Avant première : commentaires sur les résultats du scrutin du 22 Avril 2007
Par jcm, mardi 17 avril 2007 à 14:58 :: General :: #53 :: rss
Ce premier tour de la Présidentielle 2007 marque nettement un échec, celui de l'écologie politique.
Précisons un instant ce que désigne cette locution, qui pourrait aussi s'écrire "écologie humaine" et même simplement "écologie" : "Science qui étudie les relations entre les êtres vivants (humains, animaux, végétaux) et le milieu organique ou inorganique dans lequel ils vivent.".
On allie "écologie" et "politique" afin de généraliser la signification du terme "écologie" qui a été restreinte au cours des années récentes à un concept de "protection de la nature".
L'écologie politique serait donc cette forme de politique qui ferait en sorte que nous deviendrions capables de vivre, et le plus correctement du monde, dans un certain équilibre entre nous et avec notre environnement, et l'on sait très bien que nous ne sommes pas dans ce cas de figure depuis assez longtemps pour que cela ait dû nous fatiguer...
Or la lecture des résultats de ce premier tour nous apprend que les votes se sont faiblement portés en faveur de certains "petits candidats" qui étaient les seuls à nous présenter de réels programmes donnant une place sérieuse à l'écologie politique : Dominique Voynet et José Bové.
Petits scores, très insuffisants pour répondre aux impératifs du moment.
On aurait pu supposer que cet hiver trop doux, que la publication du rapport Stern sur le coût à venir du réchauffement climatique, que l'intervention d'Al Gore avec sa "Vérité qui dérange", que l'irruption de Nicolas Hulot dans la sphère de la politique aurait mis un peu de plomb dans la tête de l'ensemble des candidats à cette présidentielle (on a vite constaté que pour la plupart ce furent des coups d'épée dans l'eau) aussi bien que dans celle des électeurs et électrices.
Mais non !
On sait pourtant que le hêtre est condamné à relativement court terme dans les forêts françaises, le chêne dans beaucoup d'entre elles également, ce qui posera d'assez graves problèmes aussi bien pour la filière bois que du point de vue de l'évolution d'écosystèmes d'importance majeure...
On redoute en y pensant plus ou moins de nouvelles canicules qui affecteront aussi bien les rendement agricoles (le rendement des céréales baisse en moyenne de 9% par degré d'élévation de la température nocturne, constaté dans le monde entier) que l'avenir de nos centrales électriques (nucléaires et autres) en période estivale, et donc la disponibilité de l'énergie, son coût... sans rien faire pour nous préparer à répondre de façon adaptée à ces très sérieuses menaces pour notre sécurité...
On craint que l'enneigement décroissant de certaines stations de sport d'hiver de basse altitude pose d'assez épineux problèmes économiques et sociaux (sans compter les effets environnementaux afférents)...
On assiste à une frénésie mondiale de spéculation sur les biocarburants (et la France a mis en place dans ce domaine une politique assez désastreuse, stupide du point de vue thermodynamique...) qui aura des impacts locaux sur notre agriculture, la qualité de nos eaux de surface et souterraines, qui est déjà déplorable...
Ceci alors que nous savons bien qu'il faudra un jour ou l'autre se résigner à une refonte de la PAC qui ne se fera peut-être pas au plus grand avantage de nos agriculteurs, qui seront probablement conduits à cultiver le sorgho plutôt que le maïs dans un certain nombre de régions (voir ce qu'en dit l'INRA depuis quelques temps déjà !).
Et l'on apprend assez récemment que, contrairement à ce que supposaient pas mal de spécialistes de la question, à savoir une assez bonne stabilité thermique de l'Antarctique pour un bon nombre d'années à venir encore, la zone Amundsen vient d'être surprise à fondre à une vitesse étonnante, sous l'effet probable d'une modification du régime des vents dans cette région, vents qui poussent des eaux "chaudes" dans cette zone...
