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mercredi 9 avril 2008

Sénateurs, voterez-vous une agriculture de l'irrespect ?



Avant le vote de l'amendement 252 par l'Assemblée Nationale ceux qui l'auraient souhaité pouvaient supposer que les cultures d'OGM, plus précisément de PGM ou "Plantes Génétiquement Modifiées", en plein champ se feraient dans le respect « des structures agricoles, des écosystèmes locaux, et des filières de production et commerciales qualifiées « sans organismes génétiquement modifiés », et en toute transparence. ».

Car l'on peut a priori supposer que "cela va sans dire".

Voir le texte exact de cet amendement : AMENDEMENT N° 252

D'autres, plus au fait des menaces que font peser sur d'autres formes d'agriculture et sur l'environnement ces PGM que l'on dispersera probablement à tout va (le Sénat le dira !), auront mis en garde : l'introduction des PGM dans "nos campagnes" signera l'arrêt de mort des terroirs, de l'agriculture biologique... et cette mort sera définitive, comme il se doit.

En somme le non spécialiste avait encore lieu d'imaginer, sans trop de scrupules ou même en toute bonne foi eu égard à un certain manque des nécessaires connaissances à une bonne évaluation des risques, que les cultures de PGM ne seraient pas une sorte de "solution finale" pour certaines formes d'agriculture, pour certains concepts auxquels nous tenons, comme les terroirs, et qui couvrent des réalités qui sont une part de notre patrimoine et de notre richesse, pour la très grande variété des écosystèmes de notre pays....

Cela valait pour "l'avant", cet "hier" encore tout chaud auquel tout retour nous est interdit : l'amendement a été déposé et voté, nous n'effacerons pas cela de l'histoire.

Et l'histoire peut donner du sens aux choses, à ce qui se passe, à ce que nous faisons.

On entend ici ou là que cet amendement déplairait à certains élus, notamment des sénateurs, qui auront à se prononcer sur ce texte, et il se murmure que ces sénateurs pourraient retirer cet amendement de la loi.

Pourquoi effectueraient-ils ce retrait ?

Parce-qu'ils savent parfaitement que l'obligation de respect contenu dans cet amendement constitue un frein sérieux à la culture généralisée des PGM, soit qu'ils ne sont pas conscients des risques que présente une dissémination d'OGM "dans la nature" (mais alors qu'ils agissent au bénéfice du doute, qu'ils acceptent l'idée que ces risques existent et ne suppriment pas l'amendement) soit qu'ils aient bien estimé ces risques mais jugent que certaines structures agricoles actuelles n'ont plus lieu d'être, que des écosystèmes peuvent ou même doivent disparaître, que des filières de production et commerciales doivent s'éteindre.

Mais alors qu'ils expriment cela de façon très claire, afin que chacun sache exactement ce qui les motive !!!

Quel serait le sens du retrait par le Sénat de cet amendement, dans ce projet de loi ?

Cela signifierait que nul n'aurait plus la liberté de supposer que la culture des PGM devrait respecter quoi que ce fût, puisque l'on aurait de façon flagrante retiré de la loi la mention que ce respect devait exister.

Autrement dit le retrait de l'amendement signifie implicitement que l'on donne le droit à tout cultivateur de dévaster son terroir, d'étouffer son collègue "bio" voisin, le droit de cultiver dans l'irrespect des autres pratiques, droit reconnu par la loi, l'histoire de cette loi en témoigne alors.

Sénateurs, entérinerez-vous un tel "droit à l'irrespect" ?

dimanche 16 mars 2008

Acteurs d'une politique énergétique trans-méditerranéenne ?

Développer une dynamique favorable à la paix par des collaborations croisées

Créer un réseau d'approvisionnement massif en électricité " propre " et en eau

Créer de la prospérité là où elle fait défaut

Sortir du nucléaire sans remettre en cause le niveau de vie de ceux qui l'utilisent

Non, ce n'est pas " seulement " une initiative qui mettrait une excellente huile dans les rouages des relations israélo-palestiniennes, mais ne serait-ce " que " cela nous contemplerions déjà une très grande chose.

Citation :
Le " Gaza Solar & Water Project " concerne la construction de centrales thermiques solaires pour la génération d’électricité (1 GW en totalité) et le dessalement d’eau de mer combinés. Ces centrales feraient partie d’un programme de réhabilitation internationale de la bande de Gaza, et pourraient être construites dans la région littorale du Sinaï égyptien. Avec une installation de conduites d’eau et de lignes électriques destinées à la bande de Gaza, elles fourniraient un approvisionnement à 2-3 millions de personnes. Ce projet pourrait devenir le tournant des problèmes sociaux et économiques actuellement désastreux de la bande de Gaza, des conflits régionaux sur l’eau et du processus de paix bloqué entre Israël et la Palestine.
L’investissement total nécessaire est estimé à environ 5 milliards d’Euros.


