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dimanche 4 décembre 2011

Le discours du Tricastin : un hommage vraiment mérité ?

Il s'agira ici du discours intitulé « Politique énergétique de la France et pérennité de la filière nucléaire » prononcé par le Président de la République à Pierrelatte (Drôme) le Vendredi 25 novembre 2011.

Un premier chapitre de ce discours est consacré à un hommage rendu à Georges Besse, fondateur de la société Eurodif (qui se concrétisera par l'usine d'enrichissement de l'uranium par diffusion gazeuse du Tricastin), puis président directeur général de la Cogema (devenue Areva en 2006) avant de diriger Pechiney-Ugine-Kulmann puis la Régie Renault.

Il sera alors assassiné le 17 novembre 1986, par le groupe Action directe.

L' usine d'enrichissement de l'uranium par diffusion gazeuse du Tricastin devrait fermer en 2013.

Mais ce grand patron fût-il aussi irréprochable que cet hommage le laissait supposer ?

Peut-être pas...

Cet hommage m'a d'autant plus choqué que j'avais lu quelques jours avant divers textes sur la sûreté de nos réacteurs nucléaires, textes qui m'avaient remémoré un certain épisode de ma vie.

On consultera par exemple « La sûreté doit être améliorée sur les réacteurs nucléaires français », article dans lequel on découvre :

« "un certain nombre d'écarts de conformité ont été relevés", note l'IRSN. Exemple : l'insuffisance des réserves d'eau destinées à l'alimentation de secours des générateurs de vapeur. Ou encore l'absence de prise en compte du risque sismique pour des systèmes de ventilation des générateurs électriques de secours, ainsi que pour les systèmes d'ancrage de certains tuyaux. ».

Cet épisode est celui au cours duquel j'étais dessinateur projeteur, travaillant à ce titre à la conception de cette usine d'enrichissement de l'uranium.

Un jour on me charge de dessiner le « supportage » des tuyauteries : tous les éléments destinés à maintenir correctement en place les divers tubulures dans lesquelles circuleront la variété de fluides indispensables au bon fonctionnement de l'usine.

Parmi ces fluides de grandes quantités d'hexafluorure d'uranium (UF6) maintenu en permanence à une température supérieure à 65°C (il est solide à température inférieure), gaz extrêmement toxique et présentant de multiples dangers : toutes les prudences sont donc de mise.

Afin que je puisse travailler « dans les règles de l'art » on me remet une liasse comprenant des spécification et des standards.

Les spécifications contenaient les règles générales applicables au secteur concerné, et notamment les règles de calcul (résistance des matériaux) et coefficients de sécurité tenant compte de divers types de contrainte, et notamment le risque sismique.

Les standards étaient des plans types de divers modèles de supports de tuyauteries, qu'il suffisait d'adapter à l'endroit où un support devait être mis en place : régler les positions de potences en fonction de l'écartement des tuyauteries par exemple.

Les dimensionnements de la structure des divers types de supports étaient donc prédéterminés ainsi que l'écartement selon lequel ils devaient être disposés au long du parcours des tubulures : les conditions de charge étaient donc assez nettement déterminées pour chaque support.

Il semblait que l'ensemble de ces documents pouvait bien être extrêmement comparable aux documents utilisés pour construire n'importe quelle centrale nucléaire, notamment du fait que leur dernière date de révision n'était en général pas récente.

Consultant ces documents il me vient l'impression qu'un certain nombre de ces supports ne répondent pas aux conditions de calcul imposées par les spécifications, notamment ceux devant accepter les plus fortes charges, je prends donc le temps de recalculer quelques supports.

J'avais à l'époque une bonne pratique de divers calculs, dont ceux de résistance des matériaux, ayant dans diverses entreprises calculé divers types de structures, calculs souvent scrupuleusement vérifiés par quelques ingénieurs et je ne craignais donc pas les erreurs du néophyte.

Mes calculs confirment largement mon impression, j'entreprends donc de dessiner les supports tels que mes calculs imposent de les dimensionner, soit nettement plus résistants que ceux proposés par les standards.

