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Non à Iter



La France jubile : elle sera peut-être choisie pour accueillir Iter, un projet ambitieux, développé au niveau mondial, prestigieux, coûteux ....

Incorrigible, la France, qui persiste à développer son pharaonique laser Mégajoule, pour des armes atomiques plus perfectionnées...

Cet article est également consultable dans un dossier sur l'énergie nommé "Peak Oil : sommes-nous prêts ?" sur :
http://www.dossiersdunet.com/rubrique.php3?id_rubrique=18

Iter consiste à réaliser un Tokamak expérimental afin de poursuivre l'étude de la production d'électricité par fusion nucléaire.

Une électricité presque propre (beaucoup moins de déchets radioactifs que ce que produisent les actuels réacteurs à fission) en quantités illimitées (la production utilise des éléments extraits de l'eau de mer, inépuisables) sera donc un jour disponible grâce aux réactions de fusion thermonucléaire.

Un jour … peut-être car personne n'a réussi à produire de cette façon autant d'électricité qu'il en a fallu pour lancer la réaction. Le rendement de l'opération est négatif ou, au mieux, environ nul, proche de zéro.

Ce qu'on peut lire de l'avis des spécialistes sur la date à laquelle ce projet pourrait devenir opérationnel donne un délai de 30 à 50 ans.

Il y a une trentaine d'années, lorsque les premiers tokamaks ont été mis en service, les spécialistes prévoyaient d'atteindre des rendements permettant la production industrielle d'électricité dans 15 à 20 ans, c'est à dire il y a 10 à 15 ans.

Raté, et l'on constate que le délai estimé n'a fait que croître au fil des études et du temps : la tâche est difficile, très difficile et tout aussi incertaine : personne ne peut démontrer qu'il sera un jour possible d'atteindre des rendements justifiant l'industrialisation, et donc une production d'électricité à large échelle telle qu'on la fait miroiter.

Qu'importe, nous sommes riches et nous disposons de moyens suffisants pour mener cette recherche même si elle ne doit produire aucun résultat : nous aurons fait notre possible et les générations futures ne pourront pas nous reprocher d'avoir négligé cette hypothèse prometteuse.

Il y a là cependant un grain dans les rouages de ce raisonnement : peut-être ne sommes-nous pas tout à fait assez riches pour affronter toutes les questions énergétiques, absolument cruciales, qui se posent à notre société ET développer, poursuivre cette recherche qui mobilisera l'essentiel des sommes et des ressources dont nous disposons pour échapper à de graves crises qui interviendront de façon bien plus certaine avant 30 ou 50 ans.

Crises ?

Celle de la croissance de la consommation d'énergie, directement liée à la croissance rapide de certains pays, qui provoquera un accroissement de la production des gaz à effet de serre même si l'on se met très sérieusement à suivre les directives du protocole de Kyoto.

Celle de l'augmentation des prix du pétrole : le monde est gravement menacé par ce que les spécialistes nomment le "peak oil".

Lire à ce sujet :

ASPO the Association for the Study of Peak Oil

Quand le déclin de la production pétrole mondiale va-t-il débuter ?

Les réserves de pétrole sont dangereusement surévaluées, dénonce un groupe d'experts

On le voit nul ne sait dire quand interviendra ce "peak oil" mais l'on peut avoir la certitude qu'il se produira et que ses conséquences seront très graves.

Elles remettront en cause à peu près tous les modes de fonctionnement de nos sociétés, tout ce qui fonde nos modes et nos niveaux de vie dans l'état des techniques et des ressources que nous utilisons.

Techniques et ressources, voilà ce qu'il nous faut étudier de toute urgence : des techniques et des ressources qui pourraient être mises en oeuvre rapidement, devenir efficaces dans un très proche futur afin de passer avec quelque douceur le cap de ce "peak oil", en particulier, et tenter de limiter très efficacement, beaucoup plus efficacement, l'émission de gaz à effet de serre au niveau mondial.

Techniques et ressources ainsi que leur mise en ?uvre nécessitent des efforts de recherche et de développement, des moyens financiers importants.

Il ne sera pas possible de développer de façon significative à la fois cette dynamique au niveau mondial ET consacrer un énorme budget à l'hypothétique production électrique par fusion : Iter n'est pas le bon cheval de bataille.

Pur sang de prestige il n'assurera jamais le travail de base, de fond, qu'il nous faut faire immédiatement en labourant toutes les hypothèses de mise en oeuvre à très court terme d'énergies alternatives.

