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jeudi 27 avril 2006

Immigration choisie : le raisonnement percé du ministre

Allez-vous chercher de l'eau avec un panier, une écumoire, un filet à papillon ?

Question idiote, assurément...

Seul, peut-être, notre ministre de l'intérieur le ferait peut-être, au moins s'il raisonnait en chercheur d'eau comme il raisonne au sujet de l'immigration, avec son programme d'immigration choisie.

Un programme qui pourra convenir à ceux qui n'auront pas décelé la faille béante qu'il tente de masquer, et qui fait que ce plan sera inopérant.

Pourquoi notre ministre de l'intérieur refuse-t-il de régulariser l'ensemble des sans papiers présents sur le territoire français aujourd'hui ?

Parce-que, selon ses propres termes répétés ce soir sur France 2 par M. Fillon, cela créerait "un appel d'air" et donc un afflux de nouveaux immigrés désireux de profiter d'une régularisation à venir.

Cette crainte d'un "appel d'air" réfère à la certitude qu'il est impossible d'empêcher l'accès au territoire français à des personnes qui veulent le rejoindre, avec ou sans papiers.

Car si le plan d'immigration choisie de notre ministre de l'intérieur fonctionnait cela signifierait que nous saurions interdire l'accès à notre territoire à certaines personnes que nous aurions choisi de ne pas accueillir.

Autrement dit la mécanique de ce plan exige une étanchéïté des frontières qu'il est impossible d'obtenir !

Si nos frontières étaient étanches, alors nous pourrions régulariser tous les sans papiers actuels sans craindre un "appel d'air" avec le grand avantage que tous ces gens qui aujourd'hui alimentent le travail clandestin, "au noir" comme on le désigne le plus souvent, deviendraient des travailleurs réguliers et cotisants, ce qui présenterait un certain nombre d'avantages évidents, ET le plan de notre ministre de l'intérieur pourrait fonctionner !.

Notre ministre de l'intérieur nous présente donc un plan dont il sait très bien qu'il ne pourra être au mieux qu'une rustine approximative puisqu'il a la certitude d'être incapable de tarir le flux de ceux qui voudront venir à tout prix : quel idiot le suivra sur cette piste ?

Notre ministre de l'intérieur nous joue un air de pipeau car il sait très bien qu'il ne pourra pas empêcher la venue de ceux qu'il ne souhaite pas accueillir, quoi qu'il fasse !!!

Il y aura donc DEUX types d'immigrés : les "choisis", avec numerus clausus et les "clandestins" en nombre qui dépendra de facteurs qu'aucun gouvernement ne maîtrisera.

Il y aura donc probablement assez peu de "choisis" pour un grand nombre de "clandestins" : rien de bien nouveau sous le soleil...

S'il est évident que ce plan plus que douteux sera sans effet, il permettra au moins d'évaluer combien d'électeurs pourraient s'appeler "pigeon"...

Néanmoins tout citoyen doit alors se demander très sérieusement ce qui se cache derrière ce plan et affronter deux hypothèses :
  • notre ministre de l'intérieur n'a pas conscience de la faille que présente son plan
  • notre ministre de l'intérieur a très bien identifié cette faille
Dans le premier cas mérite-t-il vraiment le poste qu'il occupe aujourd'hui ?

Une telle erreur de raisonnement devrait l'en écarter !

Dans le second cas mérite-t-il de briguer la candidature suprême, et de recueillir nos suffrages, à moins que l'escroquerie intellectuelle soit une des "valeurs" dont nous souhaitions assurer la promotion et que nous soyons prêts à confier nos destins au premier bonimenteur venu ???

Car, alors, il sait très bien qu'il nous présente un remède tout à fait inefficace sous l'emballage d'une solution capable de résoudre les questions d'immigration !

dimanche 23 avril 2006

Politiques : bientôt le discrédit total ?

Quels sont les principaux sujets abordés par la plupart de nos politiques dans leurs discours actuels, que semblent être leurs principales préoccupations, et quels sujets majeurs sont relégués systématiquement au second ou troisième plan, sans être l'objet de programmes solides et susceptibles d'apporter des solutions efficaces ?

Sécurité, immigration, emploi... sont certes des sujets importants auxquels il convient de trouver des solutions mais faut-il les considérer comme des sujets majeurs comme le suggèrent les apparences ?

Comment définir un sujet majeur ?

Nous dirons qu'un sujet majeur est un sujet qui pourra avoir une emprise prépondérante sur tout autre sujet, et ainsi modifier profondément les conditions dans lesquelles s'exerceront tous les autre sujets, à un terme défini.

Un sujet majeur pourra modifier ces conditions à un degré tel que toutes les solutions choisies pour traiter les sujets d'ordre inférieur seront susceptibles de devenir inopérantes.