Après quelques jours de ce travail l'ingénieur responsable du supportage vient voir l'état d'avancement de mes travaux.

Je lui expose mes constats, lui montre mes feuilles de calcul, mes plans : il ne semble pas très satisfait mais prend le temps de vérifier ce que j'ai fait, et conclut en substance que j'ai « probablement » raison mais qu'on ne m'a pas demandé de recalculer quoi que ce soit et que si l'on m'avait chargé de mettre en place des supports en bois j'aurais dû le faire.

Je lui ai répondu que mon devoir était « comme pour toute personne ici » d'effectuer mon travail « dans les règles de l'art » ce qui excluait donc des supports en bois ou des supports ne respectant pas les règles de calcul, ce qu'il prit fort mal...

Je me vis dans l'heure déchargé de ce travail, qui fût confié à un collègues moins « regardant » et plus docile : les standards furent appliqués à la lettre pour les plans réalisés à cette époque, qui étaient des plans d'exécution, destinés à alimenter les ateliers de fabrication.

Y eut-il par la suite révision de ces plans, renforcement des supports en conformité avec les règles sismique, avant leur exécution ?

Ce n'est pas à exclure, je l'ignore mais je suis en droit de supposer que l'usine en question pourrait bien souffrir des mêmes défauts que ceux constatés dans les centrales nucléaires : «  l'absence de prise en compte du risque sismique pour... les systèmes d'ancrage de certains tuyaux. ».

Si tel est le cas quelques remarques s'imposent :

  • j'avais signalé le vice de conception de certains supports à un ingénieur spécialiste de ce domaine, et rien ne semble avoir été fait pour y remédier : est-ce acceptable ? Cette information n'aurait-elle pas dû remonter la hiérarchie et donner lieu à des correctifs ?
  • nous avons eu la chance qu'aucun séisme d'une intensité élevée affecte nos centrales ou cette usine
  • aucun grand patron du nucléaire ne mérite peut-être un hommage national, car tous auraient permis que soient construites des installations en dépit des « règles de l'art ».

Notons que si un séisme survient et qu'il provoque des ruptures de tuyauteries entraînant des conséquences catastrophiques les « grands patrons du nucléaire » impliqués dans cet éventuelle contravention aux « règles de l'art » mériteraient probablement une mise en examen au même titre que d'autres responsables d'événement regrettables, non ?

Avant qu'un tel séisme se produise il est urgent de vérifier chaque support de tuyauterie de chacune des installations nucléaires de notre pays (car elles pourraient bien avoir été construites sur la base des mêmes standards), et de procéder à une remise aux normes s'il y a lieu.

mardi 2 août 2011

Présidentielles, écologie, Facebook, Google et vote blanc

2012, année de l'élection présidentielle : il convient de s'y préparer et pour ce faire établir une certaine forme de bilan.

Des années qu'on l'annonce et aujourd'hui on le constate : le permafrost fond, la toundra brûle, des quantités énormes de méthane, puissant gaz à effet de serre, seront libérées dans l'atmosphère d'une Terre qui voit fondre ses glace bien plus vite et plus intensément qu'on avait pu le supposer, cela dans un contexte où la ressource en pétrole est, et sera de plus en plus, l'objet de tensions extrêmement fortes.

Certains analyste du marché pétrolier envisagent qu'à relativement court terme l'Arabie Saoudite réduise très fortement ses exportations, afin de satisfaire son énorme consommation intérieure tandis que ses réserves s'amenuisent.

Cela ne laisse rien présager de bon quand à la conduite de ces grands travaux que nos sociétés auraient dû mettre en œuvre face aux menaces des évolutions climatiques, de l'augmentation du coût des énergies (qui donnera la recette pour éviter cela ?) que l'on voit déjà en marche, de l'acidification des océans et mille autres problèmes cruciaux.

Rien de bon car très bientôt nous serons, en vertu des entraves que poseront les sujets évoqués ci-dessus, plus « pauvres » qu'hier pour effectuer de gigantesques adaptations : nous ne nous mettrons probablement jamais à niveau à temps, vue la faible portion de route parcourue jusqu'à maintenant...