Si cette fonte est vérifiée et se poursuit à ce rythme, elle affectera un volume de glaces tel que les prévisions du GIEC devront être revues à une hausse significative du point de vue de l'élévation des niveaux marins : il y a là de quoi les faire monter de 8 mètres !!!
Pas en un jour certes mais d'ici la fin de ce siècle peut-être, et de cela nous serons tous responsables.
Et notre responsabilité se trouve dans notre vie quotidienne aussi bien que dans nos votes.
Voilà pourquoi la maigreur des votes en direction de l'écologie politique à ce premier tour de scrutin est une défaite : l'écologie politique aurait été LE concept essentiel à défendre lors de ce scrutin, et il y aurait eu des raisons objectives à cela.
Car l'écologie politique prend en compte les aspects financiers, sociaux, environnementaux... enfin TOUS les aspects de la vie de nos sociétés afin de les mettre dans des interactions positives en se souciant autant du très court, du court, du moyen et du long terme.
Au vu de ces résultats, électrices et électeurs, vous n'avez visiblement pas compris ce que, dans le fond de votre conscience, vous savez plus ou moins : nous serons CONTRAINTS par les faits à changer de nombreux aspects de notre "modèle de société".
Vous n'avez pas compris qu'il serait infiniment plus confortable d'effectuer ces changements à un rythme que nous aurions choisi plutôt que dans l'urgence de quelque pénirue ou épisode climatique difficile à supporter...
On nous a pourtant fourni des indices multiples, des avertissements nets et inquiétants, mais aussi des éléments de réponse qui montrent que bien des changements seraient possibles sans douleur, et même dynamisants du point de vue économique, avec des retombées positives dans toutes les couches de la société.
Mais vous n'avez peut-être pas lu l'excellent Ecoresp de Corinne Lepage, qui est de ce point de vue exemplaire.
Malheureusement cet ouvrage, un peu techno-scientifique mais cependant très lisible, n'a pas été transposé à temps sous une forme plus adaptée à tous les publics et suffisamment médiatisé, puis celle qui en était à l'origine a quitté prématurément la course.
Restaient donc dans la compétition Dominique Voynet et José Bové, deux candidats nettement placés en tête du point de vue de l'écologie politique.
Les sondages ne leur accordaient pas des scores très enviables, on pouvait raisonnablement en déduire qu'ils seraient l'une et l'autre absents du second tour.
Mais la lutte pour que l'écologie politique ait sa place est une lutte de longue haleine qui nécessite que ses partisans sachent se regrouper et montrer qu'ils existent en nombre à chaque occasion qui leur est donnée.
Vous avez voté, pour un certain nombre d'entre vous, sur des critères d'immigration et de sécurité tels que vous les présentaient certains candidats, c'est à dire par le petit bout de la lorgnette.
En mettant une longue vue à l'envers je doute que l'on distingue l'horizon de façon très nette...
Vous aurez l'immigration, le réchauffement climatique vous la servira sur un plateau de plus en plus lourdement garni dans les années à venir, et vous aurez aussi l'insécurité, pour le même motif car nous devons nous attendre à bien des crises.
Je crains que de très nombreux de vos votes aient été très inutiles à la sérénité de notre avenir commun.
Et pour finir ce que je viens d'apprendre : Records de chaleur et pics de pollution dans plusieurs régions de France.
Encore du nouveau, du déplaisant, du dangereux, dont la maîtrise aurait pu être assurée par l'écologie politique...
Enfin, pour finir... c'était naïveté de ma part, je sais pourtant qu'on ne cesse d'en apprendre, d'en découvrir...
Je faisais il y a 10 minutes l'ajout du lien précédent et ne peux résister à compléter par celui-ci, qui serait une bonne source de méditation : Le Pic Pétrolier ne sauvera pas le climat - bien au contraire.
A méditer, vraiment...
Voyez où se cachent certaines insécurités très douloureuses sur lesquelles nous sommes dramatiquement inertes et silencieux...