Prenons l'exemple du projet Iter de fusion contrôlée, dont rien ne prouve qu'il sera opérationnel un jour mais qui pourrait éventuellement, selon la théorie, nous fournir "une énergie infinie" à un coût peut-être faible dans 30, 50, 80 ans ou plus (mais il y a 30 ans on nous prédisait que les tokamaks seraient opérationnels à l'échelle des... 30 ans !).

Dans le contexte énergétique actuel le projet Iter est-il un projet majeur alors que, selon toutes probabilités, un "choc pétrolier" est en cours d'apparition ?

Iter est un projet, un sujet mineur dans l'échelle de temps pour laquelle des difficultés très importantes risquent de survenir, difficultés auxquelles il n'apportera aucune réponse et qui pourraient en affecter le développement.

Ce court exemple fournit l'esquisse d'une méthode que l'on pourrait utiliser afin de déterminer l'ordre dans lequel nous devrions classer nos préoccupations.

Revenons à notre choc pétrolier, très conjoncturel dans un climat d'instabilités politiques fortes, mais qui pourrait être nettement renforcé par le déclenchement d'un conflit, impliquant par exemple l'Iran, des instabilités politiques locales, affectant par exemple le Nigéria, ou des phénomènes climatiques (qui nous assure que de vigoureux ouragans ne viendront pas détruite des raffineries dans le sud des USA cet été ?).

Même si nous sommes loin de "la fin du pétrole" nous sommes probablement très proches de la fin d'un pétrole bon marché, et la conjonction de différents phénomènes conjoncturels pourrait bien propulser dans un très proche avenir le prix du baril vers des hauteurs qui causeraient des difficultés très graves et seraient un facteur très efficace d'une désorganisation profonde de nos sociétés.

A ces causes conjoncturelles n'omettons pas d'ajouter des motifs structurels comme l'insuffisance des capacités mondiales de raffinage (qui ne se règlent pas dans une durée très courte), la chute de production d'un certain nombre de grands gisements (au Koweit par exemple, l'immense champ de Burgan : Kuwait's biggest field starts to run out of oil), l'accroissement de la demande mondiale dont il n'est pas prévu qu'elle faiblisse, et nous aurons "de la chance" si la croissance des besoins en pétrole de la Chine ne dépasse pas 2% par an...

Ajoutons au passage que cette croissance de la demande en pétrole, source d'une tension sur les cours dont nous voyons difficilement la possibilité qu'elle se relâche, est concourante avec l'augmentation très forte ces derniers temps des cours de nombreuses matières premières, du fer au cuivre en passant par le platine... ce qui implique une augmentation importante du prix de nos importations imputable au cumul de 2 facteurs, leur prix et celui du transport, dans un contexte de croissance faible et d'une balance de notre commerce extérieur en assez mauvaise forme...

Nous voilà devant un sujet majeur : celui de l'augmentation du prix du pétrole, très nette ces derniers temps et qui, si elle se poursuit, deviendra de plus en plus sensible.

"Sensible" signifie que nous la ressentirons, et qu'elle aura du sens par rapport à nos actes, actes du quotidien qui font la trame de nos vies.

En d'autres termes la hausse du prix du baril modifiera nos actes et nos vies et ceci dans un rapport qui ne sera pas proportionnel : ce n'est pas l'amplitude de chacun de nos actes qu'il nous faudra diminuer en fonction d'un prix un peu plus élevé, mais au contraire certains actes deviendront impossibles en fonction de certains seuils qui ne seront pas les mêmes pour tout le monde.

Ainsi une personne travaillant à temps partiel et fractionné à 15 km de son domicile pour un faible salaire et devant se rendre à son emploi tôt le matin puis en soirée ne pourra plus se payer qu'un trajet par jour (avec le corollaire probable de difficultés accrues dans sa vie quotidienne, des problèmes de garde d'enfant et de pouvoir attendre de façon correcte la reprise du travail du soir...), puis ce seul trajet deviendra trop coûteux tandis qu'une fraction de la population s'offrira encore des vacances lointaines.

A quel pris du baril ce problème se posera-t-il de façon significative, comme un problème social non marginal ?

Et ce phénomène affecterait vite de nombreux salariés à plein temps, tandis que nous assisterions à une décroissance mondiale des flux touristiques, avec des impacts forts sur toutes les régions tirant une part significative de leurs ressources du tourisme.

Lorsque nous en arriverons à ce stade il suffira d'une augmentation de quelques centimes des prix à la pompe pour que de nombreuses professions à la rentabilité aujourd'hui faible atteignent la limite du possible, ce qui concernera vite les transporteurs, les pêcheurs, les agriculteurs...