Voyons également le :
Sana’a Solar Water Project : La construction de centrales de dessalement et d’électricité près
de la Mer Rouge pour la capitale Yéménite Sana qui se trouve devant l’épuisement de ses
réserves en eau souterraine d’ici 15 ans. Ces centrales, actionnées par l’énergie solaire,
fourniraient de l’eau douce pour Sana’a et produiraient la puissance électrique nécessaire pour
le pompage de cette eau, par un pipeline vers la ville située à une altitude de 2200, mètres.
Ce projet- Sana’a pourrait éviter un désastre humanitaire et des troubles sociaux surgissant
au Yémen, et sauverait un héritage culturel d’une importance mondiale. Déplacer une population de 2 millions de personnes vers de nouveaux lieux habitables coûterait d’environ 30 milliards d’Euros. Cette solution coûte beaucoup plus cher que les 5 milliards d’Euros nécessaires pour le projet alternatif : laisser rester la population sur place à Sana’a et construire des centrales thermiques solaires et un pipeline pour leur approvisionnement d’eau.



Ces deux citations sont extraites de l'exposé en français du projet TREC, qui a pour origine le Club de Rome et s'appuie sur le
concept Desertec, orienté vers la sécurité de l’énergie, de l’eau et du climat en EUrope, au Moyen-Orient (the Middle East), en Afrique du Nord (North Africa) (EU-MENA) en promouvant une coopération entre les pays de la « ceinture solaire » et de la « ceinture technologique ».


Nous découvrons ici un solide projet de coopération nord / sud unissant d'appréciables qualités pour ce monde qui cherche aujourd'hui des voies de " développement durable ", des moyens de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et devrait sérieusement penser à diminuer de façon notable l'ensemble des pollutions qu'il produit (n'oublier ici ni les dioxines, ni les radionucléides – pollutions plus ou moins diffuses issues des activités nucléaires - , ni les innombrables perturbateurs endocriniens que n'épurent pas nos centrales de traitement des eaux, lorsqu'elles existent : ce n'est pas partout...)...

Un monde qui se préoccupe également de questions migratoires qu'il ne sait résoudre, un monde qui sait que 4900 personnes, souvent des enfants, meurent chaque jour car elles ne disposent pas d'eau potable, et l'on s'accorde pour supposer que les questions de l'eau dans le monde ne pourront que s'aggraver dans un avenir... qui commence à cet instant même !

Un monde qui doit s'organiser de telle sorte qu'il y ait de l'eau, du travail, de l'énergie disponible, des ressources alimentaires saines et en quantité suffisante, des conditions de vie au minimum acceptables, sinon aussi confortables que possible, dans la paix, partout, pour tous... et a jusqu'à maintenant démontré qu'il était incapable d'y parvenir.

Le concept " Desertec " dispose de plusieurs atouts forts :
  • Il entraînera la coopération à bénéfices (financiers et matériels) mutuels entre des pays qui ne pratiquent pas nécessairement aujourd'hui des échanges sereins : il peut devenir facteur de paix en permettant à différents acteurs de s'investir dans des actions communes qui serviront leurs intérêts immédiats et, sur le plus long terme, qui favoriseront un apaisement des relations là où cela s'impose.
  • Il est basé sur un principe de production d'une énergie parfaitement renouvelable qui n'est pas une vue de l'esprit, pas une idée futuriste puisque les systèmes sur lesquels il repose existent déjà, fonctionnent et produisent.
  • Il repose sur un mode de transport de l'énergie qui, s'il n'est pas encore généralisé, a fait ses preuves : le transport de l'électricité en Courant Continu de Haute Tension (CCHT).
  • Il offre une solution des plus élégantes au problème d'approvisionnement en eau douce de certaines régions (et nous savons dès aujourd'hui que l'eau est une question très difficile à résoudre au niveau mondial) car un sous produit de la production de l'électricité pourrait être une eau déssalinisée.
  • Il permettra de se passer d'un certain nombre de centrales thermiques conventionnelles et même de sortir progressivement de l'option nucléaire en assurant une production électrique fiable dans la continuité.
Une association transnationale du solaire, de l'éolien et d'autres énergies renouvelables

L'électricité d'origine solaire, il semble qu'on l'oublie parfois, ne vient pas nécessairement de cellules photovoltaïques : la France fût, il y a maintenant longtemps, presque pionnière dans l'électricité solaire thermique avec la centrale pyrénéenne " Thémis " qu'elle laissa longtemps à l'abandon, mais a réactivée depuis peu aux fins de recherche.

