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mercredi 31 janvier 2007

Energies en France : si nous ne faisons rien, 80 centrales nucléaires de plus en 2055 ?

En me basant sur les données d'un document du ministère de l'industrie pour 2005 (L'énergie en France 2006) j'ai tenté de montrer dans Françaises, français, que voulez-vous donc ? Servi frais, ou bouillant ? que nous aurions à tous points de vue intérêt à entreprendre une grande rénovation du bâti existant, en particulier environ 17 millions de logements anciens, afin de faire connaître à notre société des progrès importants dans le domaine de l'énergie, de l'emploi...

Mais que se passera-t-il si nous ne faisons rien de plus que de continuer sur notre lancée actuelle, qui se résume à construire une nouvelle centrale nucléaire (EPR à Flamanville), 12000 MW de centrales thermiques à charbon ou à gaz avant 2012, à freiner le développement de l'éolien et de diverses autres formes de production de l'électricité ?

J'ai donc repris des chiffres donnés par ce document et j'ai extrapolé la tendance 2000 / 2005 pour la poursuivre jusqu'à 2055 (attention, l'échelle en abscisse n'est pas régulière, elle commence avec un écart de 5 ans suivi d'écarts de 10 ans).

Consommation finale d'électricité par secteur

Ici "R T" désigne le secteur "Résidentiel Tertiaire", et j'ai décomposé les sources d'électricité pour ce (seul) secteur.

Il y a eu décroissance entre 2000 et 2005 de la production ici désignée par "hydraulique" et qui prend en compte l'hydraulique, l'éolien et le photovoltaïque : j'ai réintroduit une légère croissance pour ce secteur.

La progression de notre consommation globale en électricité est constante, importante : au taux actuel elle aura plus ou moins doublé en 2055 pour ce secteur si nous conservons les mêmes comportements, les mêmes méthodes.

Si nous les conservons ou si nous les modifions peu : ce n'est pas une multiplication par 1,8 plutôt que par 2 qui entraînera une grande différence.

Et là il faut envisager les conditions prévisibles qui prévaudront dans les années à venir : prévoyons des étés plus secs et plus chauds, donc moins de capacités de refroidissement des centrales, un recours plus fréquent à la climatisation et une consommation estivale accrue, des hivers éventuellement plus chauds.

Un basculement des régimes de consommation été / hiver est donc à envisager, sans que l'on puisse éluder l'hypothèse de périodes hivernales très froides.

Quelles que soient les difficultés que nous causeront les changements du climat, nous constatons que notre production d'électricité par des centrales thermiques traditionnelles (charbon ou gaz) aura été multipliée par 5, quand au nucléaire il faudrait plus qu'en doubler le parc.

Nous disposons aujourd'hui de 59 centrales nucléaires en activité : il nous en faudrait environ 60 à 80 de plus !!!

Nous ne pouvons donc procéder par petits ajustements, petites initiatives, il nous faut un plan d'action énergétique qui enraye la tendance actuelle et l'inverse !!!

Il y a donc urgence à mettre en place des dispositions telles que le Scénario Négawatt !!!



dimanche 28 janvier 2007

Françaises, français, que voulez-vous donc ? Servi frais, ou bouillant ?



Vous le boirez jusqu'au fond du verre, alors ne vous trompez pas de formule !

Je doute que vous vouliez "de la droite" au seul motif que ce serait "de la droite", ou "de la gauche" pour l'unique plaisir d'avoir "de la gauche".

De toutes façons vous aurez un cocktail, avec une dominante forte, probablement, le camp majoritaire disposant de tous les pouvoirs, toutes les libertés ou presque du fait de sa majorité.

Le goût de votre boisson sera pour 5 ans celui du camp majoritaire : un panaché sans relief, sans épices pour une route toute tracée.

C'est notre, votre vie qui se joue, aujourd'hui plus que jamais et vous commencez peut-être à le comprendre.

Vous commencez à lire entre les lignes que vous servent ces prostituées intellectuelles que sont probablement la plupart des journalistes et petit à petit vous découvrez qu'on vous roule dans la farine.

Pour l'instant cette farine vous fait seulement éternuer, et vous avez éternué en choeur avec Nicolas Hulot : ce n'est pas suffisant !

Vous savez qu'une sale friture climatique commence à chauffer dans le poêlon, et le début trop doux, très anormalement doux de cet hiver vous fait peut-être pressentir des brûlures à venir.

Ce n'est pas aux premiers crépitements, quand la farine commencera à blondir sur votre peau, qu'il faudra songer à baisser le feu : vous ne quitterez pas la friteuse aux parois glissantes dans laquelle vous vous serez laissés plonger.

Ebrouez-vous, secouez-vous, que plus un grain de cette farine n'adhère à votre peau !

Bougez les lignes que l'on écrit pour vous, arrachez-les pour voir ce qu'il y a dessous, déchirez le papier, découvrez ce qu'il cache !

Oui, je vous vois venir...

"Encore une salade écolo... mais ce qui nous importe c'est l'emploi, notre pouvoir d'achat, nos retraites, notre sécurité... et ça, les écolos..."

Détrompez-vous, ce n'est pas une laitue fanée, insipide, que je vous servirai mais ce mélange d'une scarole bien ferme, d'une frisée fantasque, de mâche fraîchement cueillie relevé de roquette qui vous régalera et vous tiendra au corps !

A vous d'y inventer une sauce !

Emploi et pouvoir d'achat : quel gaspillage d'énergie(s) !!!

Contrairement à ce que l'on vous dit ce n'est pas une législation qui rendrait le travail plus "flexible" (et ce contrat de travail unique du type CNE que certains défendent ne fera qu'augmenter la précarité dans laquelle nous nous trouvons déjà tous plus ou moins) qui augmenterait le dynamisme de la France et la richesse de chacun, et des études sur la flexibilité nous montrent qu'elle n'est pas une condition d'amélioration de la situation économique et sociale (La fable de la flexibilité).

Focaliser les débats emploi / pouvoir d'achat sur la législation du travail est une perte de salive et d'énergie ET une escroquerie intellectuelle car une législation du travail le rendant plus flexible n'améliorera PAS le pouvoir d'achat moyen, et cette focalisation détourne l'attention, empêche de voir qu'il y a d'autres façons beaucoup plus intéressantes d'aborder cette problématique.

Nous avons "Besoin d'air" comme l'indique le "livre blanc" publié par le MEDEF, mais pas de cet air qu'il propose et nous mènera à l'étouffement social et économique en préservant les entreprises et les plus aisés.