Si dans un premier temps des assouplissements pourront se montrer efficaces, avec par exemple un allègement de certaines taxes et des subventions ponctuelles, quelles seraient les limites de ce type d'action, pourraient-elles se prolonger efficacement pour des mois, et à quel prix ?

La conservation de l'équilibre relatif actuel de notre société par ce type de remède pourrait vite s'avérer impraticable, ce serait la question de quelques petites dizaines de centimes de plus à la pompe.

Que se passera-t-il si l'équilibre se rompt ?

La France, "première destination touristique mondiale", ressentira fortement ce choc avec la diminution d'un certain nombre de ses ressources, avec des problèmes affectant toutes les strates de la société, les approvisionnements (coût des transports) et donc la possibilité de conserver leur rentabilité pour de nombreuses entreprises travaillant en flux tendus et dépendant au quotidien de systèmes de transports très fluides...

Et avec le terme "fluide" nous arrivons à l'effet qu'aurait une augmentation forte du prix du pétrole : la rigidification de notre société, qui se figerait dans une immobilité contrainte d'une ampleur qui dépendrait totalement de ce facteur externe sur lequel nous n'aurions aucune prise, le prix du baril de pétrole.

Une immobilité que l'on imagine difficile à supporter à l'heure où l'on affirme partout que notre société a grandement besoin de plus de flexibilité, terme très antinomique de "rigidité" !

Fleurs importées du Kenya et fraises en hiver ne seraient plus qu’un souvenir demain, peut-être: mais ne nous y trompons pas, ce ne serait pas uniquement la remise en question de nos petits plaisirs mais bien plutôt tout l’équilibre mondial qui serait fortement perturbé avec une forte probabilité que cette perturbation serait très durable.

Alors finie la mondialisation qui permet l’importation massive de toutes sortes de produits, il faudrait produire et distribuer local, se passer du superflu...

Comment définir le superflu a priori?

Ne nous fatiguons pas sur cette question: nos possibilités du moment trancheraient vite!

Au passage combien de multinationales dont les activités sont entièrement basées sur des productions fortement dé localisées s’effondreraient, leur valeur boursière se trouvant vite en chute libre?

Le coût du transport devenant inabordable mettrait fin à la pratique des flux tendus: le temps de réorganiser la production de nombreux biens pourraient nous faire défaut ou atteindre des prix inabordables...

Est-ce à dire que nous ne pouvons rien faire ?

La question n'appelle aucune réponse catégorique reflétant une certitude absolue car nous ignorons quand se produira une augmentation forte et durable du prix du pétrole susceptible de plonger notre société dans le type de difficultés évoquées plus haut, mais nous pouvons avoir une quasi certitude que cette hausse se produira.

En d'autres termes si elle se produit très bientôt nous ne pourrons que subir, et si elle nous laisse un délai raisonnable nous devons développer sans tarder de très gros efforts pour nous préparer, modifier les modes de fonctionnement de nos sociétés de façon telle qu'elle absorberaient ce choc avec moins de dommages.

Nos sociétés et notamment la société française, celle dont nous sommes directement responsables et dont nous confions régulièrement le gouvernement à telle ou telle tendance politique.

Combien de temps nous faudrait-il pour modifier cette société ?

Prenons comme seul exemple celui de l'habitat : on peut estimer qu'un effort très soutenu, de grande ampleur, visant à l'amélioration du bâti existant afin de le convertir à une indépendance énergétique forte devrait s'envisager sur plusieurs décennies, ceci en disposant de ressources énergétiques abondantes et bon marché telles que nous en avons actuellement, qui nous permettraient d'appliquer à cette reconversion un indice d'efficacité comparable à celui que nous pouvons avoir aujourd'hui.

Car une énergie beaucoup plus coûteuse limitera nos possibilités et limitera par conséquent nos possibilités de mener à bien nos projets avec la célérité requise.

La multiplication des systèmes de transports en commun afin de remédier à l'impossibilité de recours à la voiture individuelle au rythme où nous l'utilisons aujourd'hui ne se ferait pas non plus en un jour...

Or si l'on compare ce type de délai avec un certain nombre de prévisions sur l'évolution des prix du pétrole nous devons constater qu'un décalage inquiétant se profile : aurions-nous dès maintenant 10 ou 20 ans de retard ?

Si tel est le cas nous serons nombreux à souffrir du froid, tôt ou tard, lors d'hivers à venir, et ce ne sera peut-être pas notre seule souffrance.

Ce jour là l'idée qu'un contrat de type CPE pourrait apporter des améliorations au fonctionnement de la société aura gravi quelques marches supplémentaires sur l'échelle de l'ineptie, et nous ne pourrons que regretter l'incurie de nos politiques et leur reprocher de n'avoir pas su imaginer une politique de "grands travaux" pour une reconversion du bâti ancien vers de fortes économies d'énergie, ce qui aurait pu constituer une considérable relance de l'emploi et de certaines activités....

