Se construire, un mort sur le dos, et comprendre...
Par jcm, samedi 16 février 2008 à 11:12 :: General :: #73 :: rss
Ainsi le Président de la République Française veut que désormais chaque enfant d'une dizaine d'années reçoive le nom d'un enfant juif déporté et tué dans le système de "solution finale" nazi.
Chaque enfant sera donc informé que l'on établit entre lui et un autre enfant, mort dans de terribles conditions, un parallèle auquel correspond une charge émotionnelle et intellectuelle très lourde à porter.
Cela implique que chaque enfant devra d'abord accepter, supporter cela puis le comprendre afin de devenir capable d'en faire une partie du lit de son avenir.
Charge émotionnelle car les conditions de la fin de la vie des enfants déportés et exterminés, de l'arrestation à la disparition, sont proprement effarantes.
Charge intellectuelle car il faut appréhender le mécanisme dans lequel se sont inscrits ces actes, et cela ne me semble pas le plus simple même pour des adultes.
Pour appréhender ce mécanisme il faut savoir, et tout savoir, jusqu'au plus petit détail de l'ensemble des événements qui ont pu conduire à l'avènement du Reich, jusqu'au raisonnement qui a présidé à la Shoah, jusqu'aux modes opératoires de cette extermination...
Car si l'on ne saisit pas selon quels mécanismes se sont effectuées les déportations, ce qui les "justifiait" aux yeux de ceux qui les décidaient, il sera impossible de les différencier d'autres comportements avec lesquels on pourrait leur trouver certaines similitudes plus ou moins poussées (il y a eu d'autre génocides : il faudra expliquer "l'unicité de la Shoah").
Qu'expliquera-t-on à nos enfants d'une dizaine d'années sur le sort de celui dont ils auront reçu le nom, la charge d'en perpétrer la mémoire ?
Entrera-t-on dans les détails de ce qui permet réellement de comprendre ce qui se passait à cette époque ?
Avec toute la complexité et l'horreur que cela comporte ?
Mais seront-ils capable de supporter et de comprendre tout cela à cet âge ?
Car si l'on entre dans le détail du patronyme d'un mort il sera probablement indispensable d'entrer également dans le détail de son histoire, de lui donner la consistance qui en fera "quelqu'un" et non un incompréhensible, insaisissable spectre.
Expliquer les arrestations, la mise de force dans un camion, puis un train, puis les camps...
Et tenter de faire comprendre qu'il existe une certaine différence entre cela et ce que nos enfants découvrent par la télévision, qui se fait aujourd'hui en France : l'arrestation, parfois à l'école, d'autres enfants, de leur famille, leur transfert vers un lieu de transit, leur mise de force dans un avion...
En restant dans la superficialité des choses cette différence pourrait bien ne pas apparaître de façon nette et laisser dans certains esprits assez de confusion pour qu'un parallèle Sarkozy - Hitler puisse se faire...
Soyons-en certains, le fait de demander à nos enfants de s'associer au nom d'un autre (le leur demander ou leur imposer, auraient-ils le droit de refuser ?) sera l'occasion que de nombreuses questions soient posées : il faudra savoir répondre, avec précision et justesse.
On ne pourra esquiver l'horreur, et il faudra savoir ne pas la banaliser, ne pas la minimiser.
Avez-vous bien pesé, Monsieur le Président, le poids de votre "cadeau" ?
Je crains qu'il soit empoisonné...
Plutôt que de vous (et nous) focaliser sur un passé que personne ne pourra plus transformer ne vous est-il pas venu à l'esprit que notre avenir nous attendait tous ?
Ne savez-vous pas que nous sommes dans le cours de la sixième extinction majeure d'espèces vivantes, par la faute de nos comportements, que des centaines d'espèces sont menacées de disparition ?
Vous avez probablement conscience que notre avenir est entre nos mains et celles de nos enfants : faites-leur adopter une espèce en danger, qu'ils puissent ainsi devenir des habitants de notre planète plus soigneux que ceux que nous fûmes...
Une conscience forte et nette, élevée, qu'ils peuvent et doivent prendre leur avenir en main, qu'ils doivent maîtriser leurs comportements plus que nous n'avons su le faire serait un des plus précieux cadeau à leur offrir !
Effet collatéral d'une telle conscience portée à son plus haut niveau, ils comprendraient que les hommes trouveraient finalement beaucoup plus d'intérêt à s'unir pour organiser une vie commune plus confortable et durable, entre tous les peuples, qu'à s'entre détruire à tous propos.