Pourquoi si peu d'un nécessaire chemin ?

Aurions-nous négligé de mettre en œuvre les mécanismes qui nous auraient vraiment orientés dans des voies plus salutaires ?

Mais quels mécanismes, basés sur quels ressorts, quelles analyses ?

Peut-être pouvons imaginer les choses sous d'autres angles ?

Se poser toutes les questions, les formuler différemment, sonder chaque réponse...

Essayons.

Nous voterons donc en 2012, un moment important car à ce qu'il paraît nos dirigeants nous orientent dans des directions favorables à notre avenir commun...

Je voterai « écologie » bien sûr, car tout le monde a toujours voté « écologie » si l'on y regarde bien... Car « le terme "écologie" désigne la science qui se donne pour objet les relations des êtres vivants (animaux, végétaux, micro-organismes, etc. ) avec leur habitat et l’environnement, ainsi qu'avec les autres êtres vivants ».

Droit au point Godwin : Hitler faisait donc de l'écologie, Staline et d'autres aussi, chacun à sa façon, chacun ayant profondément modifié sa société, son territoire et même au delà de ses frontières...

Mais bien entendu ce que l'on entend le plus généralement sous ce terme n'a rien à voir avec ces sinistres personnes ou avec nos politiques les plus communs : être « écolo » a pris un sens particulier : « L'écologie politique est un ensemble de courants, largement diffusés depuis les années 1970, qui insistent sur la prise en compte des enjeux écologiques dans l'action politique et dans l'organisation sociale. »

Cette « écologie politique » préconise que nous vivions sans porter d'irrémédiables dommages au vaisseau dont nous sommes habitants et prisonniers, la Terre (pour donner une brève définition).

Vivre, c'est à dire ensemble, aussi bien que possible en prenant donc en compte toutes les dimensions de nos vies, matérielles, intellectuelles...

Vivre tous « libres », en démocraties aussi éclairées que possible et donc vigilantes envers tout ce qui serait susceptible de les assombrir.

En 2012 nous confierons une fois de plus nos destins à des personnes qui seront capables de nous tracer des chemins salutaires et de veiller à tous les grains qui nous en détourneraient : il faut donc que nous soyons dès maintenant certains, la date fatidique arrivant vite, que ces personnes auront les capacités et la vigilances requises.

Est-ce bien toujours le cas ?

J'en doute fort et je doute tout aussi fort que nos diverses tendances politiques aient procédé à un examen suffisamment attentif d'un certain nombre de points, du militant de base à la figure de proue, puis aient agi en fonction de cet examen.

Il se produit aujourd'hui un phénomène qui pourrait avoir un impact majeur sur nos libertés, nos démocraties, nos cultures et le développement de ces trois domaines essentiels, au travers du développement des réseaux sociaux, de l'emprise qu'ils établissent sur notre monde et des modalités selon lesquelles cette emprise s'exerce.

Un point particulier de ces modalités apparaît comme essentiel pour l'avenir du Net, si l'on envisage que le phénomène « réseau social » est amené à perdurer encore quelques jours.

Pour l'avenir du Net : par conséquent pour l'avenir du monde et des relations que nous, chacun de nous, pourrons avoir dans ce monde.

Une question majeure tient dans l'obligation que veulent nous faire les grandes sociétés Facebook et Google de nous inscrire sur les réseaux sociaux sous notre identité d'état civil au prétexte que le fait de se présenter ainsi garantirait des rapports « sains », éviterait les « trolls », autrement dit les trublions et garantirait d'une certaine façon la sécurité de chacun.

Si effectivement certains « trolls » seraient empêchés de sévir (et l'on sait qu'ils peuvent être coriaces, déplacés, néfastes...) dans le même mouvement un très grand nombre de personnes seraient privées de l'usage de ces réseaux dont le qualificatif « social » nous laisse supposer qu'ils pourraient nous aider tous, sans exception, à « faire société ».

