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samedi 15 juillet 2006

Madame Royal, quelle politique pour le Marais Poitevin ?

Le Marais Poitevin est issu de plus de 8 siècles de transformations dues à l'homme, et un certain régime de fonctionnement lui a permis d'être ce qu'il est encore.

Mais l'on constate depuis maintenant plusieurs dizaines d'années que ce régime n'a pas été maintenu : ce qui était une zone humide est désormais en cours d'assèchement.

Cet assèchement est volontaire et il semble être essentiellement destiné à permettre la culture d'une espèce, le maïs, aux forts besoins en eau.

On pourrait voir là un paradoxe : il n'y en n'a pas.

Zone d'élevage, de production d'espèces à croissance rapide (mojettes...) et de production de bois, le Marais connaissait autrefois de longues périodes d'inondations hivernales et les niveaux d'eau étaient, tout au long de l'année, maintenus nettement plus hauts qu'aujourd'hui.

La gestion des niveaux se faisait manuellement, au jour le jour mais avec une forte coordination, de façon telle que des réserves étaient accumulées au printemps pour l'été. Alors une utilisation judicieuse des "portes" permettait de faire reverdir à volonté telle ou telle prairie.

Ce maintien d'une humidité assez constante garantissait un bon équilibre du Marais (pour la végétation, la bonne tenue des sols...), une grande biodiversité (absence de pesticides) et une excellente qualité des eaux.

Aujourd'hui la gestion des niveaux se fait par des déversoirs réglables télécommandés.

A ce que m'en disaient des "anciens" l'eau était claire, transparente, jusqu'au cours de l'été dans les années 1950. Ce n'est plus jamais le cas depuis plus de 20 ans, la transparence plus ou moins poussée n'existant plus qu'au cours d'un hiver bien arrosé.

Quand à l'humidité, elle n'est plus de règle dès le milieu du printemps : les niveaux sont maintenus au plus bas tout au long de l'année, même si elle ne s'annonce pas particulièrement pluvieuse, et l'on s'empresse d'évacuer le surplus qu'offre la moindre pluie.

Ainsi en 2005, d'un été sec, de nombreux sols se sont fissurés dans des zones où la nappe phréatique se trouve généralement en toutes saisons (hors inondations) entre 15 et 30 cm sous la surface du sol.

La profondeur moyenne des crevasses était de 70 cm.

De nombreuses rives se dégradent rapidement, il semble que les effectifs d'insectes subissent de fortes décrues d'année en année, idem pour un certain nombre de plantes et pour les batraciens, qui me semblent en très forte diminution.

Pour ces espèces animales il faut probablement mettre en accusation la conjonction sécheresse / pesticides.

La diminution des effectifs d'insectes prive de nourriture oiseaux et grenouilles, ces dernières sont par ailleurs très sensibles à de nombreux polluants et particulièrement aux molécules associées au glyphosate [1].

Revenons à l'apparent paradoxe sur le maïs : sa culture nécessite que les terres soient sèches sur une durée nettement plus longue que celle qui convenait à l'élevage et à la croissance des mojettes : on maintient donc les niveaux très bas pour qu'environ 600 agriculteurs, sur les 2800 qu'en compterait l'ensemble du Marais, puissent cultiver du maïs.

Mais les inconvénients de cette culture, et du niveau des eaux qu'elle nécessite, ne s'arrêtent pas là.

Dans le Marais la gestion des eaux se détermine en fonction des limites administratives, notamment départementales.

Or les aquifères n'ont pas le bon goût de respecter ces limites et l'on se trouvera donc souvent dans un cas tel qu'un département, souffrant plus de la sécheresse que son voisin, interdira toute irrigation tandis quelle sera permise dans le département adjacent.

Et l'on pourra donc puiser abondamment dans un aquifère au niveau très bas, mais au dessus de sa cote d'alerte, dont l'essentiel du développement se trouve sous le département où l'irrigation est interdite.

Or ces nappes ne sont pas fossiles : elles ont donc des communications, intenses, multiples, avec les eaux de surface.

Ces nappes ayant conservé en toutes saisons et depuis plusieurs années un niveau très ou moyennement bas, leur mise à contribution par les forages d'irrigation se renforce du fait de l'assèchement des terres en profondeur (qui par ailleurs semble provoquer d'importants tassements) : ce sont alors les eaux de surface du Marais qui, déjà très basses, les alimentent en fin de printemps et en été.

Le fonctionnement hydraulique du Marais s'inverse donc totalement.

Et le maintien de basses eaux conduit à d'irrémédiables pertes, telle cette minéralisation des tourbes constatée dans certaines zones, de plus en plus importantes en surface.

Or ces tourbes sont d'excellents filtres pour les eaux de surface en transit vers l'océan, et leur minéralisation est irréversible : elles perdent pour toujours leurs capacité de filtration.