Voyons donc dans une autre direction comment nous pourrions agir pour améliorer le taux d'emploi ET augmenter le pouvoir d'achat, tout en répondant à cette urgence qui est de limiter nos émissions de gaz à effet de serre et nous verrons que tout cela se marie fort bien !

J'utiliserai comme référence les données d'un document du ministère de l'industrie pour 2005 : L'énergie en France 2006.

Ce document nous montre les consommations finales de produits pétroliers par secteurs et l'on y voit la part du secteur "Résidentiel - Tertiaire", fort importante : l'essentiel de sa consommation est imputable au chauffage des locaux et de l'eau sanitaire et à la climatisation.

Consommation finale de produits pétroliers par secteur

Nous examinerons aussi la consommation finale d'électricité par secteur :

Consommation finale d'électricité par secteur

On distingue bien une croissance régulière de la part de l'électricité dans le secteur du "Résidentiel - Tertiaire", ce qui n'est pas sans poser de nombreux problèmes : notre consommation d'électricité est en limite de nos capacités de production dans certaines configurations météorologiques (grands froids hivernaux, grandes chaleurs / sécheresses restreignant les capacités hydrauliques et les capacités de refroidissement des centrales thermiques, nucléaires ou non).

Il est donc prévu la construction de 12000 MW de centrales à gaz ou au charbon en France d'ici 2012 : l'idéal pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre !

Voyons maintenant comment, dans le secteur "Résidentiel - Tertiaire", se répartissent les énergies :

Répartition des énergies
J'ai noté "Electricité fossile pour désigner l'électricité produite à partir d'énergies fossiles, bien sûr !!! ;-)
Les produits pétroliers tiennent encore une large place, la consommation de l'électricité ne fait que croître dans ce secteur.

On voit la part d'électricité issue de la combustion d'énergies fossiles (gaz, charbon, produits pétroliers), elle est aujourd'hui voisine de 14% de la production totale d'électricité et on ne prévoit pas que le volume d'énergies fossiles consacré à cette production amorce bientôt une décroissance.

Que nous coûtent ces importations ?

Coût des importations d'énergies fossiles

Sur ce graphique la part d'électricité d'origine fossile utilisée par le secteur "Résidentiel - Tertiaire" n'est pas représentée.

Ces coûts sont en euros courants et donc fortement influencés par le prix d'un pétrole que l'on sait fluctuant, et dont on a de bonnes raisons de penser qu'il ira cahin caha croissant au fil des ans.

Relions maintenant ces dépenses énergétiques du secteur "Résidentiel - Tertiaire" à la nécessité de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre : cette diminution, dans ce secteur, s'obtiendrait par une reconversion du bâti existant à la passivité énergétique.

Une tâche de très grande ampleur, qu'il ne sera pas possible de mener à bien du premier coup sur n'importe quel édifice : il y aura des limitations techniques et économiques de divers ordres, dans un premier temps.

Ce qui ne sera pas possible aujourd'hui pourra le devenir demain : la généralisation de l'utilisation de certain équipements aujourd'hui produits en petites séries entraînera une chute des prix, certains progrès scientifiques et techniques en cours (comme par exemple ces revêtements minces applicables comme une peinture, à transition de phase et qui agissent comme des isolants) ou à venir.

Si l'on voulait s'attaquer à cette réhabilitation énergétique du bâti il faudrait donc choisir des priorités en fonction d'un compromis "consommation actuelle / rentabilité économique d'une transformation en fonction des savoir faire actuels" et choisir de modifier les bâtiments pour lesquels nous obtiendrions le compromis le plus favorable, pour parvenir à ceci :

Répartition des énergies dans l'avenir

Ce graphique montre la décroissance vers 0 en 2055 de la consommation de gaz et de produits pétroliers ainsi qu'une très forte diminution de l'électricité (part chauffage / climatisation / eau chaude sanitaire / éclairage) pour le secteur "Résidentiel - Tertiaire".

On entreprendrait donc de convertir à la passivité énergétique l'ensemble du bâti, l'électricité restant utilisée pour l'éclairage et par le secteur tertiaire dans ses différentes activités et ne décroissant donc pas vers 0 en 2055.

Un éclairage qui devra faire appel à des systèmes à très basse consommation : il est temps de bannir les lampes à incandescence et d'interdire certaines illuminations nocturnes, comme celles de zones commerciales ou industrielles lorsqu'elles sont désertes.

Aux prix de l'énergie en 2005, nous économiserions chaque année environ 8 milliards d'euros d'une énergie que nous n'importerions plus, et l'on peut penser que cette économie pourrait être beaucoup plus élevée si le prix des énergies fossiles augmentait en fonction de leur raréfaction.

Mais il se pourrait que le fameux "Peak Oil" (et le renchérissement concomitant du prix du pétrole, et de toutes les énergies) soit différé par la découverte de nouveaux gisements de gaz et de pétrole dans des régions encore inexplorées mais désormais libres de glace : la fonte de la banquise arctique va probablement donner lieu à des explorations et des découvertes de gisements.

Certes il faut considérer cette hypothèse mais dans ce cas nos émissions de gaz à effet de serre ne diminueront pas et nous augmenterons effet de serre et réchauffement global du climat avec les inconvénients que l'on commence à mesurer...

A quoi correspondra cette conversion du bâti ?

A un énorme chantier qui aura pour objectif de modifier chaque année pendant 50 ans plus ou moins 2 à 3% du parc immobilier, et ce pourcentage sera difficile à établir a priori car les modifications effectuées dans les premières années auront besoin avant que s'écoulent 50 ans d'être ravalées (isolation thermique par l'extérieur afin de profiter de l'inertie thermique des parois), reprises, modifiées...

Cette modification créée un nouveau marché, ou plus exactement donne un potentiel très fort à un tout petit marché en développement assez lent en France, qui n'est pas le marché du chauffage ou celui du ravalement, de l'isolation... traditionnel.

Convertir à la passivité énergétique 400 à 600 000 logements, bureaux, usines... par an représente donc un énorme marché, un énorme gisement d'emplois, l'occasion de former des dizaines de milliers de personnes chaque année.

Individuellement les bénéficiaires de ces locaux passifs verront leur facture de chauffage réduite à peu près à néant : cela vient donc alimenter leur pouvoir d'achat.

Vue sous un angle plus général l'opération permet une réduction progressive du taux de chômage avec la création de plus ou moins 100 000 nouveaux emplois par an, des emplois à plein temps non délocalisables (à moins que l'on invente une solution qui permettrait d'emmener votre pavillon de banlieue à l'autre bout du monde pour le transformer en employant de la main d'oeuvre à bon marché, et vous le ramener ensuite ?).

