Activ'Art

Edition 2003


UniverSale

>> Monsieur Raffatcher
=== La France au poker
>>> Croissance et gazole
>>> Contre la puissance
>>> Politique Sécuritaire
>>> Réhabiliter le travail
>>> Iter ? NON !!!
>>> Jeter Bové ?
>>> Dissolvez !

>> Anti américanisme ?
>> Cata OGM ?
>> Guerre en Irak
>> Initiatives
>> Nucléaire : propre ?
>> Réchauffement global
>> Soja : toxique ?

Jardin de Sculptures
Insectes du Marais
Le Marais gelé
Photos du Marais
Canicule 2003 : le Marais maltraité...


Translate > English

Rechercher :
Kartoo
Netscape
DMOZ
Mirago
Google
Images



Ancien site
 

La France au poker



Décisions subitement annulées face aux menaces de protestations,
décisions aux conséquences incertaines,
non prise en compte des conséquences potentielles de certaines décisions ...

Il semble que le gouvernement agit en fonction de démarches intellectuelles assez inabouties.

L'autorité est une manne pour les mous du neurone : elle permet d'imposer ce que l'on veut à qui acceptera cette autorité sans qu'il soit nécessaire de développer le moindre effort pour rallier l'autre à sa thèse ...

Accepterait-on d'un chirurgien qu'il tranche au hasard ?

Pourquoi devrait-on l'accepter d'un gouvernement ?


Réduire les impôts sans trop creuser le déficit budgétaire nécessite de trouver des sources d'économies.

On décide donc de réduire l'aide au logement pour certains étudiants.

Passera, passera pas ?

Au hasard ...

Passe pas.

On abroge les décrets, on ne réduit pas, tant pis.

Mais, comme on l'affirme, on se soucie de la France "d'en bas", et l'on s'en soucie dans la concertation.

Comme au poker : une certaine forme d'échanges entre partenaires (concertation ?) visant à s'approprier la (che)mise des autres.

C'est ainsi que l'on gouverne maintenant ?

M.Copé, porte parole de l'actuel gouvernement, déclarait sur "La 5" le 07/09/03 à 18h47 "…le gouvernement est obnubilé par le pragmatisme…".

Qu'on me permette de démontrer que certaines décisions de ce gouvernement s'appuient sur des réflexions inabouties, ce qui conduit notre premier ministre à gouverner en joueur, avec la France et l'Europe pour casino.

La fameuse baisse des impôts s'inscrit dans ce cadre.

Le président l'a promise mais c'est au premier ministre qu'il appartient de gouverner et, si nécessaire en fonction de la conjoncture, de surseoir à l'exécution de promesses faites en d'autres temps.

On sait que des gens bien pourvus en argent sont susceptibles d'utiliser un supplément d'argent de plusieurs façons : en consommant plus, en investissant plus ou en épargnant plus.

L'annonce aujourd'hui de cette réduction d'impôts de 3% en 2004 ne provoquera une libération d'argent à peu près significative en volume chez les contribuables les plus aisés qu'en 2004 au plus tôt : cette réduction ne pourra donc pas avoir d'effet sur la croissance dans l'immédiat.

Son effet se manifestera au plus tôt dans le courant de 2004 : il serait pourtant intéressant pour le gouvernement que la croissance redémarre dès maintenant.

Il est impossible de prédire ce que sera le taux de croissance l'an prochain : quel sera l'état de l'économie mondiale, y-aura-t-il eu reprise importante de la croissance aux USA, si oui cette reprise aura-t-elle un effet direct et fort sur l'économie européenne ?

Nul ne le sait.

Et comme nous l'ignorons tous nous ignorons également comment se répartira entre consommation, investissement et épargne, l'utilisation de l'argent libéré par la réduction d'impôts.

Le gouvernement parie visiblement sur une répartition majoritaire entre consommation et investissement.

Mais ce n'est qu'un pari, en aucun cas une certitude.

Au hasard ...

En jeu 1,6 milliards d'euros au moins, semble-t-il.

En jeu l'attitude de la France face aux règles de l'union européenne, une attitude qui ne sera pas sans effets sur les autres pays de l'union, sur l'avenir du pacte de stabilité : la question n'est pas anodine.

Le fameux leadership de la France sur l'Europe prend mauvaise tournure …

Admettons que la France ait les moyens de distraire 1,6 milliards d'euros de son budget.

On sait que des gens mal pourvus en argent, et qui ont donc des difficultés à faire face aux besoins quotidiens, utiliseront tout supplément d'argent pour satisfaire ces besoins : cet argent sera essentiellement affecté au poste "consommation", et alimentera l'épargne de façon très marginale.

