dimanche 26 février 2006
Bis repetita 1929 ? Effets sur nos mentalités
Par jcm, dimanche 26 février 2006 à 17:29 :: Crise
Souffrirons-nous bientôt d'une ”Rupture Systémique Globale” ?
Un ”think tank” nous annonce : "20-26 Mars 2006 : Iran/US - Déclenchement d’une crise mondiale majeure".
Je ne suis pas qualifié pour évaluer le sérieux de cette prédiction qui correspondrait à une remise en cause très profonde de nos sociétés et de leurs modes de fonctionnement.
Une telle crise nous contraindrait à une diminution importante de notre train de vie et nous plongerait même aux portes d'une paupérisation générale d'une extrême gravité : ce serait l'effondrement brutal de nos économies pour une durée dont nous ignorons tout.
Nombreuses faillites, pétrole à 130 US$ le baril ou plus de façon très soudaine, frein très important mis à tous nos déplacements, au tourisme mondial (qui fait vivre de très nombreuses populations dans un grand nombre de pays), chômage encore plus massif qu'il ne peut l'être aujourd'hui, inflation galopante...
Scénario noir qui n'est peut-être pas impossible et qui nous orienterait vers de nouvelles préoccupations : comment survivre au jour le jour ?
Soudainement chacun se détournerait de tout superflu sous la pression d'une nécessité impérieuse : manger chaque jour à peu près à sa faim, cela d'autant plus que la crise durerait.
Scénario d'une décroissance brutale qui nous contraindrait à ne plus considérer que l'essentiel, un essentiel que notre grande richesse actuelle nous a souvent fait perdre de vue mais qui, pourtant, devrait toujours être un de nos soucis de base.
Et nous en viendrions à poser sur ce forum des questions de nature très différente de celles que l'on y trouve aujourd'hui : nous brodons pour l'instant critiques et propositions sur des états de faits considérés comme un ensemble d'acquis supposés relativement durables or la plupart de ces acquis se seraient effondrés.
Ces questions porteraient nos nouvelles préoccupations : comment survivre et reconstruire un monde qui nous permettrait un meilleur équilibre ?
Quelle attitude adopterions-nous vis à vis de cette notion de ”progrès” qui a sous tendu le développement de nos sociétés depuis des décennies ?
Ne deviendrions-nous pas beaucoup plus exigeants vis à vis de ce que l'on voudrait nous présenter comme un progrès ?
En tous cas par la force des choses nous serions probablement devenus, au cours de cette crise, beaucoup plus calculateurs vis à vis des solutions qu'il nous faudrait adopter pour continuer à vivre et à progresser.
A vivre chichement de solutions bricolées au jour le jour nous aurions appris le coût de nos efforts et de nos raisonnements, nous aurions d'une certaine façon beaucoup mieux intégré la notion de "rendement" qui, aujourd'hui et du fait de la facilité dans laquelle se déroule notre vie, nous échappe souvent.
Nous calculerions qu'il serait préférable de nous grouper pour aller, aussi peu souvent que possible, faire quelques indispensables achats en ville à 10 ou 40 km plutôt que d'y aller au hasard d'un petit besoin plus ou moins superflu quitte à y retourner le lendemain, seul dans son auto.
Car le carburant serait rare et cher, et cela vaudrait pour un grand nombre de produits et de services.
En bref cette crise nous apprendrait que notre confort et notre richesse sont des leurres, que les envisager dans une durée illimitée est une erreur grave dans la mesure où leur disparition inopinée nous plonge dans des difficultés immenses : nous ne disposons d'aucune solution de repli nous offrant un confort minimal de survie.
Mais de cette crise émergeraient probablement des solutions très intéressantes pour l'avenir (bien qu'imaginer cela découle d'une ”confiance en l'homme” qu'il ne mérite probablement pas si l'on considère l'état actuel du monde), et des façons de raisonner qui pourraient peut-être nous orienter vers des modes de vie beaucoup plus respectueux de notre environnement.
Pendant la crise nos émissions de CO2 auraient évidemment largement diminué, mais aussi nos rendements agricoles. Car notre agriculture est d'abord une industrie de transformation du pétrole par le biais des carburants, des engrais (tirés du pétrole et autres ressources fossiles) et de divers intrants d'origine pétrochimique.
Autant de produits devenus très rares et chers dont il aurait fallu que l'agriculture sache se passer, au moins en partie.
Or cette agriculture ne peut produire, sur des sols ”reconstruits” pas ses soins, qu'à grands renforts d'apports extérieurs, et elle ne pourrait plus être du jour au lendemain quasiment auto suffisante.