Précisons un instant ce que désigne cette locution, qui pourrait aussi s'écrire "écologie humaine" et même simplement "écologie" : "Science qui étudie les relations entre les êtres vivants (humains, animaux, végétaux) et le milieu organique ou inorganique dans lequel ils vivent.".
On allie "écologie" et "politique" afin de généraliser la signification du terme "écologie" qui a été restreinte au cours des années récentes à un concept de "protection de la nature".
L'écologie politique serait donc cette forme de politique qui ferait en sorte que nous deviendrions capables de vivre, et le plus correctement du monde, dans un certain équilibre entre nous et avec notre environnement, et l'on sait très bien que nous ne sommes pas dans ce cas de figure depuis assez longtemps pour que cela ait dû nous fatiguer...
Or la lecture des résultats de ce premier tour nous apprend que les votes se sont faiblement portés en faveur de certains "petits candidats" qui étaient les seuls à nous présenter de réels programmes donnant une place sérieuse à l'écologie politique : Dominique Voynet et José Bové.
Petits scores, très insuffisants pour répondre aux impératifs du moment.
On aurait pu supposer que cet hiver trop doux, que la publication du rapport Stern sur le coût à venir du réchauffement climatique, que l'intervention d'Al Gore avec sa "Vérité qui dérange", que l'irruption de Nicolas Hulot dans la sphère de la politique aurait mis un peu de plomb dans la tête de l'ensemble des candidats à cette présidentielle (on a vite constaté que pour la plupart ce furent des coups d'épée dans l'eau) aussi bien que dans celle des électeurs et électrices.
Mais non !
On sait pourtant que le hêtre est condamné à relativement court terme dans les forêts françaises, le chêne dans beaucoup d'entre elles également, ce qui posera d'assez graves problèmes aussi bien pour la filière bois que du point de vue de l'évolution d'écosystèmes d'importance majeure...
On redoute en y pensant plus ou moins de nouvelles canicules qui affecteront aussi bien les rendement agricoles (le rendement des céréales baisse en moyenne de 9% par degré d'élévation de la température nocturne, constaté dans le monde entier) que l'avenir de nos centrales électriques (nucléaires et autres) en période estivale, et donc la disponibilité de l'énergie, son coût... sans rien faire pour nous préparer à répondre de façon adaptée à ces très sérieuses menaces pour notre sécurité...
On craint que l'enneigement décroissant de certaines stations de sport d'hiver de basse altitude pose d'assez épineux problèmes économiques et sociaux (sans compter les effets environnementaux afférents)...
On assiste à une frénésie mondiale de spéculation sur les biocarburants (et la France a mis en place dans ce domaine une politique assez désastreuse, stupide du point de vue thermodynamique...) qui aura des impacts locaux sur notre agriculture, la qualité de nos eaux de surface et souterraines, qui est déjà déplorable...
Ceci alors que nous savons bien qu'il faudra un jour ou l'autre se résigner à une refonte de la PAC qui ne se fera peut-être pas au plus grand avantage de nos agriculteurs, qui seront probablement conduits à cultiver le sorgho plutôt que le maïs dans un certain nombre de régions (voir ce qu'en dit l'INRA depuis quelques temps déjà !).
Et l'on apprend assez récemment que, contrairement à ce que supposaient pas mal de spécialistes de la question, à savoir une assez bonne stabilité thermique de l'Antarctique pour un bon nombre d'années à venir encore, la zone Amundsen vient d'être surprise à fondre à une vitesse étonnante, sous l'effet probable d'une modification du régime des vents dans cette région, vents qui poussent des eaux "chaudes" dans cette zone...
Si cette fonte est vérifiée et se poursuit à ce rythme, elle affectera un volume de glaces tel que les prévisions du GIEC devront être revues à une hausse significative du point de vue de l'élévation des niveaux marins : il y a là de quoi les faire monter de 8 mètres !!!