Elle génère une économie substantielle et croissante d'achats extérieurs : la part de richesse que nous y consacrons devient pour une large part une ressource pour l'économie interne plutôt qu'une évasion de richesses, ressource qui participera, comme l'ensemble de cette activité de réhabilitation, à financer les différentes caisses sociales.

Nous avons récemment vu que l'état français avait consacré 65 milliards d'euros en aide aux entreprises, sans exiger de contreparties.

Une part de cette somme pourrait avantageusement être affectée à cette transformation du bâti, et des solutions de financement peuvent être mises en place afin de remplacer l'actuel crédit d'impôts sur l'installation de panneaux solaires et autres systèmes.

Par exemple Corinne Lepage propose :

Créer un fonds qui serait alimenté par une taxe spéciale sur les bénéfices des sociétés pétrolières et qui serait destiné à permettre l'allocation de prêts à taux 0 pour permettre les économies d'énergie dans l'habitat ancien ou le recours aux meilleures techniques dans l'habitat nouveau.


en page 192 de son New Deal Ecologique Ecoresp2.

Nous voyons donc qu'il est envisageable de mobiliser énergies et intelligences afin que TOUS puissent bénéficier de progrès très significatifs dans le domaine de l'emploi, avec la création de très nombreux emplois stables qui s'accommoderaient très bien du CDI sous sa forme actuelle, progrès tout aussi significatifs du point de vue du pouvoir d'achat pour ceux qui voudraient et pourraient profiter de cette dynamique, c'est à dire un très grand nombre de propriétaire et de locataires.

Nous profiterions TOUS de l'allègement progressif du déficit extérieur de la France (qu'il faut bien payer) par l'allègement de la facture pétrolière et gazière.

Mais cette dynamique serait également une bonne occasion de se pencher sur notre boulimie pétrolière en matière de transports, liée à la fois à l'urbanisme, aux modes de transports, aux trajets quotidiens de la plupart d'entre nous.

Que se passera-t-il si nous ne procédons pas à cette transformation volontaire et massive du bâti ?

En se basant sur le taux d'évolution des diverses consommations constaté entre 2000 et 2005, si ce taux était réduit de moitié nous obtiendrions ceci :

Progression à 50% du taux 2000/2005

Notre utilisation de produits pétroliers aurait lentement diminué au profit du gaz mais surtout de l'électricité dont la consommation aurait presque doublé en 2055 (multiplication par 1,9) : comment fournir cette énergie ?

En appliquant le taux annuel constaté constaté entre 2000 et 2005 nous arrivons à ce graphique :

Progression à 100% du taux 2000/2005

Notre consommation en électricité pour le secteur "Résidentiel - Tertiaire" est multipliée par 2,2, tandis que les produits pétroliers décroissent et sont abandonnés vers 2040, mais attention : il s'agit ici des produits utilisés directement pour le chauffage, et nous ne savons pas comment aura évolué le parc de production d'électricité.

Envisageons qu'il fera plus largement appel au thermique classique qu'aujourd'hui si l'on découvre de riches gisements dans l'Arctique dégelé.

Vous penserez que la technique nous permettra "bientôt" de brûler gaz et pétrole sans émettre de gaz à effet de serre puisque nous saurons piéger le CO2 à la sortie des centrales et le réinjecter dans le sous-sol ou au fond des océans.

Oui, peut-être, mais ces technologies demeurent aujourd'hui à l'état d'hypothèses ou d'expérimentations, et nous ignorons tout du coût de ce type de traitement, s'il est réellement possible.

Faut-il que nous souhaitions consommer de plus en plus et de plus en plus cher, ce qui amputera notre pouvoir d'achat, ou bien devons-nous tenter de consommer moins et de profiter du pouvoir d'achat supplémentaire que cela libère pour d'autres postes ?

Sans compter que la construction de nouvelles centrales, avec ou sans captation du CO2, ne permettra pas de créer le dynamisme économique et social que l'on obtiendra en lançant ce grand chantier de modification du bâti existant.

L'essentiel de l'investissement consacré à de nouveaux équipements de production d'électricité profitera d'abord et avant tout aux actionnaires des sociétés impliquées dans la construction et la production, tandis que l'essentiel de l'investissement nécessaire à la rénovation du bâti sera beaucoup plus largement réparti entre les entreprises, leurs employés et les utilisateurs.

Cela, certains candidats ne vous le disent pas, lui par exemple : SARKOZY Ier, trois mètres de haut, au QG de campagne rue d’Enghien. (visiter ce lien pour une photo grand format).

Mais dans quel monde mental vit Nicolas Sarkozy ?

Photographie (sans trucage !) : Natacha QS

Alors que préférez-vous maintenant, la laitue fanée du Medef que Nicolas Sarkozy est prêt à nous servir ou ma salade fraîche, qui nous revigorerait tous ?

Préférez-vous les coups de trique qu'il nous prépare ou du travail, en masse, solide, dynamisant et qui devrait nous apparaître comme indispensable ?

C'est à vous de le dire, vous tous qui avez des mots à mettre sur les choses et les idées, des paroles à dire pendant cette campagne présidentielle, des textes à écrire sur vos blogs...

Et au moment du vote, le dire dans l'urne.

mardi 16 janvier 2007

Eviter une catastrophe de santé publique : Novartis attaque la loi indienne, pétition MSF, boycott ?

L'entreprise
...enregistre une croissance dynamique de son chiffre d’affaires et de son bénéfice au cours des neuf premiers mois de 2006, et vise des résultats records pour cette année.


A voir ici : Novartis

Des résultats qu'elle pourrait bien améliorer sur le dos, ou plutôt sur la vie, de dizaines de milliers de malades du Sida et autres pathologies dans le monde.

En effet elle attaque la législation indienne sur les brevets dans le but d'interdire la production de médicaments génériques.

Médecins Sans Frontières lance une pétition pour que Novartis abandonne ce procès.

Pour en savoir plus et, peut-être, signer cette pétition : MSF

Peut-on, doit-on, envisager un boycott de Novartis, et comment ?

samedi 13 janvier 2007

Une "union cordiale de l'écologie politique" ne suffit pas, seul un programme / scénario changerait la donne de l'écologie politique

Face à l'éclatement des "écolo traditionnels", à la multiplicité et à la diversité des candidatures des "tenants de l'écologie" (Nicolas Hulot, Corinne Lepage, Dominique Voynet...), face à cette quasi certitude qu'à l'heure actuelle aucun de ces candidats n'a de chances de parvenir à se hisser au second tour de la présidentielle et face à la nécessité impérieuse que notre société prenne ce virage qui lui permettrait d'affronter efficacement les défis environnementaux, économiques et sociaux qui lui sont opposés, une "initiative citoyenne" vient d'être lancée sur des blogs, reproduite ci-dessous.