L'adage énonce : "gouverner c'est prévoir".

Or ici les études prospectives ne manquent pas pour nous annoncer l'ère prochaine du pétrole cher, on ne demandera donc pas aux politiques de prévoir l'augmentation du prix du baril mais seulement de tenir compte des prévisions que d'autres auront mis à leur disposition.

Et nous devons constater que ce sujet peut, et doit, constituer un sujet réellement majeur mais qu'ils est très largement négligé dans tous les discours, dans tous les programmes en vogue qui ne l'abordent dans le meilleur des cas que de façon très marginale.

Ainsi quelques dizaines de dollars sur le prix du baril pourraient jeter un discrédit total sur tous les acteurs de la scène politique, à de rares exceptions près mais qui ne tiennent pas aujourd'hui le haut du pavé des sondages.

Un discrédit imputable au fait que leurs analyses des priorités se seraient avérées en total déphasage avec la réalité et avec l'avenir le plus probable.

Mais le jour où nous serions tentés (au moins tentés, sinon moralement obligés) de les accuser de nous avoir entraînés dans de mauvaises directions et d'avoir négligé celles qu'il nous aurait fallu emprunter, et vers lesquelles ils auraient dû nous conduire dans ce souci de l'intérêt général qui devrait présider à la moindre de leurs actions, il sera trop tard : nous serons au coeur de difficultés peut-être insurmontables...

Et ne nous faisons aucune illusion : ce n'est pas la construction d'une centrale nucléaire de plus, cet EPR prévu près de Cherbourg et qui n'entrera de toutes façons pas en service avant longtemps, qui pourrait résoudre la question du chauffage des logements ou celle des transports : nous risquons donc véritablement d'avoir froid l'hiver sans autre solution que de danser sur place.

Alors faut-il attendre le jour ou nous pourrons jeter ce discrédit à la face de nos politiques ou bien nous serait-il possible d'agir ?

De réagir ?

De RESISTER aux tendances actuelles et d'en impulser d'autres ?

Cela exposé, n'oublions pas de relier cette question du pétrole à la nécessité de diminuer de façon très importante nos émissions de gaz à effet de serre, domaine dans lequel la très grande modestie de nos résultats par rapport aux fortes diminutions indispensables, qui seules pourraient avoir l'impact souhaité, devrait nous inciter à "motiver" de façon plus intense ces mêmes politiques...

Mais ce que l'on devra peut-être reprocher avec force aux politiques en place sera également opposable aux citoyens qui auront par trop manqué du même discernement et se seront contentés de suivre...

dimanche 16 avril 2006

L'état du Monde et toi, citoyens, résister...

Juges-tu que l'état du Monde est aujourd'hui satisfaisant ?

Penses-tu qu'il est stable et qu'il offrira durablement à ses habitants de toutes espèces un milieu de vie conforme à leurs besoins ?

On nous dit qu'une sixième extinction massive d'espèces est en cours et qu'elle serait provoquées par les activités humaines...

Penses-tu que nos enfants, nos descendants, disposeront de tous les atouts que nécessite une vie sereine, aussi heureuse et agréable que possible ?

Si tu réponds "oui" à ces quelques questions c'est peut-être que tu ne sais pas qu'un certain nombre de menaces, de tous ordres, pèsent sur notre avenir, ou bien que tu crois que "le progrès" nous tirera de toutes les situations de danger que nous pourrions rencontrer.

Elles sont nombreuses, variées, et rien ne démontre que plus d'avancées scientifiques et techniques sauront les résoudre, ceci d'autant plus que parmi ces menaces figurent celles qui ne dépendent d'aucune science ni technique : ce sont les façons qu'ont les humains d'organiser leurs rapports, à grands renforts de "Déclaration des Droits de l'Homme" mais aussi de sempiternels conflits plus ou moins ouverts, de volontés de domination, qu'elle soit financière ou guerrière... et de provoquer ou d'amplifier sous de multiples prétextes des déséquilibres très difficiles à résoudre.

Je ne ferai pas ici d'inventaire de ces menaces et t'inviterai seulement à consulter quelques sites comme Planète Bleue et notre-planete.info, et il y en a bien d'autres.

Les questions qui valent pour le monde valent pour chaque pays, la France n'y échappe pas, et de loin en loin c'est jusque dans notre caniveau qu'il faudrait peut-être balayer.

Si chacun, seul, et peut-être contre presque tous, ne peut pas grand chose pour remédier à tout ce qui n'est pas satisfaisant, chacun peut aussi refuser de baisser les bras et considérer que de nombreuses personnes bien décidées peuvent obtenir des résultats.

Cela s'appelle "être conscient" et "résister".