Non seulement nous larguons dans l'environnement des quantités énormes de polluants, inconnues il y a 50 – 60 ans, mais en plus nous condamnons définitivement les zones dans lesquelles la restauration des eaux aurait été possible : l'océan en souffrira donc et les premières touchées seront probablement les huîtres et les moules cultivées dans les pertuis qui séparent le Marais de l'océan.

En fin de compte on prive donc le Marais d'eau afin de labourer, semer et démarrer le maïs, un Marais qui a subi durant les 20 dernières années une conversion intense [3].

Le Marais Poitevin (sous lequel ont été installés des milliers de kilomètres de drains en tube de plastique, vidés par des pompes que l'on voit bien dans les champs) s'assèche et quand survient le moment où les besoins en eau de ce maïs atteignent leur maximum on puise cette eau dans des nappes en surexploitation quasi constante et l'on contribue par conséquent à priver le Marais d'une partie de ses eaux de surface au cours d'étiages déjà largement déficitaires.

Un des risques "annexes" de ce processus est que le transit de nombreux polluants vers ces nappes soit accéléré.

Lorsque des interdictions d'irrigations sont promulguées les compteurs qui devraient être placés sur les têtes de forage (le sont ?) ne sont probablement pas relevés par un organisme officiel vigilant car il n'est pas rare de voir des lances en action nocturne même dans ces périodes.

Et lorsque tous les indices signalent que ces périodes s'annoncent longues aucun préfet n'ordonne le retrait des appareils d'irrigation des zones de culture.

Dans ces temps d'interdiction des particuliers seront verbalisés pour avoir rempli de 3m3 leur piscine gonflable tandis qu'il semble que des milliers de mètres cubes heure s'évadent clandestinement pour le maïs, aux frais de tous et sans poursuites.

Car les diverses dégradations que subit le Marais nous affectent tous de façon plus ou moins directe.

Les atteintes portées aux berges et aux routes, que l'on voit se fissurer et se cabosser en raison des alternances humidité / sécheresse, seront payées par la collectivité quand des réfections s'imposeront, par exemple.

Ce qui signifie que le coût pour la collectivité de la culture de ce maïs est probablement très élevé à différents points de vue.

Il est envisagé de créer de vastes réservoirs : comment seront-ils alimentés dans les années à faible pluviométrie ?

En pompant dans des nappes déficitaires ?

Et le coût de la réalisation de ces réservoirs devrait être très largement pris en charge par la collectivité, sans que les diverses dégradations que subit le Marais trouvent une réponse dans la création de ces réserves.

Et nous n'aborderons même pas ici la question de la dégradation des sols tout à fait réelle provoquée par certaines pratiques culturales.

On voit donc qu'une culture de type "maïs" présente de très lourds inconvénients, inconvénients qui ne se combleront pas d'une année sur l'autre et deviendront un jour irrémédiables, certains l'étant déjà.

On peut donc avancer que l'ensemble du territoire du Marais Poitevin, comprenant donc toutes les zones dans lesquelles la maïsiculture n'est pas pratiquée, se trouve en danger car mise en coupe réglée par quelques centaines d'agriculteurs.

On peut déduire de ceci "qu'une des principales et des plus riches zones humides de France" ne le restera probablement plus longtemps, et la dégradation irréversible n'aura pris que quelques dizaines d'années, réduisant à néant 8 siècles d'un remarquable ouvrage.

Que faire alors pour que le Marais soit réhabilité par le recours à un régime des eaux plus conforme du point de vue de la pérennité de la "zone humide riche" et du point de vue d'une agriculture différente, qui exclurait le maïs et des cultures de ce type ?

Une agriculture qui garantirait aux agriculteurs un bon niveau de revenu, aussi, ce qui est une préoccupation à ne pas perdre de vue ?

Je propose 4 pistes.

Réaliser un inventaire général des cultures que seraient à la fois économiquement suffisamment rentables et compatibles avec la restauration et la survie du Marais. Culture à objectif aussi bien alimentaire qu'industriel mais en privilégiant celles qui nécessiteraient le moins d'intrants (nitrates, phosphates, phytosanitaires...).

Etudier plus spécialement l'hypothèse du bambou, qui connaît de plus en plus d'applications industrielles [4].

Commencer dès maintenant à remplacer les surfaces en jachère par des surfaces équivalentes cultivées et TCR ou TtCR [2] de saule ou de peuplier, et étudier la validité d'une filière TCR ou TtCR de frêne comme agriculture de substitution au maïs. Ces surfaces pourraient jouer un rôle très positif sur le plan de la biodiversité et sur celui de la qualité des eaux.

Étudier de près les débouchés industriels possibles pour le frêne, espèce particulièrement bien implantée depuis fort longtemps dans le Marais.

Il serait alors possible de créer rapidement les prémices d'une filière bois – énergie capable d'alimenter 3 principales villes limitrophes, La Rochelle, Niort et Fontenay le Comte ainsi qu'un grand nombre de villages, bourgs, bourgades...