Pour une union cordiale de l'écologie politique - N.Hulot - C.Lepage D. Voynet.

Non à une candidature solitaire de N. Hulot


Les présidentielles de 2007 sont une chance unique de faire ENFIN émerger une politique écologiste sur le plan national. Cette opportunité ne se représentera pas demain.

L'heure est au rassemblement car c'est bien la Terre qui va mal et notre avenir qui est en question.

Crédité de 11 % des voix, Nicolas Hulot, s'il se présentait, ne serait de toute manière pas élu. Dominique Voynet ou Corinne Lepage ne seront, bien entendu, pas plus élues que lui. Mais la candidature Hulot anéantirait en profondeur les deux partis de l'écologie politique en France, privant ces derniers des capacités qu'ils utilisent depuis toujours pour agir, politiquement, sur le terrain. Nous ne pouvons nous permettre ce luxe.

Mais nous ne pouvons pas non plus nous permettre de rater la tribune.

Dans quelques années, nos enfants nous demanderont pourquoi ces idées ont mis tant de temps pour être réalisées...

Il est temps que les choses avancent.

C'est pourquoi nous demandons à Nicolas Hulot, Corinne Lepage et Dominique Voynet de se rapprocher. Sans remettre en cause leur indépendance et leurs différences.

Comme d'autres partis ont su le faire pour faire avancer leurs idées communes et les mener au pouvoir, sans remettre en cause leur indépendance et leurs différences.

Il y va de notre avenir à tous.


Ces blogs sont :

Eco Echos

Ecolo du jour

Met@llaH blOg d'un jeune vert de Limoges

Une autre initiative "rapprocherait" François Bayrou, Dominique Voynet et Corinne Lepage.

"Se rapprocher" ?

Mais quels pourrait être le résultat de ce rapprochement ?

A quel type de dynamique serait-il susceptible de donner lieu ?

Une tractation sur celle ou celui des trois qui aurait le plus de chances d'obtenir un score élevé au premier tour ?

La refonte des trois "programmes" en une plateforme commune qui s'inspirerait des propositions de chacun en des termes plus ou moins voisins ?

Parlons donc des programmes...

On lira dans la présentation du Pacte écologique de Nicolas Hulot :

En chinois, le mot "crise" est représenté par deux idéogrammes : le danger et l'opportunité. Le Pacte écologique est une chance unique d'engager une profonde mutation de nos sociétés.


Après un bref rappel de divers constats on lit dans la "Lettre ouverte au futur président de la république" :

Nous devons impérativement opérer une évolution en profondeur vers d'autres façons de produire, de travailler, de consommer, de se nourrir, de se loger, de se déplacer, de se chauffer...


Viennent 10 objectifs et 5 propositions rédigés sour la forme du "il faut" : "renforcer", "revoir", redistribuer, "instaurer", "mettre en place"...

Même type d'écriture dans le programme des "Verts" Changeons le monde, et je noterai au passage que les Verts ont bien des progrès à faire dans la mise en page d'un tel texte disposé en colonnes très étroites en petits caractères (d'une police qui n'est pas la plus lisible qu'on puisse trouver) qui font de sa lecture à l'écran un exercice très fatigant...

De la part de Corinne Lepage je retiendrai un document qui n'est pas son "programme" pour la présidentielle mais se trouve proche par la nature de son contenu des deux textes cités ci-dessus, à l'exception du fait qu'il n'utilise pas le même procédé d'écriture : c'est ce "New deal écologique" nommé Ecoresp que l'on pourra télécharger moyennant 5 euros (un document très bien écrit et présenté, d'une lecture facile à tous points de vue et enrichissante).

Il mêle des constats, plutôt bien étoffés, des exemples de solutions, des réflexions et des perspectives, en évaluant par exemple le nombre de créations d'emplois possibles à 273 000 d'ici 2010 si l'on entreprenait dès maintenant certains réajustements.

Par le biais de ces considérations typographiques et de présentation j'aborderai la question de la "lisibilité" de l'écologie politique et de son "accessibilité".

Que voit-on le plus généralement ?

Des constats que l'on estimera plus ou moins alarmants et des propositions de changement qui remettent en cause un grand nombre de nos pratiques, remises en cause qui se justifient en général parfaitement mais ne peuvent qu'inquiéter : elles bouleverseront nos modes de vie.

Quelle sera l'ampleur de ces bouleversements, leur calendrier, que devons-nous en attendre ?

Si l'on parcourt différents blogs et forums de discussion on constate la récurrence d'un certain type de question et d'objection : "qu'avons-nous à y gagner" et "combien cela coûtera-t-il" avec en général l'idée que les plus aisés seront moins affectés par les changements à opérer.

On peut donc penser que cette "lisibilité" de l'écologie politique se résume souvent à la conclusion d'un coût supplémentaire auquel tout le monde sera soumis, qui sera susceptible d'accroître les distances sociales et procurera des bénéfices qui ne se traduiront pas dans une amélioration de notre quotidien immédiat.

S'il est possible que chacun accède à l'idée que nous vivons sur un mode qui met en danger nos milieux et équilibres de vie, il sera difficile dans ces condition que chacun parvienne à se convaincre, jusqu'à le voter, de consentir à des "sacrifices" qui pourraient dépasser les moyens dont dispose une bonne partie de la population.

Ainsi cette idée débattue ici et là de taxer progressivement les énergies fossiles, et donc les carburants automobiles, ce qui pénaliserait les petits revenus lorsque l'utilisation d'un véhicule est indispensable pour certains déplacements auxquels on se trouve contraint.

Il en résulte que l'écologie politique présentée de cette façon est un objectif inaccessible pour la plupart, auquel on ne souscrira pas car il conduirait à se rendre volontairement la vie plus difficile.

Or dans "écologie politique" il y a "politique" et ce mot désigne un champ très vaste dans lequel on trouvera l'économie, le social...

Il me semble indispensable que cette "écologie politique" soit présentée sans que soit négligée une seule de ses dimensions, et cela de façon très claire, en répondant de façon nette à cette question d'éventuels "sacrifices" à consentir, et cela pour chaque couche de la population, chaque secteur d'activité.

Qu'elle ait une lisibilité non seulement écologique mais aussi économique et sociale.

Cela nécessite d'opérer une transition des programmes d'intentions ("il faut" : "renforcer", "revoir", redistribuer, "instaurer", "mettre en place"...) à des programmes de scénarios.