Résister est un texte que nous livre un collectif de résistants de la dernière guerre mondiale.

Je vous invite à le lire attentivement.

Les clefs de cette résistance ?

Adamantane nous les livre.

En fin de compte peut-on véritablement être pleinement citoyen sans "résister", en se laissant mener par le bout du nez à coup de lieux communs ?

Le texte "Résister" a également été publié sur Agoravox.




dimanche 9 avril 2006

Quelle Union Européenne... mais dans quel monde ?

Dans quel contexte devons-nous imaginer l'Europe afin que la vision que nous en avons corresponde aux scénarions d'avenir les plus probables ?

Car il n'est pas possible de dissocier l'avenir de l'Europe de celui du monde et la vision de ce ce futur de l'humanité est marquée d'incertitudes fortes dans différents domaines.

Le GIEC (IPCC, International Panel on Climate Change) prévoyait en 1995 une élévation du niveau des mers de 15 à 95 cm à la fin de ce siècle ( Groupe de travail I du GIEC 1995), chiffres revus à la baisse en 2001 (9 à 88 cm : Les conséquences d’un réchauffement planétaire).

Depuis les scientifiques n'ont cessé d'examiner l'état de la planète et des hypothèses beaucoup plus dramatiques ont été émises, avec une élévation qui pourrait peut-être atteindre 4 à 6 mètres (Les océans pourraient monter de 4 à 6 mètres avant la fin du siècle), ce qui provoquerait un désastre d'une autre ampleur...

Instabilités climatiques, mais aussi politiques ou financières, crise énergétique de grande ampleur seront peut-être bientôt au rendez-vous de nos lendemains, chacun de ces types de crise étant la source probable d'une autre de ces crises (politique entraînant le financier ou inversement, climatique entraînant l'une et l'autre...) ce qui nous conduirait à nous poser une question très ancienne : Comment survivre au jour le jour ? face à une Rupture Systémique Globale ?

Le 10 Septembre 2005 un cyclone tropical de classe 1 se dirigeait vers le Portugal et menaçait de déferler vers l'Europe, c'est la première fois que l'on mentionne un tel phénomène depuis que l'on détient des relevés météorologiques réguliers (début du XIX ème siècle).

Notre vision du futur de l'Europe ne peut éluder les différentes possibilités d'évolutions non linéaires de notre environnement, de ruptures dans des cycles évoluant jusqu'à maintenant dans des limites auxquelles nous sommes habitués mais qui pourraient en sortir, et cette vision doit intégrer de telles ruptures, ce que l'on peut appeler un Catastrophisme lucide.

Il nous faudra Faire face aux dérèglements climatiques...

S'il nous est indispensable de tenir compte de telles évolutions il est donc indispensable que les peuples d'Europe soient clairement informés qu'elles pourraient avoir lieu avec des conséquences très graves, sur nos modes et conditions de vie, et jusqu'à notre survie peut-être.

Que devons-nous prévoir pour affronter de telles situations de crise, prévision qui implique des préparations à long terme afin de restructurer nos sociétés de façon telle qu'elles aborderaient les crises avec de meilleurs atouts ?

C'est donc dans ce cadre qu'il nous faudrait savoir Ce que veulent les peuples.

Mais même sans évoquer une élévation subitement plus forte des niveaux marins nous devons aussi nous demander si le mode de fonctionnement de base de nos sociétés, une croissance continue, sera encore possible pour longtemps.

L'impossibilité d'une croissance continue sur le long terme nous imposerait de jeter les bases d'une évolution différente, et l'hypothèse d'un développement partagé devrait alors être examinée.

Même si la croissance pouvait se poursuivre nous devrions déjà nous interroger sur certains Facteurs structurels d'instabilité.

Par ailleurs si aucune rupture systémique ne se produit nous devons régler de nombreux problèmes : Préparer l'agriculture au choc de 2013 et, dans ce domaine, travailler à un certain nombre d'améliorations Pour une agriculture environnementaliste.

Une agriculture qui pourrait se trouver fort sollicitée si le prix des énergies augmentait, car elle devrait devenir une pourvoyeuse efficace en énergies "vertes".

Or elle devrait le faire dans des conditions fort différentes de celles connues actuellement, qui sont caractérisées par un prix très abordable de l'énergie.

Afin d'obtenir dans les meilleures conditions possibles cette énergie de biomasse, nous devrions Développer une politique de filière énergie et environnement très différente des filières actuelles.

Nous serions aussi beaucoup plus fortement sollicités à agir Pour une nouvelle politique des transports.

Toutes ces questions devraient nous mener à agir fortement sur Les mutations du capitalisme financier dans le sens d'un plus grand intérêt général, ce qui nous mènerait à cette interrogation : Croissance ou Progrès ?.