Ces sols privés d'engrais sont stériles et il leur faudrait quelques années pour reconquérir une richesse suffisante pour produire avec fort peu d'engrais et de pesticides : les équilibres naturels tant biologiques que pédologiques ont été rompus et leur reconstitution n'est possible qu'au prix de certains types de travaux qui ne donnent de résultats qu'avec du temps (3 à 6 ans selon les cas).
Mais si une telle crise durait elle contraindrait les agriculteurs à s'adapter aux techniques du ”bio”, ce qui est tout à fait possible dans une transition toutefois douloureuse pour tout le monde car elle ne serait pas immédiate.
Et aussi longtemps que durerait cette crise le ”bio” deviendrait le standard de notre agriculture de subsistance.
Et la même approche vaudrait pour toutes nos actions : faire le plus et le mieux possible avec le moins possible d'effort et de dépense.
La biomasse serait bien entendu largement mise à contribution mais, en l'absence d'engrais, son rythme de renouvellement chuterait....
Du point de vue des biocarburants, notre problématique étant d'obtenir le meilleur résultat à partir de ressources limitées, nous réviserions probablement de fond en comble la politique mise en place dans ce domaine qui privilégie les filières ”diester” et ”éthanol” qui sont les solutions les plus coûteuses à tous points de vue pour obtenir des agro-carburants par rapport à l'utilisation d'huiles végétales pures (voir par exemple : Et voilà qu'on reparle du diester).
Là encore la prise en compte du rendement global de chacun de nos actes, de chacune de nos décisions, nous imposerait le choix de la plus grande efficacité, et nous économiserions la moindre goutte de la précieuse huile !
Nous apprendrions donc (peut-être ?) ce qu'il nous faudrait déjà faire depuis quelques temps, si l'on en juge par notre ”empreinte écologique” qui évalue la démesure de nos ”besoins” par rapport à ce que pourrait fournir notre planète à chacun de ses habitants dans un monde équitable.
C'est pourquoi je ne ressens aucune panique face à l'hypothèse d'une telle crise, même si elle devait me faire mourir de faim (se souvenir de l'histoire, 1929 et ses foules faméliques), car elle serait peut-être une bonne occasion pour réapprendre à vivre en donnant à nos descendants les meilleures chances de survie ?
Espérons : il n'y a pas encore de taxes sur l'espoir...
Un ”think tank” nous annonce : "20-26 Mars 2006 : Iran/US - Déclenchement d’une crise mondiale majeure".
Je ne suis pas qualifié pour évaluer le sérieux de cette prédiction qui correspondrait à une remise en cause très profonde de nos sociétés et de leurs modes de fonctionnement.
Une telle crise nous contraindrait à une diminution importante de notre train de vie et nous plongerait même aux portes d'une paupérisation générale d'une extrême gravité : ce serait l'effondrement brutal de nos économies pour une durée dont nous ignorons tout.
Nombreuses faillites, pétrole à 130 US$ le baril ou plus de façon très soudaine, frein très important mis à tous nos déplacements, au tourisme mondial (qui fait vivre de très nombreuses populations dans un grand nombre de pays), chômage encore plus massif qu'il ne peut l'être aujourd'hui, inflation galopante...
Scénario noir qui n'est peut-être pas impossible et qui nous orienterait vers de nouvelles préoccupations : comment survivre au jour le jour ?
Soudainement chacun se détournerait de tout superflu sous la pression d'une nécessité impérieuse : manger chaque jour à peu près à sa faim, cela d'autant plus que la crise durerait.
Scénario d'une décroissance brutale qui nous contraindrait à ne plus considérer que l'essentiel, un essentiel que notre grande richesse actuelle nous a souvent fait perdre de vue mais qui, pourtant, devrait toujours être un de nos soucis de base.
Et nous en viendrions à poser sur ce forum des questions de nature très différente de celles que l'on y trouve aujourd'hui : nous brodons pour l'instant critiques et propositions sur des états de faits considérés comme un ensemble d'acquis supposés relativement durables or la plupart de ces acquis se seraient effondrés.
Ces questions porteraient nos nouvelles préoccupations : comment survivre et reconstruire un monde qui nous permettrait un meilleur équilibre ?
Quelle attitude adopterions-nous vis à vis de cette notion de ”progrès” qui a sous tendu le développement de nos sociétés depuis des décennies ?
Ne deviendrions-nous pas beaucoup plus exigeants vis à vis de ce que l'on voudrait nous présenter comme un progrès ?