Dommage : c'est aujourd'hui une entreprise espagnole qui construira une unité de production d'électricité solaire par concentration à Abu Dhabi, et notre pays ne peut se présenter en compétiteur dans ce domaine, il n'y possède quasiment aucun savoir faire, malheureusement...

Desertec est basé sur la multiplication des centrales thermiques solaires et des fermes éoliennes là où les ressources de rayonnement et de vent sont les plus abondantes .



Ce sont donc, dans cette collaboration nord / sud, les pays du nord de l'Afrique et du Moyen Orient qui produiraient l'essentiel de l'énergie d'origine solaire, l'éolien étant essentiellement étalé sur la façade Atlantique de l'Europe et de l'Afrique, l'ensemble des productions se mêlant dans un réseau de transport fortement interconnecté.

Indépendance énergétique ?

Certes des esprits chagrins critiqueront le fait que " nous dépendrons d'une énergie d'origine étrangère " : oui, et ce n'est pas avec les monstrueuses quantités de pétrole dont nous disposons sous nos propres pieds que nous roulerons loin !!!

Ils ajouteront qu'avec une perte en ligne de 3% pour 1000 km le rendement du transport de l'électricité tombera à 85% sur 5000 km : effectivement 15% seront dissipés dans le transport, mais que l'on se demande si nous ne devrions pas alimenter nos mobylettes avec le seul pétrole brut que nous trouverons au fond de notre jardin.

Car entre le puits situé au Vénézuela, en Arabie ou en Sibérie et notre réservoir les transports et transformations subies pour rendre compatible le pétrole avec notre moteur ont été la source de " pertes " au moins aussi importantes.

Au demeurant ne vaut-il pas mieux " perdre " 15% d'une énergie qui ne coûte rien en terme d'atteintes à l'environnement ni de réserves qui s'épuiseraient que de gaspiller des quantités voisines d'un autre produit qui, lui, pollue gravement et se fait rare ?

Oui, il semble bien que Desertec soit susceptible de devenir une source d'énergie d'une très haute qualité, fiable et sûre.

Au partisans inconditionnels du nucléaire je demanderai quelle serait la différence entre la chute d'un aéronef ou d'une météorite d'une masse suffisante (juste quelques kilos) sur un réacteur nucléaire, et la même chute sur des concentrateurs solaires ?

Je crains que le prix à payer ne soit finalement pas le même...

Car on critiquera Desertec sur le prix : le kWh qu'il produit est aujourd'hui plus coûteux que celui qui provient du nucléaire.

Encore que cela ne soit pas une certitude scientifique : il n'est pas démontré que si l'on intègre l'ensemble des coûts de démantèlement des centrales, du traitement des différents déchets que cela produira et du stockage définitif dans les meilleures conditions de sécurité (qui ne seront jamais très proche d'un idéal excluant tout risque) ce prix soit à ce point bas...

L'un des enjeux de Desertec est précisément de parvenir à une baisse des coûts par effet d'échelle. La généralisation des centrales solaires à concentration fera baisser les prix, c'est une certitude.

Finalement si l'on parvenait à mettre en chiffres l'ensemble des impacts de ce projet (mais à quel montant évaluerait-on le prix d'une paix entre palestiniens et israéliens ???) le résultat risquerait de s'avérer largement positif par rapport à d'autres solutions énergétiques.

Laissons donc grincher les chagrineux, soyons à l'écoute des critiques : elles pourront apporter d'intéressants éclairages.



S'impliquer ?

Différentes personnes reconnaissent à ce projet des qualités telles qu'elles justifient une implication personnelle.

Succédant à TREC-UK et à TREC-Australia vient d'être mis en ligne TREC-FRANCE (Attention, dans quelques jours il faudra utiliser ce lien : TREC-FRANCE), qui a pour objectif de faire largement connaître la dynamique TREC, ses tenants et aboutissants, dans les pays francophones.

Avec TREC-FRANCE nous assistons à la naissance d'un élément d'un réseau plus vaste d'appui à une initiative d'une belle envergure dans laquelle qui le souhaite peut s'impliquer.

Nous pouvons tous devenir acteurs de notre avenir énergétique, ferments de collaborations et de paix, tisserands de vastes passerelles entre les peuples, " porteurs d'eau et d'espoirs ", promoteurs des solutions que notre monde attend...








samedi 16 février 2008

Se construire, un mort sur le dos, et comprendre...

Ainsi le Président de la République Française veut que désormais chaque enfant d'une dizaine d'années reçoive le nom d'un enfant juif déporté et tué dans le système de "solution finale" nazi.