Le mode d'évaluation de nos sociétés devrait alors changer profondément, et tous ces problèmes potentiels devraient nous inciter à penser qu'il nous faudrait une Europe politique forte plutôt qu'une Europe essentiellement focalisée sur les échanges commerciaux.

Ce texte est aussi publié sur le Forum de discussion européen dans le thème "Le développement économique et social de l'Europe" en réponse à la question "Quelle Union Européenne souhaitez-vous", posée conjointement par José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, et Margot Wallström, Vice-présidente de la Commission européenne, responsable des relations institutionnelles et de la stratégie de communication.

dimanche 2 avril 2006

L'objectif fallacieux d'une immigration souhaitée

Des "gros bras" de la politique nous bercent d'illusions avec des mesures "fortes" et "fermes" sur la limitation de l'immigration.

Immigration "contrôlée", "souhaitée"...

On rêve un peu, me semble-t-il, sur l'immigration car une grande part de celle-ci est subie, depuis longtemps déjà, et tous les efforts déployés pour limiter l'immigration clandestine n'ont jamais réussi à la juguler.

Dès lors parler d'immigration souhaitée est une figure de rhétorique fort éloignée de ce que sera la réalité !

L'immigration souhaitée serait conditionnée par un bouclage hermétique des frontières de l'Europe, qui permettrait le filtrage que désigne ce "souhaitée" : à défaut de cela l'immigration demeurera régulée par le degré de porosité de ces frontières, lesquelles, selon certaines prévisions, devraient encaisser une pression croissante dans les années à venir.

Voir à ce sujet : Urgent support needed for environmental refugees
entre autres sources possibles.

Les politiques, à moins qu'ils soient inconscients de cet état des choses (ce qui serait impardonnable !), devraient nous épargner des joutes sur ce thème (quelle immigration souhaitée, quel patch appliquer aux législations existantes pour tenter de l'obtenir...) mais il serait essentiel que nous nous penchions très sérieusement sur ce qui provoque cette immigration et les moyens de la réduire à la source : le problème est vaste, c'est celui de la pauvreté loin d'ici, le problème de régimes politiques inacceptables...

Ce sont là quelques racines d'une immigration qui, de toutes façons, ne se réduirait pas aisément ni vite même si les conditions économiques - climatiques - énergétiques ne devaient jamais poser de problème dans un avenir assez proche.

Il conviendrait aussi de lier les questions d'immigration à cette constatation : nous (pays riches) sommes 20% de la population mondiale à consommer 80% des ressources que peuvent fournir la planète depuis quelques décennies.

20% soit environ 1.2 milliards.

Environ au moins 2.5 milliards (Chine, Inde, Brésil...) sont en voie de rejoindre notre niveau de consommation (ou s'activent fébrilement à le faire).

Il nous faudra donc à terme 80 x 3 = 240% des ressources actuellement employées (en calcul très approximatif, mais l'ordre de grandeur y est) selon une courbe croissant a priori assez vite.

L'ensemble des pressions que subissent tous les pays, dont les plus pauvres, ne s'amenuiseront donc pas et ces pressions n'agissent pas majoritairement en faveur d'un enrichissement des pays les plus démunis : quelles perspectives cela peut-il offrir dans le domaine de l'immigration ?

Certaines limites sur les ressources seront peut-être vite atteintes et, même avant qu'elle le soient nous aurons à subir des influences de ce phénomène, influences qui se feront sentir en termes d'immigration (entre autres) : aucune décision pertinente concernant l'immigration ne peut faire l'économie de la vision d'un avenir plus perturbé que ne l'est notre présent.

Alors l'immigration vue uniquement en termes franco-français avec pour seul horizon la "densité d'étrangers acceptable" sur notre territoire me semble une façon d'utiliser la lorgnette par le mauvais bout et le type de discours qui s'associe à cette attitude est en fait proche de l'escroquerie intellectuelle.

Pour éviter ce type de malhonnêteté il est essentiel de pouvoir proposer des solutions basées sur un diagnostic sérieux de la question.

Un état des lieux aussi peu contestable que possible qui permettrait de déterminer les causes de l'immigration, mais aussi les moyens qu'elle met en oeuvre et les conséquences auxquelles elles conduit, cela dans la plus stricte conformité avec les textes fondamentaux dont nous nous réclamons (Déclaration des droits de l'Homme en particulier), examen auquel seraient également soumises les mesures proposées afin de réguler l'immigration, notamment en ce qui concerne les conséquences de ces mesures dans les pays d'origine des migrants potentiels.

Par exemple, pour ce qui est des moyens, il semblerait que les mesures de reconduite à la frontières, les anciennes autant que les dernières en date médiatisée par un ministre de l'intérieur qui se verrait bien président ne concerneraient qu'environ 0.01% des irréguliers sur le territoire et qu'elles ne pourraient en concerner qu'au maximum le double ou le triple, soit une fraction tout à fait négligeable en termes d'effectifs, sans poser de gros problèmes.

