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vendredi 27 avril 2007

Figé au milieu du gué, vous n'avez pas fini le travail, Nicolas Hulot !

N'avez-vous pas tenté de nous faire comprendre à tous que les 5 prochaines années seront décisives sur le plan de l'évolution de notre environnement ?

Et qu'il était absolument capital que des mesures appropriées soient prises vite, maintenant, afin que notre avenir ne souffre pas trop violemment des dégradations apportées à la biosphère ?

Le moment de la décision finale pour les 5 ans à venir approche : il ne reste que quelques jours.

Et 2 programmes sont en présence, en concurrence, dont vous avez probablement mesuré qu'ils ne se valent en rien du point de vue qui nous intéresse ici.

Mais maintenant vous refusez de vous prononcer : pour qui ou pour quoi "roulez-vous", Monsieur Hulot ?

Pour "l'environnement" ou, en fin de compte, pour un candidat qui vous serait plus cher que l'autre, au programme environnemental maigrelet sinon indigent mais que vous ne voudriez pas défavoriser ?

On peut se le demander...

Ainsi au moment crucial, après avoir monopolisé le devant de la scène "environnementaliste" pendant quelques semaines, vous vous terrez ?

On pouvait en attendre beaucoup plus de vous par rapport aux convictions que vous affichiez : les auriez vous oubliées ?

Vivons-nous ou non un épisode "décisif" ?

Vous vous êtes affiché en personnage public sur la scène politique : vous vous êtes engagé et avez demandé des engagements.

Croyez-vous que l'on puisse ainsi s'éclipser, laissant l'ouvrage en plan, sans décevoir amèrement ?

Car je suis loin d'être le seul à afficher ma déception, et la première à le faire a été Isabelle Delannoy avec ce texte (Lettre à M. Hulot de la part d'une signataire du Pacte Ecologique) :

Cher Monsieur Hulot,

Vous avez déclaré que vous ne vous prononceriez pas sur les candidats pour le second tour. Pourtant la différence de programme et d'ambition pour une politique écologiste est flagrante entre les deux candidats et à la nette faveur de Ségolène Royal. Les différentes analyses des programmes proposés et des réponses apportées à votre Pacte Ecologique (de L'Alliance, du MDRGF, d'Environnement : les candidats au banc d'essai...), sont unanimes : Ségolène Royal a une politique écologique plus ambitieuse que celle de Nicolas Sarkozy, qui se révèle de plus, être un des moins bons candidats sur la question.

Pour de nombreux électeurs, et en particulier pour les 730 570 signataires du Pacte Ecologique, l'écologie sera une composante déterminante du vote. Ils doivent savoir que les programmes des deux candidats ne se valent pas sur cette question, que le meilleur est celui de Ségolène Royal et que celui de Nicolas Sarkozy est parmi les plus mauvais programmes proposés dans cette campagne.

Se taire, c'est aller à l'encontre de l'objectif du pacte
écologique, c'est à dire de faire rentrer au mieux l'écologie dans la politique qui sera menée pendant les 5 prochaines années, qui seront, comme vous le dîtes, décisives.

Une signataire du Pacte Ecologique

Isabelle Delannoy


Je suis également signataire de votre pacte et suis, aujourd'hui, fortement déçu par votre silence d'après ce premier tour de la présidentielle...

mardi 17 avril 2007

Avant première : commentaires sur les résultats du scrutin du 22 Avril 2007

Ce premier tour de la Présidentielle 2007 marque nettement un échec, celui de l'écologie politique.

Précisons un instant ce que désigne cette locution, qui pourrait aussi s'écrire "écologie humaine" et même simplement "écologie" : "Science qui étudie les relations entre les êtres vivants (humains, animaux, végétaux) et le milieu organique ou inorganique dans lequel ils vivent.".

On allie "écologie" et "politique" afin de généraliser la signification du terme "écologie" qui a été restreinte au cours des années récentes à un concept de "protection de la nature".

L'écologie politique serait donc cette forme de politique qui ferait en sorte que nous deviendrions capables de vivre, et le plus correctement du monde, dans un certain équilibre entre nous et avec notre environnement, et l'on sait très bien que nous ne sommes pas dans ce cas de figure depuis assez longtemps pour que cela ait dû nous fatiguer...