En tous cas par la force des choses nous serions probablement devenus, au cours de cette crise, beaucoup plus calculateurs vis à vis des solutions qu'il nous faudrait adopter pour continuer à vivre et à progresser.
A vivre chichement de solutions bricolées au jour le jour nous aurions appris le coût de nos efforts et de nos raisonnements, nous aurions d'une certaine façon beaucoup mieux intégré la notion de "rendement" qui, aujourd'hui et du fait de la facilité dans laquelle se déroule notre vie, nous échappe souvent.
Nous calculerions qu'il serait préférable de nous grouper pour aller, aussi peu souvent que possible, faire quelques indispensables achats en ville à 10 ou 40 km plutôt que d'y aller au hasard d'un petit besoin plus ou moins superflu quitte à y retourner le lendemain, seul dans son auto.
Car le carburant serait rare et cher, et cela vaudrait pour un grand nombre de produits et de services.
En bref cette crise nous apprendrait que notre confort et notre richesse sont des leurres, que les envisager dans une durée illimitée est une erreur grave dans la mesure où leur disparition inopinée nous plonge dans des difficultés immenses : nous ne disposons d'aucune solution de repli nous offrant un confort minimal de survie.
Mais de cette crise émergeraient probablement des solutions très intéressantes pour l'avenir (bien qu'imaginer cela découle d'une ”confiance en l'homme” qu'il ne mérite probablement pas si l'on considère l'état actuel du monde), et des façons de raisonner qui pourraient peut-être nous orienter vers des modes de vie beaucoup plus respectueux de notre environnement.
Pendant la crise nos émissions de CO2 auraient évidemment largement diminué, mais aussi nos rendements agricoles. Car notre agriculture est d'abord une industrie de transformation du pétrole par le biais des carburants, des engrais (tirés du pétrole et autres ressources fossiles) et de divers intrants d'origine pétrochimique.
Autant de produits devenus très rares et chers dont il aurait fallu que l'agriculture sache se passer, au moins en partie.
Or cette agriculture ne peut produire, sur des sols ”reconstruits” pas ses soins, qu'à grands renforts d'apports extérieurs, et elle ne pourrait plus être du jour au lendemain quasiment auto suffisante.
Ces sols privés d'engrais sont stériles et il leur faudrait quelques années pour reconquérir une richesse suffisante pour produire avec fort peu d'engrais et de pesticides : les équilibres naturels tant biologiques que pédologiques ont été rompus et leur reconstitution n'est possible qu'au prix de certains types de travaux qui ne donnent de résultats qu'avec du temps (3 à 6 ans selon les cas).
Mais si une telle crise durait elle contraindrait les agriculteurs à s'adapter aux techniques du ”bio”, ce qui est tout à fait possible dans une transition toutefois douloureuse pour tout le monde car elle ne serait pas immédiate.
Et aussi longtemps que durerait cette crise le ”bio” deviendrait le standard de notre agriculture de subsistance.
Et la même approche vaudrait pour toutes nos actions : faire le plus et le mieux possible avec le moins possible d'effort et de dépense.
La biomasse serait bien entendu largement mise à contribution mais, en l'absence d'engrais, son rythme de renouvellement chuterait....
Du point de vue des biocarburants, notre problématique étant d'obtenir le meilleur résultat à partir de ressources limitées, nous réviserions probablement de fond en comble la politique mise en place dans ce domaine qui privilégie les filières ”diester” et ”éthanol” qui sont les solutions les plus coûteuses à tous points de vue pour obtenir des agro-carburants par rapport à l'utilisation d'huiles végétales pures (voir par exemple : Et voilà qu'on reparle du diester).
Là encore la prise en compte du rendement global de chacun de nos actes, de chacune de nos décisions, nous imposerait le choix de la plus grande efficacité, et nous économiserions la moindre goutte de la précieuse huile !
Nous apprendrions donc (peut-être ?) ce qu'il nous faudrait déjà faire depuis quelques temps, si l'on en juge par notre ”empreinte écologique” qui évalue la démesure de nos ”besoins” par rapport à ce que pourrait fournir notre planète à chacun de ses habitants dans un monde équitable.
C'est pourquoi je ne ressens aucune panique face à l'hypothèse d'une telle crise, même si elle devait me faire mourir de faim (se souvenir de l'histoire, 1929 et ses foules faméliques), car elle serait peut-être une bonne occasion pour réapprendre à vivre en donnant à nos descendants les meilleures chances de survie ?
Espérons : il n'y a pas encore de taxes sur l'espoir...