Un village du Marais Poitevin, La Grève sur Mignon, a mis en place un système de chauffage aux copeaux de bois pour tous les bâtiments publics et semble s'en trouver fort aise à tous points de vue.

En fournissant une source abondante de Bois Raméal Fragmenté cette production de taillis permettrait aussi de conférer aux sols des propriétés très intéressantes du point de vue du stockage hydrique et de la minimisation de l'apport pour un certain nombre d'intrants [5].

Madame Royal, nous n'avons pas oublié que vous êtes présidente de la région Poitou Charentes, mais aussi du Parc Naturel Régional du Marais Poitevin, et bien des clefs reposent entre vos mains.

Nous attendons de vous des pas nettement marqués vers une amorce de restauration du Marais Poitevin.

Enfin de très récentes études démontrent que l'agriculture biologique permettrait à la fois une restauration des écosystèmes, de la qualité de nos eaux et des rendements très satisfaisants, avec des impacts non négligeables sur la santé des individus et celle des milieux : L’agriculture biologique peut-elle nous nourrir tous ?
Une orientation à prendre d'urgence pour le Marais Poitevin, comme pour toute l'agriculture européenne !


Batraciens - Glyphosate
Le Roundup à nouveau accusé

Du glysophate dans les nappes


Sylviculture à rotation courte
Des mini-forêts pour produire du "bois-énergie"

Mécanisme du TtCR

Le taillis à très courte rotation

Des saules pour l’énergie et la phytoremédiation en Suède



Vous trouverez de très nombreuses données sur le Marais poitevin en suivant le lien ci-dessous :
Diagnostic de territoire


Le Bambou
Plancher en bambou

Plancher et parquet en bambou, meubles et cuisines en bambou

Le bambou

Pourquoi le bambou ?

Bambou




Bois Raméal Fragmenté

Voir les liens de la rubrique "Fertilisation" sur cette page.

lundi 10 juillet 2006

Politique, médias et foot : ce que nous avons gagné à la défaite de l'équipe de France

J'apprends ce matin par la radio que l'équipe de France n'a pas remporté la coupe, que cela s'est joué sur un coup de pied, un seul.

Un seul coup de pied sur combien au total dans cette suite de matchs ?

5000, 20 000 ou plus ?

Combien au cours de ce dernier match ?

500, 1000 ?

Rien de significatif d'un point de vue statistique, rien de significatif à aucun point de vue d'ailleurs sauf qu'il faut absolument que l'on puisse déclarer un vainqueur.

Et cette pratique du tir au but me laisse perplexe : en quoi pourrait-elle fournir un résultat qui nous délivrerait un quelconque rapport de valeur entre une équipe et une autre, puisqu'il entre une très grande part de hasard dans le fait que le gardien intercepte ou non le ballon et puisque seuls 2 personnes se trouvent face à face après 90 minutes de jeu qui, elles, ont permis que les équipes au complet s'affrontent ?

Pour ce qui est du hasard du tir au but rappelons qu'il est à peu près impossible de déduire de la position du tireur ce que sera la trajectoire exacte de la balle et que la durée du parcours de la balle est inférieur à la durée du réflexe humain (entre la détection d'un stimulus et la réaction qu'il provoque) : même si le gardien pouvait déduire du premier mètre de cette trajectoire quel serait le point d'aboutissement sa constitution musculaire et nerveuse ne disposerait pas du temps nécessaire à une réaction qui permettrait l'interception.

Revenons à cet affrontement qui n'a pas permis de déterminer quelle serait "la meilleure" équipe et qui signifie qu'elles se situent au même niveau de compétence, que rien ne les départage.

Mais telles sont les règles du foot : insignifiantes.

Nous voici donc avec un vainqueur en très grande partie issu des lois du hasard et l'un des petits rameaux de l'histoire de l'humanité retiendra que l'Italie emporta "le" titre en 2006.

La radio m'informe donc de cette "grande victoire" et une revue de la presse italienne égrène les commentaires de quelques personnages politiques : on hésite entre l'hilarité et l'affliction et je regrette de ne pas avoir pris note.

Une récupération en règle qui assimile étroitement le pays à son équipe, toute distinction tombe, le pays EST l'équipe, soudainement, chacun devient presque l'auteur de ce tir au but, chacun et le pays tout entier devient "le meilleur".

Je comprends que l'enthousiasme puisse enflammer les foules et puisse faire, pour un temps, triompher la joie sur toute réflexion mais ne pourrions-nous pas souhaiter, de la part de politiques, un peu plus de recul ?

Des politiques, à quelques exceptions près peut-être, qui seraient tous atteints d'une irrésistible et dévorante passion pour le foot ?

Je doute que cette passion soit toujours aussi intense que ce que l'on veut faire croire...

Voici donc ce que nous, en France, avons gagné à perdre : il n'y aura pas de récupération politique de la victoire de l'équipe nationale car elle n'a pas obtenu cette victoire.

Que cette récupération ne puisse avoir lieu me réjouit car pour combien de semaines aurions-nous eu droit à des discours façon "la France qui gagne" à tous propos ?

