Activ'Art

Edition 2003


UniverSale

>> Monsieur Raffatcher
>>> La France au poker
=== Croissance et gazole
>>> Contre la puissance
>>> Politique Sécuritaire
>>> Réhabiliter le travail
>>> Iter ? NON !!!
>>> Jeter Bové ?
>>> Dissolvez !

>> Anti américanisme ?
>> Cata OGM ?
>> Guerre en Irak
>> Initiatives
>> Nucléaire : propre ?
>> Réchauffement global
>> Soja : toxique ?

Jardin de Sculptures
Insectes du Marais
Le Marais gelé
Photos du Marais
Canicule 2003 : le Marais maltraité...


Translate > English

Rechercher :
Kartoo
Netscape
DMOZ
Mirago
Google
Images



Ancien site
 

Croissance et gazole



Le pragmatisme sans imagination
peut-il conduire à d'autres résultats que le recyclage
de recettes usées qui ne résolvent rien ?

Il serait pourtant possible d'apporter des solutions nouvelles
à des problèmes graves dont la résolution immédiate s'impose.

L'Europe (et très nettement la France, en particulier) attend qu'une croissance forte aux Etats Unis impulse une tendance mondiale à une reprise de la croissance, dont tout le monde profiterait.

Dans ce schéma de croissance il nous faut nous souvenir des accords de Kyoto et de la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous avons très officiellement reconnu cette nécessité.

Ceux qui auront suivi les mesures de politique intérieure – et industrielle – de l'administration Bush depuis son arrivée au pouvoir auront remarqué que de très nombreuses mesures de protection de l'environnement ont été levées afin de renforcer la croissance et la compétitivité US.

La pays qui, déjà, avait le niveau de vie le plus fortement générateur de nuisances a augmenté son droit à polluer plus.

Voir notamment :
http://www.transfert.net/a9280

En fin de compte ce surcroît de croissance que nous attendons, nous le devrons pour une part non négligeable à cette levée des contraintes de protection de l'environnement (tout à fait insuffisantes, déjà à l'époque) qui pesaient sur les entreprises US.

Nous le devrons également à la très dure absence de lois sociales aux Etats Unis qui rend la vie très difficile à des pans importants des classes moyennes et inférieures de la société.

Certes il ne faut pas confondre "morale" et "politique" mais l'on pourrait trouver de l'une dans l'autre, parfois.

Ici ce n'est vraiment pas le cas et nous récolterons, si la croissance reprend, les fruits délicieux du libéralisme : augmentations conjointes de la teneur de l'atmosphère mondiale en différents additifs néfastes et de notre PIB.

Le second nous fera oublier le premier, pour un temps, celui d'une euphorie boursière.

Mais rassurons-nous, nous agissons dans le bon sens pour ce qui concerne le CO2 : le gazole augmentera début 2004, et une partie des sommes engrangées sera consacrée à des recherches sur la voiture à hydrogène et autres solutions qui ne seront efficaces (si elles le sont un jour) que dans 10 ou 20 ans, et n'auront donc aucune portée immédiate.

Pourtant nos politiques auraient peut-être intérêt à s'informer un peu et, s'ils ne le font, nous devrions peut-être les auguillonner : le "peak oil" nous menace, il aura des conséquences très dures à supporter pour tous, nos vies en seront très profondément bouleversées.

Voir à ce sujet :

ASPO the Association for the Study of Peak Oil

Quand le déclin de la production pétrole mondiale va-t-il débuter ?

Les réserves de pétrole sont dangereusement surévaluées, dénonce un groupe d'experts

Mais revenons au produit de l'augmentation du gazole : le "reste" de ces sommes ne fera que reprendre d'une main ce que l'autre a donné par une réduction de l'impôt sur le revenu.

Avec le grand avantage que ce qui sera repris ne viendra pas des mêmes poches : les plus favorisés n'ont rien à craindre.

Cette augmentation du gazole n'affectera pas les véhicules de plus de 7 tonnes, ceux qui polluent le plus, mais également ceux pour lesquels il est le plus facile de paralyser le pays en bloquant les voies de circulation.

Nous noterons donc que le gouvernement veut éviter notre paralysie : c'est très bien !

Esprit chagrin, je vois néanmoins quelques épines là dedans.

Question d'effet de serre : nous pouvons facilement modifier notre comportement vis à vis du CO2.

Celui que nous larguons dans l'atmosphère en brûlant des combustibles fossiles augmente immédiatement et pour très longtemps la teneur de l'atmosphère en ce gaz.



Un signe fort en politique énergétique



En brûlant des combustibles issus de l'agriculture, nous libérons des quantités voisines de CO2 mais, dans la mesure où nous cultivons des quantités de végétaux équivalentes à celles qui ont été nécessaires à l'obtention du carburant biologique brûlé, ce CO2 est recyclé d'un an sur l'autre : nous n'augmentons pas sa présence dans l'atmosphère sur un cycle d'un an.

En faisant cela nous avons donc une action directe, immédiate et significative sur un gaz à effet de serre.