N'est-ce pas une part importante du message que vous souhaiteriez leur transmettre, en fin de compte ?
Chaque enfant sera donc informé que l'on établit entre lui et un autre enfant, mort dans de terribles conditions, un parallèle auquel correspond une charge émotionnelle et intellectuelle très lourde à porter.
Cela implique que chaque enfant devra d'abord accepter, supporter cela puis le comprendre afin de devenir capable d'en faire une partie du lit de son avenir.
Charge émotionnelle car les conditions de la fin de la vie des enfants déportés et exterminés, de l'arrestation à la disparition, sont proprement effarantes.
Charge intellectuelle car il faut appréhender le mécanisme dans lequel se sont inscrits ces actes, et cela ne me semble pas le plus simple même pour des adultes.
Pour appréhender ce mécanisme il faut savoir, et tout savoir, jusqu'au plus petit détail de l'ensemble des événements qui ont pu conduire à l'avènement du Reich, jusqu'au raisonnement qui a présidé à la Shoah, jusqu'aux modes opératoires de cette extermination...
Car si l'on ne saisit pas selon quels mécanismes se sont effectuées les déportations, ce qui les "justifiait" aux yeux de ceux qui les décidaient, il sera impossible de les différencier d'autres comportements avec lesquels on pourrait leur trouver certaines similitudes plus ou moins poussées (il y a eu d'autre génocides : il faudra expliquer "l'unicité de la Shoah").
Qu'expliquera-t-on à nos enfants d'une dizaine d'années sur le sort de celui dont ils auront reçu le nom, la charge d'en perpétrer la mémoire ?
Entrera-t-on dans les détails de ce qui permet réellement de comprendre ce qui se passait à cette époque ?
Avec toute la complexité et l'horreur que cela comporte ?
Mais seront-ils capable de supporter et de comprendre tout cela à cet âge ?
Car si l'on entre dans le détail du patronyme d'un mort il sera probablement indispensable d'entrer également dans le détail de son histoire, de lui donner la consistance qui en fera "quelqu'un" et non un incompréhensible, insaisissable spectre.
Expliquer les arrestations, la mise de force dans un camion, puis un train, puis les camps...
Et tenter de faire comprendre qu'il existe une certaine différence entre cela et ce que nos enfants découvrent par la télévision, qui se fait aujourd'hui en France : l'arrestation, parfois à l'école, d'autres enfants, de leur famille, leur transfert vers un lieu de transit, leur mise de force dans un avion...
En restant dans la superficialité des choses cette différence pourrait bien ne pas apparaître de façon nette et laisser dans certains esprits assez de confusion pour qu'un parallèle Sarkozy - Hitler puisse se faire...
Soyons-en certains, le fait de demander à nos enfants de s'associer au nom d'un autre (le leur demander ou leur imposer, auraient-ils le droit de refuser ?) sera l'occasion que de nombreuses questions soient posées : il faudra savoir répondre, avec précision et justesse.
On ne pourra esquiver l'horreur, et il faudra savoir ne pas la banaliser, ne pas la minimiser.
Avez-vous bien pesé, Monsieur le Président, le poids de votre "cadeau" ?
Je crains qu'il soit empoisonné...
Plutôt que de vous (et nous) focaliser sur un passé que personne ne pourra plus transformer ne vous est-il pas venu à l'esprit que notre avenir nous attendait tous ?
Ne savez-vous pas que nous sommes dans le cours de la sixième extinction majeure d'espèces vivantes, par la faute de nos comportements, que des centaines d'espèces sont menacées de disparition ?
Vous avez probablement conscience que notre avenir est entre nos mains et celles de nos enfants : faites-leur adopter une espèce en danger, qu'ils puissent ainsi devenir des habitants de notre planète plus soigneux que ceux que nous fûmes...
Une conscience forte et nette, élevée, qu'ils peuvent et doivent prendre leur avenir en main, qu'ils doivent maîtriser leurs comportements plus que nous n'avons su le faire serait un des plus précieux cadeau à leur offrir !
Effet collatéral d'une telle conscience portée à son plus haut niveau, ils comprendraient que les hommes trouveraient finalement beaucoup plus d'intérêt à s'unir pour organiser une vie commune plus confortable et durable, entre tous les peuples, qu'à s'entre détruire à tous propos.
N'est-ce pas une part importante du message que vous souhaiteriez leur transmettre, en fin de compte ?









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