A vérifier donc, s'il n'y aurait pas dans toute cette agitation d'abord et avant tout un effet de manche électoraliste plutôt que la possibilité d'une réelle efficacité.

Il y aurait donc une multitude de rapports et d'études émanant de sources variées à examiner pour se faire une idée à peu près convenable du panorama en ne se contentant surtout pas des rapports les plus médiatisés par certaines sphères proches du pouvoir, ou commandés par ce pouvoir, et qui ont le plus d'échos sans que le sérieux ou l'objectivité soit toujours au rendez-vous.

Un tel diagnostic n'est pas à la portée de tous les citoyens car il nécessite un travail de documentation et d'analyse important.

La tentation est donc grande de se laisser tenter de suivre la parole de celui qui criera le plus fort sur ce thème, mais l'intensité d'un tel cri ne garantit en rien la justesse du propos, même s'il est propre à satisfaire certaines oreilles.

Où peut-on trouver une étude complète et impartiale sur ce thème ?

Qui nous la fournira, qui la médiatisera avec suffisamment de force pour qu'elle devienne un document de référence unanimement reconnu ?

samedi 1 avril 2006

Nouvelle constitution : un mandat à durée variable selon les résultats

Un certain "ce n'est pas le rue qui gouverne" ne devait-il pas nous rappeler qu'il y a, en altitude, une "aristocratie", une "élite" en charge des affaires, très au dessus du peuple, du vulgaire, de l'indéterminé qui n'aurait son mot à dire que lorsqu'on lui permettrait de le prononcer docilement, dans les urnes ?

Quitte à ce que le résultat de l'expression populaire n'ait aucune conséquence quand il déplait : cela nous l'avons vécu.

Mais voilà que le vulgaire se fait rétif et rue dans les brancards.

Il faudrait maintenant songer à le calmer : de quoi seraient donc capables ces foules ignorantes si on ne les amadouait pas de temps en temps, si l'on ne régulait pas des pulsions qui pourraient les mener aux portes de nos palais ?

On croit rêver : le peuple se met maintenant à exiger le dialogue et la négociation... Il en aura donc, si c'est le prix à payer pour le calmer.

Nous commencerons donc par promulguer cette loi sur le CPE qu'il refuse afin de lui signifier clairement qui commande : un rappel à l'ordre plus qu'indispensable !

D'un même jet nous lui affirmerons que cette loi ne s'appliquera pas tant que des textes complémentaires dont nous fixons dès maintenant le contenu seront votés par l'assemblée dans les termes que nous avons choisis.

Voilà, et silence dans les rangs !

Et c'est décidé : la durée de la période d'essai est fixée à un an et l'employé, après avoir été congédié, pourra obtenir le motif de son licenciement.

Mais... où se trouvent dans ce schéma le dialogue et la négociation ?

Est-il prévu par la constitution que l'on puisse promulguer une loi en affirmant qu'elle ne sera pas en vigueur, ni applicable, tant qu'elle ne sera pas modifiée ?

Un décret de non application sera-t-il pris ?

Il y a là comme un exercice de haute voltige par rapport au texte fondateur... alors que l'on promulgue la loi afin, affirme-t-on, de respecter les termes de la constitution...

Au passage on prend joyeusement l'assemblée en otage : c'est à elle qu'il reviendra de modifier la loi, mais pas selon son libre arbitre puisque ses décisions à venir sont déjà fixées.

Très constitutionnel, tout cela ?

Cela évoque les contorsions d'un asticot pris dans un labyrinthe...

Villepin est sauvé (mais pour combien de temps ?) et Sarkosy approuve, ce qui montre le grand souci qu'il peut avoir à la fois de l'opinion du peuple et de la rigueur de la méthode employée...

Une méthode de "passage en force" et d'un certain dédain des demandes du peuple : il approuve et cela doit nous faire craindre le pire de son hypothétique avènement à la tête de l'état.

Il pense que tout cela sera oublié dans les derniers mois de la course à l'Elysée...

Une course qui se fera une fois de plus sur l'allure du costume et le poids de promesses à ne pas tenir : nous sommes coutumiers de cela...

La présidentielle se joue sur l'image, la place est acquise pour une durée fixe quoi qu'il arrive, il suffit de briller un peu plus que les autres aux yeux d'un peu plus d'électeurs pour s'en emparer.

Une sixième république pour laquelle les termes du contrat changeraient serait la bienvenue.

Imaginons donc un système dans lequel la promesse électorale ne serait plus un piège pour l'électeur mais pourrait en devenir un pour l'élu !