Il se trouve que des personnes tentent de développer des filières de carburants biologiques, notamment l'huile de Tournesol en substitut au gazole, et éprouvent de graves difficultés : les gouvernements, l'Europe (on pourrait imaginer qu'ils y seraient poussés par les lobbies pétroliers…) tentent d'imposer la TIPP sur ces carburants et de contraindre les entreprises qui produiraient ces carburants à respecter les normes de l'industrie pétrolière.

Cet aspect de normalisation aura un impact très fort sur le coût des installations (très simples au demeurant : trituration, pressage, filtration) de production de ces carburants.

L'investissement deviendra prohibitif dans la plupart des cas : un bon moyen de tuer dans l'œuf ce type d'initiative.

Pourtant il serait très intéressant que de petites structures, d'influence locale, puissent se développer sur ce thème.

Outre le supplément de débouché que cette filière offrirait à l'agriculture (il faut penser que le tournesol pourrait se substituer au maïs dans un certain nombre de cas, et le tournesol n'a pas les énormes besoins en eau propres au maïs), il faut compter avec des créations d'emplois, avec la production d'un carburant produit localement et transporté sur de courtes distances.

Lorsque les carburants d'origine biologiques sont produits par l'industrie pétrolière, ils le sont dans une ou deux très grosses unités en France : la matière première voyage donc vers ces unités, puis voyage à nouveau vers les lieux de distribution.

Autant de semi-remorques en plus sur les routes.

L'idée de "libre entreprise" que défend notre gouvernement pourrait donc se conjuguer harmonieusement avec à la fois la préoccupation de limiter l'émission de CO2 et l'augmentation du prix du gazole, mais aussi des autres carburants, et ceci POUR TOUS LES VEHICULES ROUTIERS.

Le produit de l'augmentation du prix des carburants devrait principalement être utilisé à des aides pour que cette filière puisse se développer et à certaines mesures incitatives (reconversion des industries pétrolières).

Sur le plan agricole il pourrait ne plus être question de jachères : un nouveau débouché rendrait la culture du tournesol attractive.

Le carburant biologique, entièrement détaxé, ne procurerait aucune ressource directe à l'état, mais seulement des ressources secondaires à l'ensemble de la collectivité (charges sociales etc…).

Ce "manque à gagner" serait comblé par l'augmentation du prix de l'ensemble des carburants.

On pourra objecter que cette dynamique consiste à réduire les perspectives de croissance de l'industrie pétrolière.

Mais cette question est facile à résoudre : nous devons réduire notre consommation de produits pétroliers afin de réduire nos émissions de CO2 d'origine fossile.

Cela signifie que, pour connaître une certains croissance, l'industrie pétrolière doit soit :
- Vendre plus de produits pétroliers au même prix
- Vendre des quantités inférieurs de produits pétroliers à des prix supérieurs
- Se reconvertir dans d'autres filières et diminuer l'impact des produits fossiles sur leur CA

Elles peuvent évidemment conjuguer ces différents paramètres.



Face à la désindustrialisation de la France
favoriser le développement d'activités locales.



Pour un gouvernement qui voudrait vraiment mettre en pratique le pragmatisme dont il se réclame toutes ces problématiques sont assez faciles à aborder par des mesures assez simples :

  • Aides à la création de petites structures de production de carburants végétaux, financées par l'augmentation du prix des carburants.
  • Surtaxation significative des carburants biologiques transportés en vrac sur des distances supérieures à 100 km (afin d'éviter que les industries pétrolières puissent lutter contre les petites structures locales, par la guerre des prix : une mesure anti-concentration).

    Voir à ce sujet "Contre la puissance"

  • Incitations aux industries pétrolières à développer de nouvelles approches (nouvelles technologies, amélioration des technologies existantes etc …) orientées vers une augmentation des rendements des équipements consommant des produits pétroliers et vers le développement de filières de hautes technologies, qui nécessite des moyens techniques et financiers dont disposent ces industries.


Une telle dynamique aurait pour effet marginal de soulager la balance de notre commerce extérieur, un effet qui s'amplifierait au fil des ans et qui ne serait pas néfaste.

Elle serait aussi un élément favorisant la reprise de la croissance de l'économie française indépendamment de ce que serait la reprise US : même avec un impact très minime sur le PIB, au moins dans un premier temps, elle aurait un exquis parfum d'autonomie, d'indépendance économique.

Admettons que notre gouvernement actuel ait un peu de ce pragmatisme dont il se réclame : ce pragmatisme ne lui sera pas d'une grande utilité s'il ne lui sert qu'à resservir des solutions éculées, dont on a constaté qu'elle ne résolvaient rien, à la sauce du jour.

Il lui faudrait aussi un peu de cohérence, en considérant les différents défis auxquels il nous faut répondre (croissance et réduction des émissions de CO2 par exemple), et un peu d'imagination.

Deux qualités qui lui font cruellement défaut.


A propos des carburants biologiques, voir notamment :
http://valenergol.free.fr

http://www.roulemafleur.free.fr/



Edition 2002 | UniverSale
Cata OGM ? |  Mangez du riz ! |  Invasion |  6 ans après ?
Arsenic |  Vérifier |  Au nom du progrès
Les armes OGM |  Retard européen |  Un débat tronqué ? |  Poulet Douteux
Guerre en Irak |  Initiatives |  Réchauffement global
Jardin de Sculptures
 

Google
Web activart.com