Or la lecture des résultats de ce premier tour nous apprend que les votes se sont faiblement portés en faveur de certains "petits candidats" qui étaient les seuls à nous présenter de réels programmes donnant une place sérieuse à l'écologie politique : Dominique Voynet et José Bové.

Petits scores, très insuffisants pour répondre aux impératifs du moment.

On aurait pu supposer que cet hiver trop doux, que la publication du rapport Stern sur le coût à venir du réchauffement climatique, que l'intervention d'Al Gore avec sa "Vérité qui dérange", que l'irruption de Nicolas Hulot dans la sphère de la politique aurait mis un peu de plomb dans la tête de l'ensemble des candidats à cette présidentielle (on a vite constaté que pour la plupart ce furent des coups d'épée dans l'eau) aussi bien que dans celle des électeurs et électrices.

Mais non !

On sait pourtant que le hêtre est condamné à relativement court terme dans les forêts françaises, le chêne dans beaucoup d'entre elles également, ce qui posera d'assez graves problèmes aussi bien pour la filière bois que du point de vue de l'évolution d'écosystèmes d'importance majeure...

On redoute en y pensant plus ou moins de nouvelles canicules qui affecteront aussi bien les rendement agricoles (le rendement des céréales baisse en moyenne de 9% par degré d'élévation de la température nocturne, constaté dans le monde entier) que l'avenir de nos centrales électriques (nucléaires et autres) en période estivale, et donc la disponibilité de l'énergie, son coût... sans rien faire pour nous préparer à répondre de façon adaptée à ces très sérieuses menaces pour notre sécurité...

On craint que l'enneigement décroissant de certaines stations de sport d'hiver de basse altitude pose d'assez épineux problèmes économiques et sociaux (sans compter les effets environnementaux afférents)...

On assiste à une frénésie mondiale de spéculation sur les biocarburants (et la France a mis en place dans ce domaine une politique assez désastreuse, stupide du point de vue thermodynamique...) qui aura des impacts locaux sur notre agriculture, la qualité de nos eaux de surface et souterraines, qui est déjà déplorable...

Ceci alors que nous savons bien qu'il faudra un jour ou l'autre se résigner à une refonte de la PAC qui ne se fera peut-être pas au plus grand avantage de nos agriculteurs, qui seront probablement conduits à cultiver le sorgho plutôt que le maïs dans un certain nombre de régions (voir ce qu'en dit l'INRA depuis quelques temps déjà !).

Et l'on apprend assez récemment que, contrairement à ce que supposaient pas mal de spécialistes de la question, à savoir une assez bonne stabilité thermique de l'Antarctique pour un bon nombre d'années à venir encore, la zone Amundsen vient d'être surprise à fondre à une vitesse étonnante, sous l'effet probable d'une modification du régime des vents dans cette région, vents qui poussent des eaux "chaudes" dans cette zone...

Si cette fonte est vérifiée et se poursuit à ce rythme, elle affectera un volume de glaces tel que les prévisions du GIEC devront être revues à une hausse significative du point de vue de l'élévation des niveaux marins : il y a là de quoi les faire monter de 8 mètres !!!

Pas en un jour certes mais d'ici la fin de ce siècle peut-être, et de cela nous serons tous responsables.

Et notre responsabilité se trouve dans notre vie quotidienne aussi bien que dans nos votes.

Voilà pourquoi la maigreur des votes en direction de l'écologie politique à ce premier tour de scrutin est une défaite : l'écologie politique aurait été LE concept essentiel à défendre lors de ce scrutin, et il y aurait eu des raisons objectives à cela.

Car l'écologie politique prend en compte les aspects financiers, sociaux, environnementaux... enfin TOUS les aspects de la vie de nos sociétés afin de les mettre dans des interactions positives en se souciant autant du très court, du court, du moyen et du long terme.

Au vu de ces résultats, électrices et électeurs, vous n'avez visiblement pas compris ce que, dans le fond de votre conscience, vous savez plus ou moins : nous serons CONTRAINTS par les faits à changer de nombreux aspects de notre "modèle de société".

Vous n'avez pas compris qu'il serait infiniment plus confortable d'effectuer ces changements à un rythme que nous aurions choisi plutôt que dans l'urgence de quelque pénirue ou épisode climatique difficile à supporter...