Des scénarios qui décriraient les processus de ces nécessaires changements en présentant leurs impacts économique et sociaux sous forme chiffrée.

Et je reprendrai cette figuration chinoise du mot "crise" qui allie danger et opportunité : l'écologie politique, au travers de la plupart des programmes, nous présente le premier idéogramme en détail et l'intention d'écrire peut-être le second, nul ne le sait...

C'est sur ce second idéogramme que l'écologie politique pourrait construire sa force, une force qui pourrait la conduire à de meilleurs scores à la présidentielle si elle parvenait à établir que les changements nécessaires ne peuvent se concevoir en un grand sacrifice commun mais au contraire nous offrent l'occasion de nous lancer dans des processus d'un grand dynamisme, qui profiteraient à tous, rapidement et durablement.

Sur ce plan différentes études montrent que l'ampleur et le nombre des chantiers à ouvrir pourraient nous conduire à un net sursaut économique (vu sous l'angle d'une croissance du PIB) avec des impacts positifs multiples sur l'emploi, l'abondement des différentes caisses sociales (chômage, retraites, sécurité sociale...), la balance du commerce extérieur (par baisse régulière des importations d'énergie...).

En effet le réaménagement de notre pays à l'économie d'énergie et la modification d'un certain nombre de nos habitudes seront sources de richesses qui pourraient être assez équitablement distribuées, et le démontrer pourrait réduire à néant cette idée de "sacrifices" consentis à l'environnement ou à l'écologie.

Sous quel angle ces rapprochements entre François Bayrou, Nicolas Hulot, Corinne Lepage et Dominique Voynet pourraient-ils porter les meilleurs fruits ?

Sous celui de cette mutation des programmes de l'intention vers le scénario qui porterait l'écologie à sa plénitude politique : voilà probablement une tâche à laquelle ils devraient s'attaquer.

Cela nous permettrait peut-être de sortir d'une campagne de formules qui réduit dramatiquement le sens et la portée des discours (mais peut révéler d'inquiétantes proximités : Axe du mal et parler vrai), de désamorcer certains propos aux effets diviseurs (riches contre pauvres, courageux contre paresseux...).

Et l'on peut penser qu'un dynamisme nouveau nous est absolument nécessaire pour affronter l'avenir, un dynamisme qui serait peut-être susceptible de nous rapprocher au delà des "tendances" et nous conduire à être plus nombreux à penser que nous partageons le même destin.

Un destin commun qui est déjà malmené par diverses pollutions, la perte mondiale de biodiversité... et risque de l'être encore plus demain.

Ne négligeons donc rien pour mettre en oeuvre ce dynamisme et, comme l'écrit Corinne Lepage : "Osons ce que nous voulons" !!!


vendredi 5 janvier 2007

Présidentielles : ces candidats qui nous feront la p'eau... l'écologie est-elle un gadget ?

Ah ce "pacte" de Nicolas Hulot qui nous ferait croire que tous nos politiques ou presque sont des "écologiste" dans l'âme depuis un bon moment...

Ah ces soudaines promesses que, cette fois...

Et ceci de la part de ceux qui nous dirigent ou nous ont dirigés depuis un bon moment et, de ce fait, nous conduisent inexorablement vers des moments difficiles.

Prenons donc un exemple des difficultés que nous rencontrons, dont visiblement une grande partie de la population ne semble pas vraiment se soucier, ou se soucie avec suffisamment de modération pour que cela n'ait aucun impact sur les décisions prises : l'eau, son degré élevé de pollution, son prix.

Combien de "lois sur l'eau" ces dernières années ?

Des eaux dans lesquelles se retrouvent à peu près tout ce que l'on peut imaginer comme déchets et je n'en répéterai pas l'inventaire, vous le trouverez en lisant : En revenant 15 à 20 ans en arrière on peut identifier les pratiques, bien réelles cette fois, à l’origine d’une pollution sans cesse croissante des ressources en eau.

La lecture de ce blog est très intéressante !

Mais illustrons un peu, afin de mieux appréhender ces questions, et voyons du côté des nitrates agricoles.

Teneur en nitrates des eaux de surface

Voici l'évolution de la teneur en nitrates des eaux de surface en France de 1971 à 2003, graphe que vous trouverez sous une autre forme dans ce document de l'IFEN : IFEN Synthèse 2006 (page 18, en pdf).

En vert, les eaux dont la qualité peut être considérée comme "bonne" à "très bonne".

On voit que leur proportion s'est réduite de 91% en 1971 à environ 48% en 2003, dans un glissement assez régulier, avec une nette augmentation des eaux contenant plus de 25 mg/l de NO3.

Si l'on est tenté de se réjouir en consultant les chiffres de l'Unifa (qui représente les industrie du secteur de la chimie) sur L'évolution des livraisons de fertilisants minéraux de N, P2O5, K2O, qui semblent montrer une baisse des livraisons de nitrates, revoyons cette courbe sous un autre angle.

Livraisons de nitrates en milliers de tonnes

En recalant la courbe par rapport à zéro on a une vision différente de l'évolution, la baisse des livraisons devient moins "impressionnante" mais il faut rapporter cette courbe à une autre, que nous délivre également l'Unifa : Evolution des doses moyennes de N, P2O5, K2O en kg/ha fertilisable depuis plus de 30 ans (pdf).

En page 2 nous avons cette évolution globale pour la France : celle des livraisons de nitrates rapportées à l'hectare de surface fertilisable.

Livraisons de nitrates par hectare

De 57 kg/ha en 1971 nous sommes passés à 90 kg/ha en 2004/2005 : le fait que le volume total de livraisons ait légèrement diminué a donc dû correspondre à une diminution des surfaces enrichies en nitrates.

Par contre on peut se demander ce qui justifie ce presque doublement de l'apport par hectare : nos terres seraient-elles à ce point en voie de stérilisation qu'il faudrait leur apporter de plus en plus de ces substances indispensables à la croissance des plantes, au point que l'on pourrait presque qualifier ces terres de "sols artificiels", et morts ?

Car en milieu naturel les sols "vivent", évoluent, se renouvellent, c'est ce que l'on appelle la pédogenèse, phénomène qui ne peut exister qu'en présence de micro-organismes, végétaux et animaux et qui permet la transformation de la roche-mère en un sol (L'avenir des vers de terre est dans le pré).

Cette pédogenèse fait jouer différents phénomènes et notamment des transferts verticaux de matière (notamment par l'action des lombrics et de très nombreux micro-organismes) qui favorisent à la fois la bonne décomposition des végétaux morts et l'apport aux couches superficielles de minéraux issus de la roche : on comprend que si les organismes vivants ont été plus ou moins complètement éliminés des sols il leur sera impossible de s'auto régénérer.