A bien y regarder cette politique du « nom véritable » n'éliminerait pas les trolls de ces réseaux : ils y seraient acceptés et pourraient s'y manifester sous leur identité dument vérifiée en des propos considérés comme « acceptables » : le « troll » n'est en fait pas nécessairement une personne mais une facette d'une personne.

Mais qui finalement jugerait que des propos seraient ou non acceptables, et en fin de compte classerait telle personne comme « troll », l'éliminerait probablement du réseau, et pour combien de temps ?

Ne sommes-nous pas tous potentiellement le « troll » de quelqu'un ?

Quelle fiabilité ?

Quelle fiabilité aussi dans cette certification d'identité, en vérité, puisqu'il peut aujourd'hui suffire d'envoyer une photocopie de pièce « officielle », véritable ou non, pour faire admettre à Google que le nom sous lequel on a tenté de s'affilier est bien le nom réel d'état civil (Facebook se montrant éventuellement moins pointilleux) ?

On sait qu'il existe des artistes des logiciels de retouche : la politique des « noms véritables » risque fort de ne rien garantir pour un temps, peut-être le temps que nous soyons obligés de disposer d'une carte d'identité biométrique d'un très haut niveau de sécurité et que nous allions faire patte blanche à quelque bureau local du réseau pour une « certification » réputée rigoureuse ?

A l'occasion on nous tatouerait le sigle de ce réseau social sur le front, et nous n'adresserions plus la parole qu'à des personnes « certifiées »...

Ils ne sont pas certifiés Fb et G+

Le marquage des personnes, quelle qu'en soit la forme, a de mauvais relents...

En fin de compte il sera extrêmement difficile de mettre au point une politique de « noms véritables » offrant vraiment la garantie que les noms seront véritables : l'affaire se présente donc sous un jour où les garanties escomptées ne seront pas au rendez-vous.

Faut-il vraiment mettre en œuvre un principe à ce point bancal ?

Mais cette politique ne présente pas ce seul inconvénient.

Qui sait si dans ma vie très privée je ne suis pas l'auteur d'écrits théologiques sur telle ou telle religion, ou si je n'appartiens pas à un club de personnes fascinées par les cafards, ces insectes si largement adulés, et si je ne tiens pas absolument, pour des raisons qui m'appartiendraient, à ce que cette activité demeure inconnue des miens, de mes voisins, de mon employeur... ?

Qui sait si cette activité culturelle ne s'enrichirait pas énormément d'une présence sous pseudonyme sur quelque réseau social, afin de partager des connaissances de façon aisée avec des partenaires du monde entier ?

Avoir une véritable vie sociale au sein de ma passion secrète en somme.

Il y a de par le monde un très grand nombre de personnes qui, pour mille raisons, ont un besoin parfois vital (jusqu'à protéger leur intégrité physique) de pouvoir se présenter ici ou là sous pseudonyme : ces personnes ont autant de droit que quiconque à exercer pleinement toutes les activités que l'on exercerait en déclarant son nom d'état civil, à avoir une vie complète, sociale, politique, affective...

Il est d'ailleurs fort surprenant que Google et Facebook, entreprises US, puissent annoncer de telles politiques de "noms véritables" dans un pays où l'on peut exercer toute activité, à ma connaissance sans aucune restriction, en utilisant le pseudonyme sous lequel on s'est fait connaître et qui n'a bien souvent aucun rapport avec son état civil "d'origine".

Le premier amendement de la constitution US garantit la liberté de parole mais ne spécifie nullement qu'elle doit se prendre en prouvant son état civil.

Par ailleurs dans des pays où la liberté d'expression est fortement contrôlée il pourra être vital de ne pas tenir certains propos sous son nom d'état civil mais tout aussi vital de pouvoir s'exprimer d'une façon qui serait jugée trop subversive sous pseudonyme avec un plus grand niveau de sécurité.

Venons en à la question clef de cette politique : celle de l'impact extrêmement fort qu'ont ces deux réseaux aujourd'hui sur le monde.