Alors qu'il n'existe aucun lien, aucun parallèle pertinent, à établir entre une victoire sur un terrain de foot, fût-elle obtenue dans le cours du match et non dans ce jeu de hasard du tir au but, fût-elle ravie dans une compétition internationale, et l'ensemble de ce qui fait un pays, ses qualités, ses défauts, ses succès ou ses déboires.

J'espère de cette défaite que ses commentaires seront plus brefs que ceux qui auraient suivi une victoire, commentaires qui auraient monopolisé beaucoup de temps de parole et de minutes d'antenne, au détriment de véritables informations qui, elles, méritent véritablement qu'on s'y attarde.

Ainsi ces 15 derniers jours, de 15 à 20 minutes des JT du soir ont été consacrés au foot et à ce qui gravitait autour.

Souvent tout ce qu'il y avait de plus intéressant, avec des images de foules dans des situations variées, des interviews passionnants de passionnés ("nous on est venus pour faire la fête, alors on fait la fête...")...

Voilà donc ce qui importait, et il se passait suffisamment de choses nettement plus insignifiantes dans notre monde pour que l'on accorde un tel temps d'antenne au foot, probablement.

La question de l'audience explique probablement ce choix des chaînes d'accorder une telle place au foot au détriment de véritables informations.

Une audience qui influe directement sur les recettes publicitaires probablement, mais alors qu'en est-il de l'indépendance de la rédaction face à la publicité ?

Espérons-donc que cette défaite nous permettra un retour à des faits plus essentiels et saluons le fait qu'elle ne permettra pas à un certain nombre de politiques de "cocoricoter" stupidement (mais là je me livre au pléonasme) et interminablement sur "notre supériorité" de l'instant.

lundi 3 juillet 2006

Enjeu des présidentielles 2007 : la France en "locomotive" du Monde !

Intéressant ce mot : "locomotive", qui marie locomotion à motivation...

Nous ne rappellerons pas ici les très nombreux domaines dans lesquels se manifeste depuis quelques années déjà une dégradation forte et très généralisée de notre environnement.

Nous ne brosserons pas non plus le tableau des dégradations supplémentaires à venir, qui sont toutes imputables à des activités humaines dont l'intensité ne faiblit pas, bien au contraire.

Et nous ne démontrerons pas non plus que ces activités croissent à une vitesse jamais encore atteinte : il est bien connu que le nombre de "consommateurs" s'étoffe de jour en jour de par le monde, que le nombre d'automobilistes ne cesse d'augmenter, que les transports aériens véhiculent des foules de plus en plus fournies..., l'ensemble contribuant à augmenter toutes sortes de pollutions déjà sévères.

Tous ces paramètres nous tracent une ligne très nette qui nous conduit à un faisceau d'impasses.

Des impasses vers lesquelles nous nous dirigeons tous, quel que soit notre pays, notre statut social, notre croyance, notre couleur de peau..., et dont nous atteindrons tôt ou tard le fond si nous n'infléchissons ou ne brisons pas cette ligne.

Ces impasses ne se trouvent pas toutes à la même distance et n'ont pas toutes la même longueur mais toutes représentent une épreuve que nos sociétés devront subir et tenter de surmonter.

La pandémie de grippe aviaire nous fournit un tout petit exemple d'un phénomène général (il a touché plusieurs pays) qui a nécessité des efforts particuliers pour faire face à une situation imprévue, et à ce jour n'a pas eu de conséquences dramatiques (mais cette histoire est-elle finie ?).

Cette pandémie a nécessité que de nombreux pays s'unissent face au danger, mettent en commun leurs connaissances, les résultats de leurs recherches... tout ce qui permettrait peut-être de faire échec au danger.

L'avantage – pour autant que l'on puisse s'exprimer ainsi - de la grippe aviaire sur de nombreux autres risques, le risque d'une pénurie de certaines ressources par exemple, tient dans le fait que la menace d'être affecté par cette pandémie existe pour tout le monde sans que quiconque ait le loisir de jouer cavalier seul pour y échapper.

Cet "avantage" illustre avec force notre communauté de destin.

Tandis que face à d'autres risques, la raréfaction de ressources minérales ou énergétiques, par exemple, certains utiliseront une infinité de stratagèmes et parviendront à conserver leurs approvisionnements : le règne du "chacun pour soi" creusera les différences et les inégalités, accroîtra les sources de conflits et de déséquilibres avec des répercussions néfastes pour tous à terme.

Un "chacun pour soi" entre les nations qui se retrouve au sein de chaque nation jusque dans le plus petit hameau, et que l'on désignera du nom "d'individualisme", privilège accordé à un sort personnel sur un sort commun et qui omet que le sort de l'individu est indissociable de celui du groupe, un groupe aujourd'hui élargi à l'ensemble de l'humanité par l'effet de la puissance de nos actions cumulées.

Pourtant les impasses qui nous attendent tous nous le disent : notre destin est commun, nous ne lui échapperons pas.

