
| | Escrocs contre voyous
Des procédés grossièrement malhonnètes destinés à convaincre la communauté internationale d'appuyer la volonté d'un guerre immédiate en Irak ont été utilisés : est-ce admissible ?
 Un représentant frappe à votre porte. Il sort de sa poche un appareil, l'allume : un clignotant rouge signale une alerte, l'affichage numérique indique 10550.
Le représentant explique : "10550 spores de mérule par centimètre cube d'air, c'est un seuil très élevé !".
Il vous convainc d'acheter "Mérultruc", le fongicide approprié.
Le détecteur n'est qu'un boitier qui affiche toujours la même valeur, son seul mérite tient au fait que l'on croit volontiers à ce qu'un appareil d'apparence très technique dispose de la capacité à révéler des faits auxquels nous n'avons habituellement pas accès.
Ce mérite entraîne une confiance susceptible de fonder une décision.
Toute personne qui découvrira que ce détecteur affiche des résultats erronnés qualifiera la démarche du représentant d'escroquerie, et le représentant d'escroc.
C'est ainsi que s'expriment les choses dans notre petit quotidien.
Remplaçons maintenant "représentant" par "organisateurs de l'intervention armée en Irak", c'est à dire "Grande Bretagne et Etats Unis", remplaçons "détecteur" par "services de renseignements", remplaçons "Mérultruc" par "guerre en Irak" et concluons : les gouvernements des Etats Unis et de Grande Bretagne se conduisent en petits escrocs ordinaires afin de nous "vendre" leur volonté d'en découdre.
Car telle est bien la dynamique révélée par la découverte que les bases essentielles des "preuves" que l'Irak détiendrait des armes de destruction massive reposaient sur un rapport vieux de deux ans utilisant des données datant d'une douzaine d'années.
C'est très grave !
De plus des accusations mensongères sont portées contre l'Irak, sur la base de documents falsifiés : c'est ce que nous apprend l'AIEA, et pendant ce temps l'administration américaine ne cesse de fustiger Saddam Hussein pour ses "mensonges". Je ne défends nullement le dictateur irakien en constatant que l'aptitude au mensonge semble largement partagée...
Le Monde.fr : Un agacement envers les "fausses" pistes anglo-américaines :
A une époque où fleurissent les comités "d'éthique" est-il envisageable que ce terme puisse un jour s'appliquer à la politique en de telles conditions?
Peut-on admettre que l'on modifie l'équilibre du monde sur de telles approches ?
Est-il "anti américain" que de refuser cela ?
Non bien entendu. Tout d'abord ce serait une insulte grave et inadmissible que d'assimiler l'ensemble des américains à des escrocs, ensuite il faudrait leurs adjoindre les britanniques puisque le fameux rapport doit beaucoup à leur initiative.
Ce refus est celui d'une vaste malhonnèteté, ce qui signifie simplement qu'il existe des gouvernants malhonnètes, qui ne reculent devant aucune escroquerie intellectuelle.
Cela signifie probablement aussi que leurs électeurs se sont trompés en les élisant, qu'ils ont fait le mauvais choix.
L'erreur est humaine, nous le savons, et une grande qualité consiste à savoir la réparer : souhaitons que les "opinions publiques" se manifestent en attendant de futures élections.
Bien entendu dans les rapports qu'entretiennent entre eux les différents gouvernements, rapports qui ont pour spécificité d'être "diplomatiques", il n'est pas question que les comportements de certains soient décrits par d'autres en termes si précis : hausser le ton à ce point ne produirait certainement rien de positif.
Par contre la presse et les "intellectuels" disposent d'une plus grande liberté de parole, et il ne semble pas qu'ils en profitent véritablement pleinement tous les jours...
Dans les conditions actuelles toute initiative qui pourrait avoir pour conséquence de mettre en oeuvre une solution à laquelle on pourrait reconnaître plus d'honnèteté - et empêcherait la guerre - pour résoudre la question Irakienne serait vraiment bienvenue.
Face à la volonté délibérée et prouvée de tromper que peut-on penser des gouvernements qui soutiennent l'initiative américano-britannique ?
Ont-ils à ce point la vue basse qu'ils se laissent ainsi berner ?
On peine à le croire.
Au nom de quels intérêts accordent-ils leur soutien ?
Pensent-ils pouvoir "profiter de l'Amérique" ?
Dans ce cas qu'il examinent de près la question car ce qui pourrait transparaître de l'ensemble des actions de l'actuelle administration américaine est que son seul credo consiste à établir une hégémonie financière forte, totale, par tous les moyens, en brisant toutes les résistances et tous les motifs légitimes qu'il pourrait y avoir à résister (un ultra libéralisme exacerbé qui se lit parfaitement dans les mesures "environnementales" de ce gouvernement).
Si tel est le cas, et si ce mouvement s'accélère, que ceux qui souhaitent "profiter de l'Amérique" soient bien conscients que cela ne sera possible qu'aussi longtemps qu'ils pourront avoir une certaine utilité pour l'Amérique.
Cette utilité sera régulièrement évaluée et payée à un tarif qui ne se discutera pas car des affairistes tiennent les rennes, et non des humanistes.
N'oublions pas que l'ultra libéralisme enrichit les riches, puis éventuellement les autres par un plus ou moins hypothétique "effet de ruissellement", telle est la dynamique de ce système.
48 heures après la mise en ligne de cette page, une réaction américaine à l'attitude de la France :
Netscape.fr - l'info en continu _ Les vins français dans le collimateur de parlementaires américains :
Le Monde.fr : Les marques américaines victimes de boycott :
Le Monde.fr : Les entreprises, première cible de la francophobie américaine :

© Activ'Art 2002
Site optimisé pour Netscape Navigator et Internet Explorer Résolutions d'écran de 800 à 1920 pixels en largeur | | | | | | | | | | |
| |
|