Chaque enfant sera donc informé que l'on établit entre lui et un autre enfant, mort dans de terribles conditions, un parallèle auquel correspond une charge émotionnelle et intellectuelle très lourde à porter.

Cela implique que chaque enfant devra d'abord accepter, supporter cela puis le comprendre afin de devenir capable d'en faire une partie du lit de son avenir.

Charge émotionnelle car les conditions de la fin de la vie des enfants déportés et exterminés, de l'arrestation à la disparition, sont proprement effarantes.

Charge intellectuelle car il faut appréhender le mécanisme dans lequel se sont inscrits ces actes, et cela ne me semble pas le plus simple même pour des adultes.

Pour appréhender ce mécanisme il faut savoir, et tout savoir, jusqu'au plus petit détail de l'ensemble des événements qui ont pu conduire à l'avènement du Reich, jusqu'au raisonnement qui a présidé à la Shoah, jusqu'aux modes opératoires de cette extermination...

Car si l'on ne saisit pas selon quels mécanismes se sont effectuées les déportations, ce qui les "justifiait" aux yeux de ceux qui les décidaient, il sera impossible de les différencier d'autres comportements avec lesquels on pourrait leur trouver certaines similitudes plus ou moins poussées (il y a eu d'autre génocides : il faudra expliquer "l'unicité de la Shoah").

Qu'expliquera-t-on à nos enfants d'une dizaine d'années sur le sort de celui dont ils auront reçu le nom, la charge d'en perpétrer la mémoire ?

Entrera-t-on dans les détails de ce qui permet réellement de comprendre ce qui se passait à cette époque ?

Avec toute la complexité et l'horreur que cela comporte ?

Mais seront-ils capable de supporter et de comprendre tout cela à cet âge ?

Car si l'on entre dans le détail du patronyme d'un mort il sera probablement indispensable d'entrer également dans le détail de son histoire, de lui donner la consistance qui en fera "quelqu'un" et non un incompréhensible, insaisissable spectre.

Expliquer les arrestations, la mise de force dans un camion, puis un train, puis les camps...

Et tenter de faire comprendre qu'il existe une certaine différence entre cela et ce que nos enfants découvrent par la télévision, qui se fait aujourd'hui en France : l'arrestation, parfois à l'école, d'autres enfants, de leur famille, leur transfert vers un lieu de transit, leur mise de force dans un avion...

En restant dans la superficialité des choses cette différence pourrait bien ne pas apparaître de façon nette et laisser dans certains esprits assez de confusion pour qu'un parallèle Sarkozy - Hitler puisse se faire...

Soyons-en certains, le fait de demander à nos enfants de s'associer au nom d'un autre (le leur demander ou leur imposer, auraient-ils le droit de refuser ?) sera l'occasion que de nombreuses questions soient posées : il faudra savoir répondre, avec précision et justesse.

On ne pourra esquiver l'horreur, et il faudra savoir ne pas la banaliser, ne pas la minimiser.

Avez-vous bien pesé, Monsieur le Président, le poids de votre "cadeau" ?

Je crains qu'il soit empoisonné...

Plutôt que de vous (et nous) focaliser sur un passé que personne ne pourra plus transformer ne vous est-il pas venu à l'esprit que notre avenir nous attendait tous ?

Ne savez-vous pas que nous sommes dans le cours de la sixième extinction majeure d'espèces vivantes, par la faute de nos comportements, que des centaines d'espèces sont menacées de disparition ?

Vous avez probablement conscience que notre avenir est entre nos mains et celles de nos enfants : faites-leur adopter une espèce en danger, qu'ils puissent ainsi devenir des habitants de notre planète plus soigneux que ceux que nous fûmes...

Une conscience forte et nette, élevée, qu'ils peuvent et doivent prendre leur avenir en main, qu'ils doivent maîtriser leurs comportements plus que nous n'avons su le faire serait un des plus précieux cadeau à leur offrir !

Effet collatéral d'une telle conscience portée à son plus haut niveau, ils comprendraient que les hommes trouveraient finalement beaucoup plus d'intérêt à s'unir pour organiser une vie commune plus confortable et durable, entre tous les peuples, qu'à s'entre détruire à tous propos.

N'est-ce pas une part importante du message que vous souhaiteriez leur transmettre, en fin de compte ?



Le blug de l'encéphalugomme molle n'est pas un blog vitaminé : ce n'est qu'un blug, un blog des bugs, des bugs de l'intelligence. Vous savez cette merveilleuse chose indéfinissable qui a permis à l'homme de devenir le maître incontesté de la nature... Ici vous trouverez peut-être de gentilles horreurs et des raisonnements tordus : prudence...
Il est encore temps de fuir !
? i n t e l l i b l u g
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