Il y a donc une "population captive", celle des moins bien pourvus, dont on peut prédire le comportement avec une très forte probabilité de ne pas se tromper.

CETTE "POPULATION CAPTIVE" DEPENSERA, ET DEPENSERA IMMEDIATEMENT : UN GOUVERNEMENT QUI POURRAIT CREUSER SON DEFICIT BUDGETAIRE AVEC LA CERTITUDE ABSOLUE DE PROVOQUER UNE RELANCE DE LA CONSOMMATION AURAIT DONC PRATIQUE UNE REDISTRIBUTION VERS CEUX QUI DISPOSENT DES RESSOURCES LES PLUS FAIBLES.

"Un tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l'auras" : c'est bien connu, sauf de notre gouvernement.

Il est vrai que cela manque de sel : c'est du sûr et certain, le "tiens", tandis que le "tu l'auras" recèle la dimension ludique propre à tout pari.

Raisonner mieux.

Une conséquence certaine, absolument mécanique, de cette réduction d'impôt sera de creuser la différence de ressources entre les mieux et les moins bien pourvus : un accroissement des inégalités donc.

A un premier ministre "très touché" par ceci, très "compatissant" à cela et très soucieux de tout ce qui pourrait nous affecter … qui s'affiche très affectueux, affectif et à la limite pleurnichard je préférerais le premier ministre qui établirait ses décisions sur des raisonnements plus évolués, qui aurait pris la mesure des choses de façon plus approfondie, qui aurait évalué les incertitudes avec plus de vigilance.

Il n'avait pas pensé que ses décisions concernant les intermittents du spectacles conduiraient à l'annulation de nombreux festivals : avait-t-il prévu un tel mécontentement, de telles réactions ?

Probablement non, et probablement le pari était que les mesures "passeraient".

Au hasard ...

S'il avait prévu la possible annulation des festivals, s'il tenait cela comme une conséquence possible des décisions, c'est qu'il avait aussi accepté l'ensemble des conséquences, notamment auprès des économies locales : manque à gagner pour de très nombreux acteurs de la vie économique autant que pour l'état.

Peut-on accepter soit qu'il n'ait pas prévu de réactions vigoureuses, soit qu'il ait accepté l'annulation des festival comme prix de ses décisions ?

De mon point de vue non, car "gouverner c'est prévoir".

Prévoir c'est faire l'inventaire des possibles et, si chacun de ces possibles est acceptable, les accepter a priori, chacun comme conséquence des décisions prises.

Cela n'induit pas un motif d'impossibilité à gouverner : cela impose au contraire l'effort de concertation, afin que la probabilité que certaines conséquences non souhaitables se produisent soit réduite à l'infime.

Un véritable pragmatisme veut que les décisions conduisent à des effets positifs, bien inventoriés et bien calibrés.

Un véritable pragmatisme implique des évaluations approfondies de toutes les conséquences possibles de chaque décision envisagée.

Ce n'est pas du tout ce à quoi nous assistons.

Il semblerait pourtant que l'état français dispose de ressources suffisantes en têtes pensantes afin de conduire les indispensables évaluations.

S'il n'en dispose pas qu'il s'en dote !

Il fût un temps où l'on raflait les inactifs dans les ports afin de doter la Royale en marins : époque révolue d'une autorité hussarde de l'état, sans recours ni protestations.

Les temps ont changé et l'état ne peut plus imposer n'importe quoi sans susciter des réactions, et sans provoquer des conséquences sur la vie du pays, sur celle de l'Europe dans certains cas.

La tâche n'est pas facile et la question pour l'état de sa capacité à "imposer des mesures impopulaires" se pose.

Elle ne peut se résoudre que par des évaluations très approfondies suivies de concertations également approfondies avec les partenaires sociaux et avec l'ensemble de la société : l'autoritarisme ne passe plus.

On pourrait penser que cela conduirait à ralentir certains processus de décision.

Peut-être mais cela éviterait les conséquences néfastes des décisions rejetées par les citoyens.

Cela produirait globalement un large bénéfice : le bénéfice pour le gouvernement d'avoir pris des décisions largement approuvées, le bénéfice pour le pays de ne pas subir les blocages que nous avons constaté encore récemment.

Le gouvernement y gagnerait nettement en pertinence et en chances de succès à de nouvelles élections.


Sur les questions de gouvernement voir également : Climatisation : légiférer


Edition 2002 | UniverSale
Cata OGM ? |  Mangez du riz ! |  Invasion |  6 ans après ?
Arsenic |  Vérifier |  Au nom du progrès
Les armes OGM |  Retard européen |  Un débat tronqué ? |  Poulet Douteux
Guerre en Irak |  Initiatives |  Réchauffement global
Jardin de Sculptures
 

Google
Web activart.com