Les changements climatiques nous affecteront tous, chacun différemment dans son espace géographique peut-être mais nous serons tous affectés.

Hormis des catastrophes (climatiques, financières...) fortes et généralisées qu'est-ce qui pourrait nous mener tous ensemble à considérer que nous devons nous unir afin d'éviter ensemble les impasses qui nous attendent, et donc consentir aux efforts et peut-être aux sacrifices que cela imposerait ?

L'exercice de la raison pure ne jouera pas ce rôle, nous le savons.

Seule la démonstration que nous disposons, si nous en avons la volonté, de tous les moyens nécessaires à conjurer le(s) mauvais sort(s) qui nous attend(ent) sera susceptible de provoquer un effet d'entraînement vers la prise de conscience que nous pouvons agir différemment sans que cela puisse être considéré comme une régression.

Il s'agirait en fait de créer de toutes pièces un nouvel "art de vivre" qui serait plus réparateur que destructeur de notre environnement, et cette création devrait faire appel au talent, à l'intelligence, aux capacités de chacun : cette création pourrait devenir source d'un vaste épanouissement.

Quel élan presque poétique après ces perspectives tragiques, qui relèvent plus de la politique !

Mais savoir créer les conditions d'un épanouissement commun appartient au domaine de la politique, même si ce résultat est rarement atteint.

Tout n'est question que de savoir utiliser les outils appropriés au bon moment, et c'est d'ailleurs ainsi qu'agit l'artiste comme l'ouvrier : pour accomplir sa tâche de la meilleure façon tandis qu'il semblerait qu'un certain nombre de politiciens emploient les outils de la politique afin d'accomplir, en priorité, le destin qu'ils se sont imaginés, la tâche perdant parfois en chemin son accent circonflexe...

Mais comment créer cet enthousiasme, cette renaissance, empêtrés que nous sommes dans une foule d'inextricables problèmes auxquels nous ne trouvons pas de solutions (chômage, insécurité, immigration, pauvreté...) ?

En adoptant des méthodes révolutionnaires, qui seules seraient à la hauteur d'une véritable renaissance.

En s'offrant le culot d'oser plus loin que ce que personne n'a jamais tenté, en décidant de franchir d'un seul souffle un très grand pas avec le risque de s'y perdre personnellement ou d'y faire gagner tout le monde ensemble.

De quoi s'agit-il dans le contexte des présidentielles 2007 ?

De savoir réunir sur un programme original et fort qui entraînerait l'adhésion et la contribution de la plupart sinon de tous : cela signifie entre parenthèse que la question du chômage serait vite réglée et, par cascade, celle du désoeuvrement et des débordements de certaines fractions de la population ne se poserait plus dans des délais assez brefs.

La contribution de tous car l'invention de ce nouvel art de vivre serait une tâche de grande ampleur qui trouverait ses fondements dans une évolution matérielle de nos conditions de vie : pour ne donner qu'un exemple une source très importante d'efforts concernerait l'adaptation du bâti existant à l'utilisation massive des énergies renouvelables.

Un chantier de 20 ou 30 ans à un rythme soutenu pour ce qui concerne la France, avec de très nombreux emplois à la clef.

Un art de vivre qui ne nous serait pas dicté par "les lois du marché" mais qui dicterait ses lois au marché : c'est ce à quoi nous devons parvenir.

Utopie ?

A première vue peut-être mais à mieux observer ces fameuses lois, elles dépendent toujours de la résultante de nos décisions tant collectives que personnelles : que deviendrait le marché du fromage si soudainement nous nous trouvions tous ensemble d'excellentes raisons de ne plus consommer de fromage, ou de ne manger que du fromage ?

L'un comme l'autre de ces choix aurait des répercussions profondes sur de nombreux secteurs d'activité et jusque sur les paysages de notre pays.

Prenons donc conscience que nous pouvons avoir raison des effets négatifs des "lois du marché", et il pourrait en être du pétrole comme il en serait pour le fromage : en ce domaine la Suède agit en précurseur avec un programme visant à se passer du pétrole dans une petite quinzaine d'années.

La Suède veut éliminer le pétrole au profit des énergies renouvelables

Ainsi je n'estime pas utopique que la France puisse devenir un pays très florissant, très équilibré, ayant résolu un très grand nombre de problèmes qui aujourd'hui la freinent, ayant assumé une bonne part d'une décroissance de certains types d'activités (une nécessité qui se fait jour avec une acuité croissante dans un certain nombre de domaines) et bénéficiant pleinement d'un autre type de croissance, qui ne serait en rien dévastatrice.

Bien avant un tel accomplissement elle serait imitée, on lui envierait ce nouvel équilibre en devenir, sa renaissance en cours.

Pour parvenir à cela il faut un projet ambitieux, solide, visionnaire peut-être : rien encore de ce qui s'est écrit en forme de programme pour 2007.