Il sera intéressant de consulter à ce propos les liens de la rubrique "Fertilisation" sur la page Agriculture biologique ? Incontournable à terme ! et revenons aux nitrates...

La mise en culture des agrocarburants risque fort de faire grimper les ventes de nitrates (et autres engrais) dans les années à venir, et c'est probablement ce que l'on peut déjà constater dans le domaine des produits phytopharmaceutiques.

On trouvera sur le site de l'UIPP , Tonnage de substances actives vendues en France une courbe qui ressemble à celle-ci :

Tonnage de substances actives vendues en France

On serait rassuré de découvrir que ces ventes ont diminué de façon importante entre 1999 et 2003, passant de plus de 120 000 tonnes à moins de 75 000 tonnes, mais on constate qu'elles remontent depuis cette date.

La campagne 2004/2005 a connu une hausse de 5,4 % (pour se situer à 1,867 milliard d’euros) sur le marché des produits phytopharmaceutiques, avec une stabilité sur les herbicides, une hausse de 10% sur les fongicides liée à l'augmentation des surfaces consacrées au colza en 2005 (et l'on peut voir là l'influence du développement des biocarburants) et une hausse de 2,7 % sur les insecticides, ce qui doit nous réjouir à l'heure où il semble que certaines populations d'insectes sont en fort déclin...

On y apprend aussi que la campagne 2005/2006 a été marquée par une baisse générale : OUF !

Cette baisse pourrait être imputable à "des pressions économiques et administratives très pénalisantes" et des difficultés économiques, notamment chez les viticulteurs.

Mais on apprend aussi que le revenu moyen des agriculteurs a augmenté : Hausse de 15% du revenu agricole en 2006, grâce aux prix mondiaux.

On peut en déduire que disposant de plus de liquidités les agriculteurs se montreront peut-être plus généreux vis à vis de l'industrie des produits phytopharmaceutiques pour la campagne 2006/2007, produits qui font si bien grimper nos factures d'eau par traitements de dépollution interposés...

L'augmentation programmée des surfaces consacrées aux biocarburants "à la française" doit nous faire craindre une forte reprise des ventes de produits phytopharmaceutiques, et le choix des espèces retenues (blé, betterave, colza et maïs) est de plus en plus critiqué : La Confédération paysanne interpelle le gouvernement sur ses choix en matière de développement des agro-carburants.

Ainsi l'Ifen envisage que "
les cultures aux fins de biocarburants pourraient atteindre 1,5 à 2 millions d'hectares en 2010. Elles seraient
alors plus de 5 fois celles de 2004 et s'étendraient durablement en dehors des jachères.
" (L'intérêt des biocarburants pour l'environnement).

Or on a constaté en 2004 une augmentation des ventes de 5% sur les produits phytopharmaceutiques : attendons-nous à ce que ce taux de croissance des ventes soit proportionnel à la croissance des surfaces cultivées pour les agrocarburants, ce qui provoquera un bond assez considérable...

J'ai placé sur ce graphique une zone à 40% du tonnage vendu qui illustre ce à quoi nous aurions pu arriver à l'exemple de ce qu'ont fait différents pays (Norvège, Suède, Danemark...) sans réduction du revenu des agriculteurs (Pesticides dans l’Union européenne).

Réduire fortement l'utilisation de produits phytopharmaceutiques

C'est une nécessité et l'on voit que la tendance risque de s'inscrire à la hausse.

Certes une taxe, la TGAP (Taxe générale sur les activités polluantes), existe, mais elle est très contestée en ne semble pas avoir d'effets notables notamment du fait qu'elle n'est pas payée directement par les agriculteurs.

Pourtant nous avons vu que tant par les nitrates que par les produits phytopharmaceutiques nos eaux sont gravement polluées et le resteront longtemps.

Je n'ai pas publié ici de graphique sur la pollution des eaux souterraines par les produits phytopharmaceutiques : il faut savoir que cette pollution se manifeste avec un retard de plusieurs années, jusqu'à 10 ou 15 ans peut-être, qui est le temps de percolation des polluants dans les sols pour qu'ils atteignent les nappes phréatiques.

Cela signifie que les tonnages record de produits phytopharmaceutiques de 1999 n'ont peut-être pas atteint ces nappes dans un certain nombre de régions.

La particulier paye la quasi totalité de la facture

Il la paye par le prix de l'eau et par différents types de problèmes de santé.
L'incidence des cancers gastriques dans le Finistère est deux fois plus élevée qu'à l'échelon national. Cette région est par ailleurs caractérisée par les concentrations élevées de nitrates retrouvées notamment dans l'eau de boisson.

Géopolitique et guerre de l'eau - France.
Les pesticides responsables de cancers selon une nouvelle étude britannique

Mais soyons bien conscients que les problèmes liés à l'eau ne peuvent dans l'état actuel des choses que s'amplifier car nous n'avons aucune politique qui permette de résoudre ceux que nous connaissons actuellement, dont nous avons vu qu'ils pourraient s'aggraver du fait de l'intensification des cultures.

Cela ne doit pas nous faire oublier que d'autres causes d'aggravation peuvent exister et les météorologues britanniques nous prédisent une année 2007 avec de nouveaux records de chaleur : Réchauffement climatique : les températures pourraient battre des records en 2007.

Qu'en sera-t-il du point de vue des précipitations ?

Devons-nous nous attendre à une aridité sans précédent ?

Changer d'agriculture

Réduire la vulnérabilité de l’agriculture à un risque accru de manque d'eau (pdf), telle est le titre de cette étude commanditée par le ministre de l’Agriculture et de la Pêche à l'INRA et parue le 19 octobre 2006.

Notre indépendance alimentaire pourrait être remise en cause par le réchauffement climatique, notre santé l'est pas la qualité déplorable de nos eaux...

On le voit des changements sont indispensables, ils portent sur des sujets absolument vitaux.

Et j'en reviens à ces "pactes", "programmes", "promesses électorales" : comment y sont abordées ces questions d'une grande gravité ?

Quels types de relations entre candidats, électeurs et agriculteurs pourront s'établir afin que chacun devienne conscient qu'il y a là des enjeux d'une importance capitale pour notre avenir ?

Aurons-nous des débats directs, clairs sur ces thèmes ou passeront-ils à la trape d'un discours très dilué sur une "écologie de principe" qui se transformerait dans les faits à cette "écologie de parole" qui a si bien caractérisé les quinquennats de notre actuel président, qui consiste à ne faire que le minimum inévitable (et autant que possible à reculons) ?