600 millions d'affiliés à Facebook probablement au minimum, 20 millions à Google+ en moins de temps qu'il n'en faut pour penser à éternuer...

Combien de divisions sur ces deux réseaux, ou sur celui qui survivra à la féroce bataille qu'ils se livrent, dans 2 ans, dans 4 ans ?

Un quart de la population mondiale « connectée » ?

Il y aurait entre 1,5 et 2 milliards de personnes connectées à Internet : le quart est atteint ou dépassé par Fb.

La moitié de la population mondiale sera présente sur ces réseaux ?

Plus ?

Il suffit déjà de la puissance de ces sociétés et de leurs grand nombre d'affiliés pour que leurs préconisations, leurs règles internes en fait, puissent être reconnues comme des normes.

Est-il acceptable que chacun dans le monde demain soit contraint, pour pouvoir bénéficier des principaux services disponibles sur la planète, de s'y inscrire sous son nom véritable alors que l'on sait que cette obligation serait une clause très nette d'exclusion, un motif à ne pas pouvoir publier des œuvres de l'esprit qui participeraient de notre culture en mouvement, un frein à l'évolution de l'ensemble de nos libertés et de nos démocraties ?

Eliminer du Net tout ce qui se ferait sous couvert de pseudonyme serait un véritable autodafé, un massacre des idées, détruirait des sommes de productions de l'esprit (ou bloquerait leur diffusion) et finalement d'une certaine façon leurs auteurs.

Fb et G+ ont tué leurs pseudonymes

Mais qui de nos politiques, qui de nos écologistes aurait élevé la voix sur cette question ?

Certes, le commerce...

On sait que les motivations fondamentales de ces deux compagnies sont de favoriser leur commerce, en disposant de très riches bases de données sur le moindre de nos faits et gestes d'individus uniques, bien désignés par un véritable nom et géolocalisés, afin de mieux cibler la publicité qu'ils nous retourneront de façon directe ou par la commercialisation des données que nous avons fournies.

On sait depuis le début que les courriers électroniques de la plateforme Gmail sont analysés afin de pouvoir mieux nous « cibler ».

Objectif : publicité, vente, encore plus de vente au travers d'une publicité encore mieux conçue en fonction des « goûts » de chacun et tout cela pour quoi ?

Pour enrichir encore plus ce colosse, bien sûr, avec l'effet collatéral que, si le système fonctionne vraiment et donne grande satisfaction à ses initiateurs, nous « épuiserons » encore plus vite cette planète que nos fameux « écologistes » voudront préserver.

En conséquence livrer de nos données, éventuellement beaucoup de nos données, et même parfois toutes nos données à ces entreprises lorsque l'on se prétend « écolo » c'est leur permettre de faire avec plus d'efficacité ce contre quoi l'on souhaiterait, paraît-il, lutter.

Comme s'il n'existait aucune solution de courrier électronique que Gmail...

J'avoue certes, j'ai un compte Fb, mais auquel je ne livre que très peu de considérations personnelles pouvant être liées à mes « habitudes de consommation » : il a pour vocation essentielle de partager des lectures et je n'y ajoute maintenant presque exclusivement que des lectures concernant les réseaux sociaux, le reste étant sur ma page de cet autre réseau social (sur lequel j'invite chacun à se documenter : « Diaspora* : Le guide du parfait débutant »).

Pour conclure je pense qu'il existe une menace réelle due à ces deux grands opérateurs qui, d'une certaine façon, voudraient « purifier le monde ».

Retour dans les parages du point Godwin : souvenez vous du nombre de dictateurs qui ont voulu « purifier » le monde...

L'histoire nous apprend que ce genre d'initiative n'a jamais conduit à des situations heureuses et maintenant si l'arme utilisée n'est pas le canon mais le commerce, le commerce effréné, implacable, envisagé dans une sorte de démesure, exacerbé, vorace... je ne pense pas que le résultat global de cette mécanique pourra nous être véritablement bénéfique : il nous sera donc nuisible.

La philosophie également peut nous inciter à penser que ce qui se trame n'a rien de bénéfique.