Et il faut une personnalité capable de convaincre, de rassembler, d'unir et de nous faire profondément prendre conscience de notre communauté de destin, d'un destin qui pourrait devenir plus désirable que ne le sont certaines de nos perspectives actuelles d'avenir.

Ce n'est pas un banal expulseur d'écoliers qui nous y conduira...

Et s'il peut y avoir dans une telle renaissance un enjeu pour les présidentielles 2007 en France, voyons bien qu'il s'agit de tenter d'initier une renaissance au niveau mondial, qui n'aura probablement jamais lieu si personne ne lui fournit sa locomotive...

Qu'elle n'ait pas lieu serait la pire des choses, la ligne directe vers nos incontournables impasses...

Alors la France comme locomotive ?

Pourquoi pas, dans le droit fil de sa révolution de 1789, mais sans Terreur ni échafaud : notre pays est-il encore capable d'un tel sursaut ?

Quelques pages connexes :

Politique économique, sociale et industrielle : inventer une autre croissance

Allocation d’existence

1er juillet, Jour de l'Interdépendance

Croissance ou décroissance, mythe du "durable" et de "l'équitable" ?

Quitte ta campagne, rejoins ton bidonville !

Quelle particularité française pourrait-on bien défendre ?

samedi 1 juillet 2006

Politique économique, sociale et industrielle : inventer une autre croissance

Les caractéristiques actuelles de notre niveau de vie, de notre consommation et de notre croissance sont telles qu'il faudrait que l'humanité disposât de 3 planètes équivalentes à la Terre pour que tous les humains du monde aient notre niveau de vie ("empreinte écologique" moyenne d'un français = 3 environ).

Rien ne nous permet à ce jour de penser que notre croissance future nous permettra de ramener cet indice de 3 à une valeur notablement inférieure car aucune mesure n'a été prise afin de modifier la structure de notre croissance économique : la poursuite de cette croissance sous sa forme actuelle implique donc que cet indice de 3 se maintiendra au voisinage de cette valeur, dans le meilleur des cas.

Ceci dans la mesure où nous demeurerons "libres" de poursuivre ce type de croissance, et cette liberté est en fait encadrée par le contexte de compétition internationale pour l'appropriation des ressources, or cette compétition est très rude et rien ne permet d'imaginer qu'elle s'assouplira.

Notre "liberté" dans ce domaine dépend donc directement de notre capacité à la faire valoir, qui n'est autre que l'image de notre "puissance" par rapport à celle d'autres concurrents, ou autrement exprimé, de notre efficacité prédatrice.

Il s'agira donc pour chaque pays qui souhaite améliorer son développement, augmenter sa croissance, de s'approprier certaines ressources disponibles en quantités limitées (cas de l'eau dans de très nombreux pays, voir notamment cette problématique dans la région Turquie – Irak – Jordanie – Syrie...), appropriation qui privera donc d'autres pays de cette ressource, privation totale ou partielle.

La croissance de la consommation de biens matériels, à l'heure actuelle, est donc synonyme d'une captation de ressources de la part des "plus forts" au détriment des "plus faibles" et, vu le caractère fini, non extensible, d'un certain nombre de ressources, tous nos discours sur le développement des pays les plus pauvres se heurte à cette problématique :
  • soit nous poursuivons notre croissance avec la structure que nous lui connaissons aujourd'hui (captation de ressources finies) ET nous maintenons dans leur état de grande pauvreté matérielle un très grand nombre de pays. Cette volonté de poursuivre notre croissance sous cette forme implique clairement que nous ne souhaitons pas que ces pays deviennent des concurrents plus efficaces : ils doivent donc rester pauvres et faibles.

  • soit nous adoptons un style de croissance largement indépendant de ces ressources finies.


Par l'effet conjugué des différentes compétitions pour l'appropriation d'un certain nombre de ressources (et en fait le refus, de la part de ceux qui en dispose d'un meilleur accès, d'en envisager un partage mondial équitable) et de la faiblesse de l'aide consentie aux pays en voie de développement (0.1 à 0.2% du PIB contre un engagement de 0.7%) nous constatons aujourd'hui que nous faisons largement le nécessaire pour maintenir les plus pauvres dans leur état de pauvreté.

Organiser le partage mondial équitable d'un certain nombre de ressources a pour corollaire un refus de notre part de poursuivre notre consommation boulimique d'un certain nombre de produits : ce type de refus ne serait possible qu'à plusieurs conditions pour être acceptable.

Les populations des pays les plus riches ne sont visiblement pas disposées à renoncer à un très grand nombre d'éléments de leur niveau de vie : il faut donc trouver un certain nombre de substituts à des produits très consommateurs de ressources finies.

Ce partage équitable nécessiterait cependant un certain nombre de renoncements auxquels il faudrait trouver des justifications fortes et peut-être certains dérivatifs : il faut initier certaines "révolutions psychologiques".