Pas en un jour certes mais d'ici la fin de ce siècle peut-être, et de cela nous serons tous responsables.
Et notre responsabilité se trouve dans notre vie quotidienne aussi bien que dans nos votes.
Voilà pourquoi la maigreur des votes en direction de l'écologie politique à ce premier tour de scrutin est une défaite : l'écologie politique aurait été LE concept essentiel à défendre lors de ce scrutin, et il y aurait eu des raisons objectives à cela.
Car l'écologie politique prend en compte les aspects financiers, sociaux, environnementaux... enfin TOUS les aspects de la vie de nos sociétés afin de les mettre dans des interactions positives en se souciant autant du très court, du court, du moyen et du long terme.
Au vu de ces résultats, électrices et électeurs, vous n'avez visiblement pas compris ce que, dans le fond de votre conscience, vous savez plus ou moins : nous serons CONTRAINTS par les faits à changer de nombreux aspects de notre "modèle de société".
Vous n'avez pas compris qu'il serait infiniment plus confortable d'effectuer ces changements à un rythme que nous aurions choisi plutôt que dans l'urgence de quelque pénirue ou épisode climatique difficile à supporter...
On nous a pourtant fourni des indices multiples, des avertissements nets et inquiétants, mais aussi des éléments de réponse qui montrent que bien des changements seraient possibles sans douleur, et même dynamisants du point de vue économique, avec des retombées positives dans toutes les couches de la société.
Mais vous n'avez peut-être pas lu l'excellent Ecoresp de Corinne Lepage, qui est de ce point de vue exemplaire.
Malheureusement cet ouvrage, un peu techno-scientifique mais cependant très lisible, n'a pas été transposé à temps sous une forme plus adaptée à tous les publics et suffisamment médiatisé, puis celle qui en était à l'origine a quitté prématurément la course.
Restaient donc dans la compétition Dominique Voynet et José Bové, deux candidats nettement placés en tête du point de vue de l'écologie politique.
Les sondages ne leur accordaient pas des scores très enviables, on pouvait raisonnablement en déduire qu'ils seraient l'une et l'autre absents du second tour.
Mais la lutte pour que l'écologie politique ait sa place est une lutte de longue haleine qui nécessite que ses partisans sachent se regrouper et montrer qu'ils existent en nombre à chaque occasion qui leur est donnée.
Vous avez voté, pour un certain nombre d'entre vous, sur des critères d'immigration et de sécurité tels que vous les présentaient certains candidats, c'est à dire par le petit bout de la lorgnette.
En mettant une longue vue à l'envers je doute que l'on distingue l'horizon de façon très nette...
Vous aurez l'immigration, le réchauffement climatique vous la servira sur un plateau de plus en plus lourdement garni dans les années à venir, et vous aurez aussi l'insécurité, pour le même motif car nous devons nous attendre à bien des crises.
Je crains que de très nombreux de vos votes aient été très inutiles à la sérénité de notre avenir commun.
Et pour finir ce que je viens d'apprendre : Records de chaleur et pics de pollution dans plusieurs régions de France.
Encore du nouveau, du déplaisant, du dangereux, dont la maîtrise aurait pu être assurée par l'écologie politique...
Enfin, pour finir... c'était naïveté de ma part, je sais pourtant qu'on ne cesse d'en apprendre, d'en découvrir...
Je faisais il y a 10 minutes l'ajout du lien précédent et ne peux résister à compléter par celui-ci, qui serait une bonne source de méditation : Le Pic Pétrolier ne sauvera pas le climat - bien au contraire.
A méditer, vraiment...
Voyez où se cachent certaines insécurités très douloureuses sur lesquelles nous sommes dramatiquement inertes et silencieux...




Commentaires
1. Le mardi 17 avril 2007 à 15:18, par José
2. Le samedi 13 décembre 2008 à 18:59, par NCmUaVDdbOpAP
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