Que font donc des personnes démocrates, attachées à nos libertés fondamentales, à notre développement culturel, des politiques chargés de défendre de telles « valeurs », en utilisant assidument ces services de Google aux nombreux substituts (courrier électronique) ou aux quelques substituts (réseaux sociaux) inoffensifs ?

Ils renforcent Google, ses appétits, accroissent la possibilité qu'une norme néfaste, la politique des « noms véritables », soit appliquée au monde : n'y aurait-il pas comme un paradoxe ?

Je ferais même le pari qu'on y trouve de « véritables écolos » ou des « décroissants »...

Alors en 2012 il faudra voter.

Et je commence à penser que je n'aurai pas grand plaisir à voter pour un candidat qui n'aurait pas montré un certain activisme sur cette question, qui aurait un compte Gmail et serait présent sur Google+ : cohérence entre la parole et les actes, entre autres nombreux critères....

Voter, peut-être blanc, malheureusement, surtout s'il règne un tel silence, dans les médias et dans l'arène politique, sur la question abordée ci-dessus, parce-que j'ai besoin de logique et de cohérence.

Pas vous ?

Pourquoi mettre particulièrement Google sur la sellette alors que Facebook prône cette même politique des « noms véritables » ?

Trois faits m'y incitent : le premier est que Facebook ne présente pas une offre de services couvrant autant de domaines que ceux que Google traite, ce qui revient à dire que « l'utilité globale » des deux compagnies ne se compare pas.

L'offre de Google est vaste et de haute qualité : comme à l'étal du marché il ne faut y prendre que les meilleurs fruits, ceux qui nous apporteront les vitamines et non les mycotoxines.

Second fait : quelques sondages semblent indiquer qu'un grand nombre d'affiliés à Facebook pourraient migrer vers ce Google+ qui apparaît aujourd'hui comme la grande superstar du Web, qui offre de si grandes facilités, qui affiche un taux de croissance ahurissant, qui semble si largement plébiscité qu'on peut imaginer qu'il mettra un jour, ou bientôt, son concurrent au tapis.

Troisième fait : la conséquence de la très vaste offre de service de Google est que chacun peut être amené à utiliser un grand nombre de ces services et cette convergence donne à cette société des moyens techniques supplémentaires pour nous traquer, pour surveiller notre activité et convertir les résultats de cette collecte en données commercialisables.

La « puissance » technique de Google semble donc largement supérieure à celle de Facebook : l'acteur le plus dangereux dans la tentative de « purifier le Net » par une politique des « noms véritables » est donc probablement Google.

A moins d'une réaction mondiale des instances politiques contre cette « purification », mais je ne la vois pas venir, seuls les internautes peuvent contraindre Google à l'abandon de sa mauvaise idée.

Auront-ils la clairvoyance de le faire ?

Sauront-ils nous éviter à tous des mesures capables de brider de façon sévère d'indispensables actions politiques et sociales dans un monde devenu peut-être beaucoup plus conflictuel, pour les raisons évoquées au début de cet article ?

Qui, sur ce Net « purifié », pourra lancer d'indispensables alertes dans ce monde plus trouble, car les lanceurs d'alertes sont des sortes de « trolls » aux yeux de certains, nous le savons bien...

Y a-t-il quelque part une trace « d'intelligence collective » ?

jeudi 28 juillet 2011

Campagne mondiale pour la liberté et la démocratie sur les réseaux « sociaux »

Les volontés fermement affichées de Google et de Facebook d'exiger que chacun s'inscrive sur leurs réseaux sociaux sous sa « véritable identité » sont une menace forte pour la liberté de chacun et de tous.

Peuvent être affectées nos libertés de parole et d'action dans de nombreux domaines, religieux, politique, intellectuel, sexuel...

La liberté de personnes menacées, et il en existe beaucoup de par le monde pour de très nombreux motifs, exige que ces personnes puissent jouir des libertés que nous sommes très nombreux à exercer sur le Net et dans la vie en général sans que nous puissions penser un instant que cela pourrait présenter un danger pour notre intégrité physique, simplement parce-que nous nous trouvons dans un contexte de tolérance assez large.