Le pouvoir d'achat ne devrait pas se trouver réduit, pour de larges pans de la population, sous peine d'un accroissement de la pauvreté, déjà très honteusement présente dans les pays les plus riches : il serait donc indispensable de mettre en place des outils économiques capables d'assurer une répartition des richesses plus équitable, outils qui agiraient non sur la base d'une valeur absolue redistribuée à certaines couches de la population (tant d'euros par personne selon son statut particulier et quoi qu'il arrive), mais d'une valeur relative de la richesse globale disponible.

L'équité serait à ce prix : que chacun bénéficie d'une portion de la richesse globale de son pays, et le principe d'une allocation d'existence calculée sur le PIB l'assurerait.

Allocation d'existence : une politique économique et sociale forte

Car le sentiment d'un destin commun, dans notre société fortement individualiste, n'émergera pas de l'air du temps, il ne peut naître que sous influence.

Or seul le sentiment d'une communauté de destin nous permettra de nous montrer efficaces face à certains défis qui nécessitent la mobilisation de tous (changements climatiques par exemple).

Outre l'avantage de réduire de façon volontaire et raisonnée notre empreinte écologique, c'est à dire le poids de notre existence sur notre planète et sur nos contemporains, ce partage équitable nous préparerait très efficacement à ce qui se profile aujourd'hui : la contrainte infranchissable de la finitude qui, petit à petit, nous privera TOUS d'un certain nombre de ressources pour cause d'indisponibilité (et des solutions de substitution que nous n'aurons pas pris le temps de mettre au point avec suffisamment d'avance), à moins que nous décidions de tenter de nous les procurer coûte que coûte.

Que serait cette tentative ?

Elle prendrait plusieurs formes, selon la ressource envisagée.

Qu'il s'agisse du platine, dont les stocks connus sont très limités, nous ferions des prospections dans des endroits que nous avons protégés jusqu'à maintenant, l'Antarctique par exemple, en mettant en danger cette région à la fois fragile et très importante sur le plan de différents équilibres.

Qu'il s'agisse de l'énergie, nous développerions aussi vite que possible (ce qui est en voie de se faire) les techniques de liquéfaction de charbon ou de gaz afin de fabriquer différents types de carburants que nous fournit actuellement le pétrole, avec comme corollaire une augmentation continue de la teneur en gaz à effet de serre de l'atmosphère et un réchauffement climatique accru, réchauffement déjà terriblement inquiétant.

A bien y réfléchir notre type actuel de croissance, basé sur l'utilisation de ressources finies, représente des dangers plus graves que n'importe quel "terrorisme international" car il est synonyme d'un accroissement des luttes pour l'appropriation de ces ressources, d'une poursuite de l'enrichissement de certains au détriment d'autres, de l'accroissement de diverses pollutions graves, de perpétuation de situations de pauvreté, de flux migratoires intarissables et croissants...

On ne voit pas d'autres solutions à l'ensemble de ces problèmes que celle qui consisterait à modifier profondément la structure des critères sur lesquels s'effectue notre croissance économique, qui semble aujourd'hui un paramètre vital pour nos sociétés.

Il est donc capital que nous sachions réorienter nos sociétés vers un modèle pour lequel les critères de croissance se baseraient sur l'utilisation de moins de ressources finies, et donc beaucoup plus de ressources renouvelables.

La mise en place d'un tel processus serait un ressort de croissance (et de création d'emploi) d'une redoutable efficacité car il impliquerait d'effectuer de profondes modifications de l'existant (pensons par exemple à la tâche imposante que constituerait la transformation de l'ensemble du bâti actuel vers une utilisation moindre d'énergie de chauffage) et des efforts de recherche notables.

La conséquence de ce processus serait une décroissance de certains types de consommation et par conséquent de certaines activités, ce qui déplaira fortement aux acteurs de ces secteurs.

Comme l'on constate de fortes collusions entre certains acteurs majeurs de l'économie et une large part de notre personnel politique, c'est probablement sous la pression de l'opinion publique que nous pourrions obtenir ce glissement vers un modèle économique et social plus viable dans la durée, à moins que des événements (politiques, ou climatiques par exemple) viennent bousculer de façon brusque nos habitudes et nous contraignent à abandonner certaines pratiques, à moins aussi que nous sachions renouveler nos politiques dans le "bon sens"...

Mais pour qu'elle puisse réagir il faut que l'opinion publique prenne la mesure des réalités actuelles et de l'avenir vers lequel elles nous conduisent : c'est la mesure des incohérences de nos différents discours, de nos modes de vie, c'est aussi la mesure de la non information sur certains enjeux ou même, souvent de la désinformation dont ils sont l'objet.

Ainsi il serait important de lever la confusion qui existe souvent entre "innovation" et "progrès".

Si certains innovent en organisant des vols spatiaux de loisirs, cela ne constitue probablement pas un "progrès" pour l'humanité.

De même il conviendrait de s'interroger sur certains "progrès de la mondialisation" comme celui qui consiste à importer quotidiennement, par avions gros porteurs, des chargement de fleurs coupées cultivées en Chine ou en Afrique vers l'aéroport de Vatry (Marne) : une sorte de progrès qui n'est pas irréprochable à tous points de vue.

