
| | Le chaos s'installe en Iraq : incapacité des forces US ou nouvelle trahison ?
Les faucons du Pentagone refusent que l'ONU ait en charge la reconstruction de l'Iraq, et veulent la confiner à un rôle strictement "humanitaire". Ils semblent tout faire pour créer, volontairement ou non, des conditions qui "imposeraient" leur présence, unique, forte et durable en Iraq.
 Les Etats Unis ont, disent-ils, lancé leurs forces dans cette guerre en Iraq afin de lutter contre le terrorisme et d'offrir la démocratie au peuple Irakien.
La vertu de l'actuelle administration américaine doit grandement souffrir qu'accessoirement au fait que l'Irak ait été aux mains d'un dictateur ce pays détienne de très importantes réserves pétrolières : cela donne l'idée à de nombreux malveillants d'argumenter que cette guerre a pour objet une appropriation, directe ou non, de ce pétrole par les Etats Unis.
Ces vilains pensent même, parfois, que l'objectif des USA serait de disposer d'un moyen de relativiser l'importante de l'Arabie Saoudite, "un grand ami de toujours des USA", mais un ami qui joue double jeu et finance des groupes terroristes.
Cette Arabie Saoudite est depuis longtemps une dictature qui semble avoir peu à envier à celle de Saddam Hussein, et cela n'a pas inquiété les américains ces dernières années.
Les intérêts financiers communs entre les industries ou les détenteurs de capitaux des deux pays sont énormes, mais depuis quelques temps les liens entre USA et Arabie Saoudite se délitent, ce qui pourrait un jour conditionner le degré d'ouverture de la vanne pétrolière et mettre en cause les conditions de la croissance US.
Les vilains pensent donc que les USA pourraient souhaiter bénéficier d'un pétrole mieux contrôlé, celui de l'Iraq.
Les Etats Unis affirmaient détenir des preuves de la présence d'armes de destruction massive en Iraq : ils les cherchent activement et n'ont rien trouvé.
Pour ce qui est du terrorisme ils viennent de capturer un retraité d'assez longue date de ce secteur d'activité, Abou Abbas, et s'en glorifient.
L'actuelle administration américaine a les succès qu'elle peut ...
Il lui faut bien trouver quelques hauts faits afin de tenter de mettre en balance les mauvaises, les terribles nouvelles que nous apprennent les médias libres au travail en Iraq.
Les atteintes aux civils : effets des bombardements, méthodes de "cow-boys" des soldats qui "tirent dans le tas" à la moindre menace.
Pour ce qui est du secours aux civils les armées US et Britanniques sont supposées assurer les tâches humanitaires dans la phase de guerre et sa suite immédiate.
On constate qu'il y a dans ce domaine un service moins que minimal, plus d'eau, plus d'électricité, peu de nourriture, manque chronique de médicaments, d'anésthésiants et de matériel médical ... face à de nombreux bléssés gravement atteints et à une population démunie de tout.
Mais il y a plus inquiétant : les atteintes aux infrastructures peuvent révéler une attitude des armées très problématique.
Toutes les infrastructures ne sont pas traitées avec la même sollicitude : les installations pétrolières ont été intégralement sécurisées, selon ce qu'affirment les autorités US elles mêmes, ainsi que le ministère du pétrole, ce qui tend à démontrer que les américains sont parfaitement conscients de la nécessité de protéger les données opérationnelles et la mémoire d'un secteur d'activité (mais aussi le matériel et les bâtiments) afin de pouvoir le remettre en service dans les meilleurs délais.
Auraient-ils oublié par mégarde tous les autres secteurs de la vie publique de l'Iraq ?
Car dans le même temps il est impossible à un hopital d'obtenir une protection contre les pillards, tous les bâtiments publics sont laissés sans surveillance - et en libre accès aux pillards - tout est démantelé, jusqu'aux transports publics (bus détruits, volés ...) et aux musées.
Constatant cela il devient légitime de se demander si l'on se trouve devant une incapacité des forces d'invasion à gérer cette étape de la guerre (alors nous sommes en présence d'incapables) ou si l'on se trouve devant les conséquences d'un choix délibéré.
Ce choix consisterait à protéger uniquement les infrastructures pétrolières et à laisser s'installer dans le pays une forme de chaos qui imposerait une "reprise en mains" musclée, la nécessité de cette dernière rendant évidente la nécessité d'une présence militaire US forte et durable dans un Iraq qui se serait présenté comme un pays trop chaotique pour que l'ONU puisse y intervenir.
En somme faire en sorte que les Irakiens disposent de toutes les libertés de démontrer qu'ils sont un peuple trop immature pour savoir mettre à profit une démocratie à portée de leurs mains, ce qui implique la nécessité d'une présence autoritaire de longue durée.
Souvenons-nous que ce conflit était voulu et planifié depuis longtemps : les experts ont disposé de tout le temps nécessaire pour évaluer un grand nombre de scénarios, ils pouvaient donc prévoir des parades à de prévisibles débordements.
Cette longue durée de préparation confère même à ce conflit une sorte d'exemplarité : c'est un cas d'école pour apprentis va-t-en guerre.
Cette longue durée permettait d'envisager toutes les hypothèses : les autorités américaines pouvaient donc organiser la sécurité du peuple Irakien et des infrastructure dans chaque élément de territoire nouvellement conquis.
Il n'était pas difficile de supposer qu'un peuple dominé d'une main de fer pendant longtemps pourrait se livrer à des excès au premiers jours de liberté, et c'est dans ces premiers jours qu'il aurait été important de fixer des limites précises aux expressions de cette liberté.
Ce que l'on constate est que la liberté est allée jusqu'au pillage d'hopitaux remplis de blessés, alors que les forces US pouvaient facilement en assurer la protection.
Ou bien les autorités US sont incapables de prévoir et de gérer les conséquences immédiates de la guerre dans laquelle ils se sont lancés et il faut redouter le pire pour ce qui suivra, ou bien elles ont prévu de laisser libre cours pour un temps aux excès actuels afin d'accroître encore l'intensité et la durée de leur présence et il faut encore redouter bien pire pour ce qui suivra car les Irakiens sauront leur reprocher cette nouvelle trahison.
Il est difficile de penser que l'Irak puisse connaître bientôt la stabilité : incapables ou traitres les autorités américaines actuelles semblent mal parties sur la route de la "Pax Americana" qu'elles veulent imposer au monde.
A toute personne qui estimerait qu'écrire ce qui se trouve ci-dessus est une manifestation d'anti-américanisme, primaire ou de n'importe quel niveau, je recommande de se connecter sur Google et d'effectuer des recherches sur des commentaires écrits par des américains eux-mêmes sur l'attitude de l'administration Bush et du Pentagone.

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