Quelqu'un, dans notre personnel politique, se décidera-t-il enfin à admettre que la question "L'agriculture biologique peut-elle nous nourrir tous ?" a reçu diverses réponses positives ?

Et à agir en conséquence ?

Un exemple sur les questions de rentabilité : La production intégrée de blé plus rentable que l'agriculture raisonnée !.

lundi 1 janvier 2007

Une année 2007 que je vous souhaite excellente, mais elle sera dure et se profile comme un gâchis de plus !



Tout d'abord n'oubliez pas d'inspecter de près ce qui se produira du côté du marché de l'énergie, et de l'électricité en particulier : La dérégulation fait exploser les prix de l'électricité

Ouverture du marché de l'électricité : une fausse concurrence ?

Marché de l'énergie : Le pire est à craindre

Après la surprise que nous réservera peut-être l'élection présidentielle (nous verrons pourquoi ce sera de toutes façons une mauvaise surprise, à moins que... ?) viendra donc celle de nouveaux tarifs dont on imagine mal qu'ils baisseront.

Nous devrons donc adresser à nos élus un double remerciement, pour avoir fait en sorte d'augmenter les difficultés de chacun au nom de la "libre concurrence" sans avoir fait le nécessaire, et même l'indispensable, pour que notre société devienne durablement plus vivable.

Car un groupe de personnes qu'il sera difficile de qualifier d'ignorantes ou d'obtuses nous dit ceci :
Nous pensons que si rien n'est fait au cours des 10 prochaines années les éco-systèmes seront en cessation de paiement, pour reprendre un vocabulaire qui semble être le seul compris et utilisé.
L'économisme ambiant porte une vision purement financière sur nos activités. Il n'offre qu'une vision pessimiste en gérant la planète comme si elle était en liquidation. En outre, cette vision est fausse puisqu'elle repose sur la croyance en une croissance infinie dans un monde fini. Cette vision comptable de la réalité n'intègre à aucun moment une dimension sociale ou environnementale dans ses choix dont notre santé et notre avenir dépendent pourtant.


Ces personnes sont :

  • Ingénieur en Génie des systèmes industriels en études environnementales . Membre de la Société Internationale d'Ecologie Industrielle
  • Ingénieur de l'école de Géologie de Nancy. Président du Club ADEME international, du Plan export des éco-entreprises et du Comité de liaison des opérateurs privés à France coopération internationale (Ministère des Affaires étrangères). Membre du Comité de l'Exportation (Ministère du Commerce extérieur) et de la Mission d'étude des outils économiques du développement durable (MINEFI-MEDD)
  • Responsable des questions environnementales au sein d'une grande banque française. Ingénieur agronome. En charge des questions d'économie agricole pendant 10 ans dans des organisations professionnelles et pour l'administration
  • Juriste, doctorant en droit de l'environnement, thèsard sur l'articulation
    entre le droit de l'environnement et les droits fondamentaux
  • Directeur associé d'un cabinet conseil en éco-activités et éco-filières, Diplômé de l’UCSD. Expérience dans la viticulture et l'aquaculture
  • Consultant en Habitat Écologique et Santé de l'Habitat
  • Ingénieur en Agriculture de l'ISAB, diplômé MsC en science des systèmes de la terre et mastère spécialisé en Ingénierie et Gestion de l'Environnement
  • Diplômé de l'École Centrale de Paris et de l'Institut des Actuaires de France. Ancien Auditeur du Collège des Hautes Études de l'Environnement et du Développement Durable. Formateur à l’École Centrale de Paris et à HEC
  • Juriste (Paris I) spécialisée en droit de la
    santé. DEA Éthique et santé publique, diplôme en health risk management. Membre du comité de pilotage de la gestion des risques hospitaliers – Île de France. Membre de la conférence nationale de santé publique.
  • Journaliste scientifique. Diplômée en physique atomique. Spécialiste de la recherche dans le champ de l'information, et de la protection de l'homme et de l'environnement
  • Responsable développement durable d'une mutuelle d’assurances. Ingénieur. Manager et opérationnel dans des sociétés du secteur des télécommunications puis auditeur au sein d'une agence de
    notation extra financière.
  • Diplomé DESS Banques et Finances, MBA. Plus de 19 ans d'expérience sur les marchés financiers. Gestionnaire
    de fonds...
  • Expert sur la question du climat et de son traitement par le système de marché de permis d'émission. Diplômé de l'IEP de Lyon, de Paris I en Mastère Economie de l'environnement et membre de la European Society for Environmental History. Spécialiste de l'histoire du Club de Rome
  • Directrice associée d'un cabinet de conseil en éco-activités et éco-filières. Elue locale. Sociologie et IAE, spécialiste du management et de la structuration des nouvelles éco-filières


Ce petit inventaire peut nous permettre de penser que ces personnes valent bien l'équipe de campagne de n'importe quel candidat, et que les considérations qu'elles pourraient nous livrer pourrait avoir beaucoup plus de consistance que ces discours "de campagne" dont on nous abreuvera pendant des mois encore.

Des discours "de campagne" d'où, pourtant, la dimension sociale et la dimension environnementale ne sont pas absentes, c'est ce que l'on aura noté avec par exemple l'irruption de Nicolas Hulot sur la scène politique, ou la très saine agitation créée par "Les enfants de Don Quichotte" autour de la question des SDF.

Mais il n'a jamais suffi d'inscrire quelque principe dans une constitution, ou quelques mesures dans les tables de la loi, pour qu'une question soit embrassée dans sa totalité, dans toute son ampleur, résolue à tous points de vue et tout dépendra à la fois de l'angle de vision avec lequel on observera la scène, de la profondeur de l'analyse que l'on effectuera, de la quantité de paramètres que l'on jugera décisifs pour effectuer cette analyse.

Verticale contre transversale

On peut systématiquement adresser un reproche aux discours "de campagne", mais aussi à bien des "programmes de gouvernement" (dont certains ne nous ont d'ailleurs pas encore été présentés : comment alors se prononcer sur une candidature ? répondre à un sondage ? sur la coupe d'un costume et la physionomie d'un candidat ?), ce reproche est d'aborder de façon "verticale" chaque problème de société.

Une "verticalité" qui consiste à traiter du problème de l'habitat pour les sans abris de façon autonome, sans considérer simultanément l'ensemble des difficultés auxquelles cette population se trouve confrontée et qui devraient pourtant trouver des solutions dans le même temps sous peine que l'accession à un habitat correct soit un échec si d'autres difficultés peuvent la remettre en jeu, sans considérer le coût de ces habitats pour la société et les nouveaux habitants du point de vue des loyers, de la consommation énergétique (et de la facture liée), de la possibilité d'un emploi ou de la proximité de l'emploi pour ce qui concerne les "travailleurs pauvres" habitants de la rue...