L'aéroport de Vatry, vous connaissez?

Aujourd'hui, comme le rappelait récemment le président de la République, la France est un pays parmi les plus riches de la planète, et donc un pays capable de se procurer un certain nombre de ressources finies, un pays qui jouit par ailleurs d'un climat favorable à la production d'un grand nombre de richesses.

Changements climatique et émergence de pays comme la Chine, le Brésil et l'Inde dans la compétition internationale à des niveaux de technicité et de performances de plus en plus voisins des nôtres ne garantissent nullement que nous pourrons maintenir cette position : nous risquons de toutes façon de voir notre position sur la scène internationale évoluer vers un certain recul, qui aurait des conséquences pénibles.

Ce recul est déjà constaté dans un certain nombre de domaines, citons la recherche scientifique par exemple.

La raison, mais aussi la prudence, nous indiquent clairement que nous devons trouver des solutions originales pour modifier profondément nos façons d'agir : le domaine de prédilection de cette action se trouve dans le changement de notre mode de croissance, car il conditionne de très nombreux facteurs, et la révision de ce mode ce croissance implique de modifier en profondeur le mode de redistribution des richesses, croissance et redistribution se trouvant en interaction serrée.

Une croissance commune de tous, une croissance partagée, ne pourra exister que si nous modifions profondément les ressorts de la croissance, les bases sur lesquelles elle se développe.

Cette modification pourrait nécessiter des sacrifices mais elle provoquerait l'émergence d'une dynamique qui serait source de meilleurs équilibres, dans chaque pays et dans le monde.

Ces sacrifices se trouveraient donc largement compensés par un équilibre général de meilleure qualité et la diminution d'un certain nombre de risques.

Malheureusement il semble que des réflexions de cet ordre sont totalement absentes des programmes des prétendants à la présidentielle 2007.

Pourtant le Sénat se préoccupe de de ce type de question en des termes très clairs : "...il s'agit de déterminer comment l'homme pourra utiliser de mieux en mieux des ressources qui sont de plus en plus rares, tout en s'assurant que cet emploi soit aussi neutre que possible pour la préservation des équilibres de la biosphère.".

Les apports de la science et de la technologie au développement durable, Tome I : Changement climatique et transition énergétique : dépasser la crise

Plus loin : "Ces évènements devraient appeler notre attention sur les menaces qu'impliqueraient, pour notre système d'organisation sociale et économique, les changements climatiques, la raréfaction accélérée des ressources naturelles énergétiques utilisées pour l'industrie, les transports des hommes et des marchandises et le chauffage.

Toutefois, on note que ni les évènements climatiques, ni la hausse du prix des carburants n'ont, jusqu'ici, empêché la croissance mondiale de se poursuivre. Jusqu'ici mais jusqu'à quand ?

La faiblesse des réactions des acteurs décisionnels de la société face à ces événements apporte la preuve que des événements plus graves sont nécessaires pour infléchir les pratiques économiques et sociales à la hauteur des enjeux en cause.

Or, le temps presse.
".

Et encore : "Il faut opérer une synthèse rigoureuse de l'état actuel du modèle énergétique de la planète, développer une vision claire des enjeux réels et de leurs évolutions, ainsi qu'une compréhension des enjeux tant géopolitiques que techniques, ceci en tenant compte des volumes financiers et des durées qu'impliquent tout changement important dans le domaine des usages des énergies fossiles et dans la lutte contre les effets des dérèglements climatiques.".

En effet, et ce constat une fois posé nous conduira immanquablement à une modification profonde des critères de croissance que nous devrons alors appliquer.

A défaut de cela nous risquons de devoir affronter une facture salée : "Le manque de solidarité entre les pays qui luttent contre le changement climatique et ceux qui veulent en ignorer la menace deviendra un facteur de tension politique majeur et conduira à un éclatement des structures internationales.

Cette distorsion de concurrence deviendra insupportable même si les pays qui prendront de l'avance dans la lutte contre l'effet de serre seront à terme gagnants dans le secteur clé de l'innovation technologique.
".

Ainsi même si nous nous trouvions "à la pointe du progrès" dans certaines disciplines nous ne serions pas à l'abri de certains désagréments (un éclatement des structures internationales ne nous laisserait pas indemnes), mais nous disposerions d'atouts majeurs pour rebondir, ce qui n'est assurément pas le cas aujourd'hui...
Le blug de l'encéphalugomme molle n'est pas un blog vitaminé : ce n'est qu'un blug, un blog des bugs, des bugs de l'intelligence. Vous savez cette merveilleuse chose indéfinissable qui a permis à l'homme de devenir le maître incontesté de la nature... Ici vous trouverez peut-être de gentilles horreurs et des raisonnements tordus : prudence...
Il est encore temps de fuir !
? i n t e l l i b l u g
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