Les critère de la candidature comprendraient 3 projets détaillés avec chacun 3 étapes bien définies (objectifs, critères de diagnostic de la réussite ou de l'échec et dates d'échéances) pour leur réalisation.

Chaque échec réduirait d'un certain nombre de mois la durée du mandat : notre "élite" dirigeante se verrait enfin contrainte de nous servir des promesses qu'elle le plus grand intérêt à tenir !

Finie la trop habituelle politique de marchands de tapis !

La contrainte porterait également sur la méthode qui conduirait à la décision, en décrivant des processus impliquant des dialogues approfondis avec "le vulgaire".

Ces critères de poursuite du mandat devraient d'ailleurs s'appliquer à tous les types de mandats.

Le mode de calcul de la durée d'amputation du mandat initial devrait également pouvoir produire une durée de réduction supérieure à la durée restante, avec un barème de pénalités allant de l'inéligibilité à certaines charges jusqu'à l'inéligibilité totale à un mandat sur le territoire national ou européen et devrait pouvoir au pire conduire l'élu incapable de mener à bien ses projets à une situation voisine du RMI.

Il aurait peut-être alors une chance de comprendre vraiment ce que signifie un "sentiment de précarité", et notamment de précarité financière, qui n'est probablement le premier souci d'une grande majorité d'un personnel politique aux innombrables possibilités de douillets reclassements.

Cela parce-qu'il semble qu'il y a dans cette affaire de CPE une incompréhension fondamentale peut-être plus importante que la nature des termes de la loi.

L'incompréhension de ceux qui bénéficient de vastes parapluies sur ce que peut avoir de désagréable, jusqu'à l'insupportable, une pluie pour ceux qui ne peuvent jamais s'en abriter.

L'incompréhension de ceux qui se voient un avenir serein sinon brillant vis à vis de ceux qui ne parviennent jamais, en dépit de tous leurs efforts et même les jours d'euphorie, à s'en imaginer un selon le quart de leurs espérances.

C'est le cas d'un grand nombre de personnes dans notre société actuelle.

Erreur fondamentale dans la loi sur le CPE, celle d'avoir introduit cet arbitraire d'un licenciement non motivé, dans une société où le sentiment que l'arbitraire règne est très fort.

Un arbitraire qu'aucun citoyen digne de ce nom ne doit accepter : chacun est en devoir de pouvoir motiver la plupart de ses actes surtout s'ils mettent en jeu d'autres individus, c'est ce que nous dit la loi pour ce qui concerne notre vie civile et nous avons tous des comptes à rendre à divers propos.

Là rien de tel : c'est un déni de citoyenneté et la porte ouverte à n'importe quelle dérive (pensons par exemple aux possibilités que donneraient cette loi à un adepte du harcèlement sexuel : tu ne veux pas, tu ne veux plus ? A la porte ! Sans même avoir à se creuser la cervelle pour justifier le licenciement.).

Enfin le rôle du pouvoir est-il d'imposer de force ce qu'il suppose "bon" (dans l'objectif d'un "plus grand bien commun" ou "plus grand intérêt général"), quitte à provoquer de graves protestations, ou est-il de rechercher parmi les divers partenaires en présence ce que pourrait être une solution meilleure que l'existant et qui serait acceptable pour tous ?

La différence porte exactement sur ce qui se produit aujourd'hui : ces manifestations contre le CPE qui sont un désordre coûteux pour tout le monde avec une issue incertaine.

Il me semble que l'état ne doit pas être cette entité dominatrice et isolée qui éventuellement injectera du sable dans les articulations de la société parce-que tel sera son bon plaisir (la vision du "bien" qu'il voudra considérer sans avoir tenté de la partager) mais plutôt ce lieu de délégation du pouvoir par les citoyens afin que le pouvoir soit capable de placer là où il faut et au moment opportun ce qu'il faudra d'huile dans les rouages afin que le fonctionnement de la société en soit amélioré.

Et l'on voit que le CPE fait plutôt figure de gravier que de lubrifiant : c'est une faute du pouvoir, qui pourtant avait été prévenu que cette loi avait peu de chances d'être bien acceptée par un grand nombre de citoyens.

La constitution de la 6ème république devrait donc également prévoir des sanctions à ce type de faute.

Mais voilà venue la saison des asperges sauvages : je vous quitte pour beaucoup plus sérieux, une petite cueillette !
Le blug de l'encéphalugomme molle n'est pas un blog vitaminé : ce n'est qu'un blug, un blog des bugs, des bugs de l'intelligence. Vous savez cette merveilleuse chose indéfinissable qui a permis à l'homme de devenir le maître incontesté de la nature... Ici vous trouverez peut-être de gentilles horreurs et des raisonnements tordus : prudence...
Il est encore temps de fuir !
? i n t e l l i b l u g
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