De fil en aiguille, partant de la question des SDF, on arrive vite aux problèmes d'emploi, de "mixité sociale" et d'urbanisme, autant qu'à bien d'autres questions liées pour aboutir en définitive à un ensemble de problèmes qui ne sont autres que toutes ces questions qui se posent aujourd'hui à nos sociétés.

Et cela va de la raréfaction de ressources fossiles à la question des échelles de rémunérations et du rapport des différentes allocations aux rémunérations, aux questions de croissance et de "durabilité" de notre développement, ce qui nous conduit à ce problème de réchauffement climatique, de nos sources d'énergie et de leur équilibre à court, moyen et long terme...

Discours "de campagne" et "programmes de gouvernement" privilégient généralement une dangereuse verticalité des analyses, pour lesquelles les questions sont envisagées comme des monolithes qui seraient indépendants les uns des autres, sans interactions des uns aux autres.

L'approche transversale est la plus riche, mais aussi la seule qui soit réellement logique

Traiter séparément les questions d'emploi et d'environnement (pour ne prendre que ce secteur) consiste à considérer implicitement qu'il n'existe aucun rapport de l'une à l'autre, et il serait facile de démontrer que ces deux questions sont pourtant indissociablement liées : il y a donc une faille logique à vouloir modifier la législation sur l'emploi sans tenir compte du travail que nous avons à réaliser dans le domaine de l'environnement, un travail qui pourrait changer profondément le panorama de l'emploi et de son marché.

L'approche "verticale" est une façon d'organiser le gâchis, d'effectuer un travail qui aura une faible efficacité alors qu'il serait largement plus profitable d'organiser des synergies positives entre différents domaines.

Encore faut-il que la "pensée politique" de telle ou telle personne, ou de tel ou tel parti, soit capable d'englober plus d'une préoccupation à la fois, ce qui semble rare...

C'est pourtant possible, les personnes cités ci-dessus nous le démontrent dans un ouvrage intitulé Ecoresp, ces personnes forment le "think tank" de Corinne Lepage, elle-même candidate à l'élection présidentielle 2007.

Certes cet ouvrage ne ressemble en rien à ce que nous lisons habituellement dans un "programme" pour les présidentielles : il ne contient aucune promesse, vous n'y trouverez donc pas de ces petits joyaux habituels qui n'engagent que ceux qui voudraient y accorder crédit et ne signifient définitivement rien !

Combien de milliards que nous n'avons pas nous coûteraient les "promesses" et "engagements" de M. Sarkozy si tout ce fatras devait réellement être mis en oeuvre ?

Relevez le défi !

Cherchez dans Ecoresp la moindre trace de démagogie : voilà un premier défi que je vous engage à relever !

Jouez ce jeu : vous le lirez donc et alors vous comprendrez ce que pourrait être une véritable politique pour aujourd'hui et pour demain.

Vous partagerez ensuite ma déception, mais aussi ma rage face à ce que nous servent nos "politiques" et les médias en guise de "programmes" !

Parce-que cette lecture attentive vous permettra de constater que de nombreux progrès sont possibles, que des réalisations tout à fait intéressantes de par le monde pourraient nous inspirer (l'ouvrage en donne de nombreux exemples), que personne ne serait lésé en adoptant des mesures, des comportements, des dynamiques susceptibles d'orienter notre société dans une voie plus "durable", plus salutaire pour tous.

Vous comprendrez que nous pourrions lancer le pays dans une dynamique fortement créatrice d'emplois et de richesses, que nous pourrions vivre dans un environnement plus sain et mettre facilement fin à ce que certains appellent "le déclin français".

Vous comprendriez que ces possibilités sont entre vos mains, ces mains d'électeurs qui placeront un bulletin dans l'urne.

Un bulletin qui décidera de notre avenir commun.

Un avenir qui sera de toutes façons chaud : chaud du réchauffement du climat, chaud du dynamisme que nous pourrions retrouver, ou cuisant de la déception d'avoir choisi un(e) candidat(e) plus capable de promettre que d'affronter les nécessités du moment avec assez de clairvoyance.

Réagir, créer, résister

En 2004, à l'occasion du 60e anniversaire de la publication du programme du Conseil national de la Résistance, une douzaine de grandes figures de la Résistance, de toutes obédiences, du gaullisme au communisme, ont lancé cet appel. En dépit de la notoriété et de l'autorité morale des signataires, il n'a pas été repris par les médias dominants.
Sa lecture, à la lumière des événements actuels en France, prend tout son sens.


Créer, c'est résister. Résister, c'est créer...

Je place volontiers ce texte en parallèle avec la démarche de Corinne Lepage car il me semble trouver de part et d'autre à la fois une volonté farouche de résister à certaines de nos habitudes néfastes et une volonté de créer afin qu'il y ait plus de justice, de paix et de démocratie.

Et si l'on a discuté de la conduite à tenir pour ce qui concerne l'obtention par M. Le Pen des 500 signatures indispensables à la candidature aux présidentielles on DOIT se poser la même question pour ce qui est de la candidature de Corinne Lepage.



Si vous connaissez des maires ou des conseillers généraux et régionaux qui seraient disposés à parrainer Corine Lepage, merci de le lui signaler : Cap 21, car le "service minimum" de la démocratie voudrait que cette candidate puisse recueillir ces 500 signatures.

Faites bouger les médias

Vous tous qui disposez d'une voix, d'un blog, d'un téléphone... faites bouger les médias !

Même si vous êtes "irrémédiablement" ancré dans un parti ou un autre sans la moindre intention de voter pour cette candidate, peut-être votre haute idée de la démocratie vous mènera-t-elle à considérer, comme je le fais, que cette candidate mérite d'avoir cette parole que les médias ne lui donnent pas, et ces signatures.

Faites-le donc savoir !

Meilleurs voeux 2007

Je ne crois pas que ce soit réellement possible, trop d'ombres s'accumulent, mais, espérant contre vents et marées, je vous souhaite une excellente année 2007.

Elle aura les couleurs dont nous la peindrons...

Le blug de l'encéphalugomme molle n'est pas un blog vitaminé : ce n'est qu'un blug, un blog des bugs, des bugs de l'intelligence. Vous savez cette merveilleuse chose indéfinissable qui a permis à l'homme de devenir le maître incontesté de la nature... Ici vous trouverez peut-être de gentilles horreurs et des raisonnements tordus : prudence...
Il est encore temps de fuir !
? i n t e l l i b l u g
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