On nous a pourtant fourni des indices multiples, des avertissements nets et inquiétants, mais aussi des éléments de réponse qui montrent que bien des changements seraient possibles sans douleur, et même dynamisants du point de vue économique, avec des retombées positives dans toutes les couches de la société.

Mais vous n'avez peut-être pas lu l'excellent Ecoresp de Corinne Lepage, qui est de ce point de vue exemplaire.

Malheureusement cet ouvrage, un peu techno-scientifique mais cependant très lisible, n'a pas été transposé à temps sous une forme plus adaptée à tous les publics et suffisamment médiatisé, puis celle qui en était à l'origine a quitté prématurément la course.

Restaient donc dans la compétition Dominique Voynet et José Bové, deux candidats nettement placés en tête du point de vue de l'écologie politique.

Les sondages ne leur accordaient pas des scores très enviables, on pouvait raisonnablement en déduire qu'ils seraient l'une et l'autre absents du second tour.

Mais la lutte pour que l'écologie politique ait sa place est une lutte de longue haleine qui nécessite que ses partisans sachent se regrouper et montrer qu'ils existent en nombre à chaque occasion qui leur est donnée.

Vous avez voté, pour un certain nombre d'entre vous, sur des critères d'immigration et de sécurité tels que vous les présentaient certains candidats, c'est à dire par le petit bout de la lorgnette.

En mettant une longue vue à l'envers je doute que l'on distingue l'horizon de façon très nette...

Vous aurez l'immigration, le réchauffement climatique vous la servira sur un plateau de plus en plus lourdement garni dans les années à venir, et vous aurez aussi l'insécurité, pour le même motif car nous devons nous attendre à bien des crises.

Je crains que de très nombreux de vos votes aient été très inutiles à la sérénité de notre avenir commun.

Et pour finir ce que je viens d'apprendre : Records de chaleur et pics de pollution dans plusieurs régions de France.

Encore du nouveau, du déplaisant, du dangereux, dont la maîtrise aurait pu être assurée par l'écologie politique...

Enfin, pour finir... c'était naïveté de ma part, je sais pourtant qu'on ne cesse d'en apprendre, d'en découvrir...

Je faisais il y a 10 minutes l'ajout du lien précédent et ne peux résister à compléter par celui-ci, qui serait une bonne source de méditation : Le Pic Pétrolier ne sauvera pas le climat - bien au contraire.

A méditer, vraiment...

Voyez où se cachent certaines insécurités très douloureuses sur lesquelles nous sommes dramatiquement inertes et silencieux...

lundi 9 avril 2007

Voulez-vous que ceci disparaisse ?

Petit bouquet de fleurs des fossés

C'est beau, non ?

Mais en général vous ne voyez pas cela : c'est une petite plante des fossés, des lieux délaissés par l'agriculture, que l'on foule au pieds sans la remarquer : l'ensemble du bouquet mesure à peine un centimètre.

Notre mode de vie éradique de nombreuses espèces depuis quelques décennies et en éradiquera probablement encore plus dans les 20 ou 30 ans à venir : si nous ne voulons pas que cette plantule disparaisse à jamais nous devons changer de mode de vie.

Nous voterons bientôt : qui nous annonce un programme de gouvernement susceptible de nous mener vers un mode de vie différent ?

Voyez la notation établie par l'Alliance pour la Planète (lien ci-contre à droite) : en priorité "Les Verts".

Sur ce plan du changement de modèle de société ne pas oublier le candidat Bové : il nous propose également un programme de changement que l'on peut tout à fait considérer comme sérieux si on le lit bien.

N'oubliez pas qu'il en va de notre sécurité, à court, moyen et long terme, d'amorcer ce changement... aussi vite que possible !

Cette petite fleur a été photographiée dans le Marais Poitevin : vous y trouverez encore des endroits enchanteurs, encore riches en espèces variées.

Un petit tour en barque avec Vert et Bleu Tourisme?

Le blug de l'encéphalugomme molle n'est pas un blog vitaminé : ce n'est qu'un blug, un blog des bugs, des bugs de l'intelligence. Vous savez cette merveilleuse chose indéfinissable qui a permis à l'homme de devenir le maître incontesté de la nature... Ici vous trouverez peut-être de gentilles horreurs et des raisonnements tordus : prudence...
Il est encore temps de fuir !
? i n t e l l i b l u g
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