à la fois de protéger et de préserver l'environnement".

En outre l'article 20 des accords du GATT, toujours valable dans le cadre de l'OMC, dit que rien ne doit empêcher un pays de prendre des mesures, y compris protectionnistes, "nécessaires à la protection de la santé et de la vie des personnes et des animaux ou à la préservation des végétaux" ou "se rapportant à la conservation des ressources naturelles épuisables".

(Source : le très intéressant Alternatives Economiques Hors série n°63, 1er trimestre 2005. Voir en ligne un article sur Kyoto : http://alternatives-economiques.fr/site/233_004.html)

On attendra longtemps que cette "autorégulation des marchés" produise des effets massifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de sortie du cycle de "développement sale", trop longtemps, jusqu'après que l'effet de serre ait produit son lot de catastrophes.

Quel état sera capable de lancer une dynamique d'inventaire – évaluation largement indépendante à la fois des lobbies industriels et de l'idéologie du "tout marché" (ou presque tout) ? Quelle autre instance pourra le faire ?

Sur quelle instance à la fois honnête et suffisamment éclairée, sinon savante et largement informée, pourrons-nous compter ?

Car des questions d'honnêteté, sinon de savoir et d'information, semblent se poser jusque dans les plus hautes sphères.

Le programme REACH ( Répertorier, Evaluer, Autoriser les substances CHimiques) de l'Union Européenne se heurte à des oppositions de la part des industries chimiques en particulier, notamment sur le fait que tester 100 000 substances sur des modèles animaux serait irréalisables en terme de coûts et de délais (11 milliards d'Euros, 10 ans).

Un biologiste moléculaire, Claude Reiss, signe dans "L'Ecologiste" n°14 un article exposant qu'utiliser une technique (récente) de puces à ADN permettrait à la fois de réduire les coûts (facteur 100) et les délais (facteur 10) tout en obtenant des résultats plus fiables vis à vis de l'humain que ceux obtenus avec le modèle animal (pour en savoir plus voir : http://antidote-europe.org/sc_tox_gp_fr.htm).

L'instance de la Commission Européenne est-elle informée de cette méthode, de ses avantages et de ses limites, l'a-t-elle évaluée, en a-t-elle envisagé l'utilisation ?

Cette question réfère-t-elle à son savoir, à son degré d'information, ou à un manque d'honnêteté dans le choix d'une procédure de test aux paramètres rédhibitoires, et qui conduit donc à restreindre la liste des produits appelés à être testés, ceci sous l'éventuelle pression des industries chimiques ?

Ici le plus grand intérêt général est que le test porte sur le plus grand nombre de molécules, même si certaines conclusions du test s'exercent au détriment de certains produits dont la trop forte toxicité conduirait à leur retrait du marché.

Autre article dans le même numéro de l'Ecologiste, concernant une plante, la Stevia rebaudiana Bertoni, originaire d'Amérique du Sud, utilisée depuis des temps reculés par les Guarani pour son très fort pouvoir sucrant et à laquelle on ne connaît ni effet indésirable ni contre indication, ce qui n'est pas le cas de tous les édulcorants.

La Stevia serait en outre un bon régulateur du diabète et de l'hypoglycémie.

La Commission Européenne en interdit pourtant la commercialisation comme aliment, complément alimentaire ou édulcorant, alors qu'elle est très largement utilisée dans certains pays, parfois au niveau industriel (agroalimentaire) comme au Japon.

Une société française (Guayapi Tropical, http://www.guayapi.com, est d'ailleurs en procès pour commercialiser la Stevia.

Convient-il de soutenir les industries du sucre et des édulcorants dans leurs pratiques actuelles au mépris de la santé publique (alors que l'obésité se généralise) ou ne devrait-on pas pousser ces industries à une reconversion vers l'utilisation de cette Stevia ?

Pourquoi ce qui s'est fait au Japon, pour des motifs de santé publique, serait-il impossible en Europe ?

Où se trouve le plus grand intérêt général ?


Sous quel motif et sous quelles pressions la Commission Européenne a-t-elle pris la décision d'interdire les usages alimentaires de cette plante (dont on peut toutefois se procurer les graines : http://www.graines-baumaux.fr).

La Belgique s'apprèterait d'ailleurs à réagir :
"La Belgique fait les yeux doux au stévioside..."
http://www.healthandfood.be/html/fr/news/2005/2005-01-05.htm

On le voit la qualité d'une instance en charge d'un dossier constitue un facteur primordial, et cette qualité ne semble pas universellement assurée.

On se plait alors à rêver d'une encyclopédie des "solutions alternatives", tant pour ce qui relève de la réduction d'émission de gaz à effet de serre que pour d'autres problématiques, une sorte de Wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil) émanant de chacun d'entre nous et pouvant servir de centre de connaissance et de proposition en direction de nos instances dirigeantes.


Haut de page




© Activ'Art 2002
Correspondance
Site optimisé pour Netscape Navigator et Internet Explorer
Résolutions d'écran de 800 à 1920 pixels en largeur

Edition 2002 | UniverSale
Réchauffement global |  Vivre autrement |  Energies Renouvelables
Cata OGM ? |  Guerre en Irak |  Initiatives
Jardin de Sculptures
 

Google
Web activart.com