Privilégier prestige à long terme sur efficacité immédiate serait commettre une "boulette" (prestige et boulette … cela rimerait ? excusez cet humour pétrolant ….) magistrale : si ce "peak oil" se manifeste bientôt, si les changements climatiques provoquent des désagréments météorologiques accrus, ce qui est plus que probable, nous serons conduits à considérer le prestige sous un autre angle, à le nommer gaspillage, et à perdre encore un peu plus de cette confiance que nous avons dans "la science".

Parce-que certains penseront que "la science" les a trahis en faisant miroiter l'avènement d'une énergie abondante et abordable, et ils feront en partie erreur.

Les politiques auront trahi, en négligeant les urgences au profit du prestige, en collusion avec les scientifiques impliqués bien entendu.

En résumé les "élites" auront trahi.

On sait qu'elles le font très bien, et souvent, certes …

Voir :

Libertés et Semences : un communiqué de l'Association Kokopelli

C'est un exemple de petite trahison, de bassesse ordinaire, il y a aussi des exemples d'illégalités comme cette utilisation du Régent dans des conditions très critiquables….

Voir :

communiqué du 4 août 2003

Agrisalon.com - Actus/Environnement - Le Fipronil ne bénéficierait d’aucune autorisation de mise sur le marché, selon la Confédération paysanne.

Affaire Regent / Fipronil - Communiqué de presse (1) de l'Union Nationale de l'Apiculture Française

Quels crédits consacre-t-on à l'étude de micro centrales de cogénération électricité – chaleur solaire, qui pourraient prendre place dans de nombreux foyers ?

Quels crédits consacre-t-on à la recherche sur un véhicule électrique – vapeur (d'eau ou d'un autre fluide) basé sur la combustion de granulés végétaux ?

Quelles mesures développe-t-on massivement pour développer les carburants "verts" ?

Quelles dispositions prenons-nous, quelles recherches finançons-nous afin de préserver l'essentiel de notre confort tout en réduisant massivement notre consommation énergétique ?

Pourtant, afin de résoudre les énormes problèmes qui nous sont d'ores et déjà posés et qui peuvent nous sembler presque insolubles il nous faut à la fois de la politique et de la science.

Dans une de ses récentes chroniques (France Culture, 17 h 55, tlj en semaine) Albert Jacquard évoquait la nécessité d'un Churchill : "Du sang et des larmes"…. Et une vigoureuse mobilisation.

Il y a de très fortes probabilités que nous ayons l'un et l'autre, sang et larmes, et trop tardivement une recherche de remèdes.

Il n'y a personne, qui soit actuellement au pouvoir, pour nous le signifier clairement.

Il n'y a non plus personne pour mettre en place les mesures qui pourraient nous éviter de verser au moins une partie de ce sang et de ces larmes.

Il n'y a que de foireuses hypothèses de prestige, que le rêve d'un monde baigné d'énergie propre.

En attendant il y aura des pénuries, des conflits de toutes natures, de toutes conséquences dramatiques, afin de s'approprier un peu plus de ressources que le voisin et de préserver quelques miettes de son confort passé.

Quel programme !

Pendant ce temps la France continue à développer son fameux laser Mégajoule, destiné à étudier plus finement les armes nucléaires, à coup de milliards d'euros dans une indifférence générale, en étouffant ses universités, ses hôpitaux et jusqu'aux services de l'état (Ministère des Affaires Etrangères compris, histoire de soigner son prestige international : ce que nous faisons chez nous nous pouvons le faire au loin aussi, scrogneugneu !!!!) sous des coupes budgétaires répétées, multipliées : en verrons-nous la fin ?

Mais … dormez tranquilles, car il n'est point question de tout cela dans les JT ….

Vous feriez des cauchemars, c'est mauvais pour la santé, c'est donc mauvais pour la sécurité sociale, pour les hôpitaux, et déjà ils n'en peuvent mais …

Alors : Iter et son prestige ou une réponse en urgence à des ennuis graves, prévisibles et imminents ?

Certaines pistes devraient pourtant vous donner à réfléchir, concitoyens :

L'éolien plus généreux en énergie et en emplois que l'EPR, selon Greenpeace

Pas d'EPR, du Vent !

Dossier Iter, qui me semble assez complet :

http://vertsenergie.ouvaton.org/article.php3?id_article=74

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