L'obligation de se désigner sous nom en toute occasion, que veulent imposer ces sociétés, doit donc être rejetée en bloc et avec force.

Chacun au monde doit à la fois pouvoir être présent sur les réseaux sociaux et ne souffrir pour cette raison d'aucune discrimination, sinon ces réseaux agiront comme des outils d'exclusion sociale.

Chacun doit pouvoir y apparaître aussi bien sous un « profil » lui permettant un type de présence, et de publication, qui sera conforme avec ses diverses obligations (dans le domaine professionnel par exemple) et si nécessaire sous un ou plusieurs autres profils qu'on ne pourrait relier au véritable état civil afin de permettre l'expression d'idées qui pourraient compromettre l'avenir professionnel, les relations de voisinage ou présenter tout autre inconvénient majeur.

Un profil unique identifié par les données d'état civil constitue un outil de censure, car bien des personnes ne pourront y publier des réflexions pouvant être estimées « non conformes ».

Des réflexions qui, pourtant, seraient partie intégrante de la culture en marche : combien de réflexions, d'écrits clandestins ont éclairé notre monde ?

Galilée, Copernic...

Oui, notre culture en marche a besoin de la collaboration de tous, quel que soit son nom et son statut, et les réseaux sociaux nominatifs pourraient bien apparaître comme des freins au développement de la culture.

Ne nous contentons pas, pour réfléchir à cela, de ne regarder qu'à peine plus loin que les limites de notre jardin : nous sommes nombreux à vivre dans des pays qui offrent de larges libertés, mais encore plus nombreux dans des pays où ce n'est absolument pas le cas.

Ces réseaux sociaux nominatifs sont des outils d'exclusion vis à vis de toute personne qui, pour des raisons vitales, ne doit apparaître sous son nom, être désignée, géolocalisée... sous peine de devenir une proie.

Que tous les parents réfléchissent bien à cela...

Réseaux mondiaux, à l'audience mondiale et qui nécessitent, pour leur développement financier (qui est absolument leur unique préoccupation), la « participation » de « tous », ils veulent imposer à « tous » les conditions qui leur offrirons les meilleures chances d'optimiser leur propre développement.

Nous avons vu que ces conditions présentent de très graves inconvénients et auront des effets collatéraux regrettables.

Il nous appartient à tous, à chacun, de faire en sorte que les contraintes néfastes que veulent nous imposer ces réseaux sociaux et qui présentent des menaces fortes pour nos libertés et pour la démocratie ne soient pas, ne soient plus mises en œuvre.

Il faut donc appliquer aux sociétés Google et Facebook des pressions telles qu'elles reviendront sur leurs décisions et nous seuls, les utilisateurs ou utilisateurs potentiels de leurs services, pouvons exercer ces pressions.

Il existe pour cela diverses possibilités : supprimer les comptes déjà créés, ne pas s'inscrire, faire connaître par différentes voies notre désaccord...

Il me semble finalement qu'une campagne très simple, peu contraignante pour chacun mais au potentiel d'efficacité élevé pourrait être facilement mise en œuvre au niveau mondial.

Il suffirait que nous, inscrits sur l'un ou l'autre de ces réseaux, soyons très nombreux à diffuser une image montrant notre refus des contraintes aujourd'hui imposées.

Je propose cette image dont j'admettrai volontiers la piètre qualité graphique...

Elle comporte des mentions en français, anglais, allemand, espagnol, italien, norvégien, polonais, portugais, hollandais et suédois.

Afin de faciliter le travail de toute personne qui souhaiterait se lancer dans une création graphique de qualité supérieure à la mienne voici les éléments de texte utilisés, dans l'ordre des langues citées.

Je suis
I am
Ich bin
Yo soy
Sono
Jeg
Jestem
Estou
Ik ben
Jag är

Pour la liberté et la démocratie je dois conserver mes différentes identités sur les réseaux sociaux
For freedom and democracy I must keep my several names on social networks
Für Freiheit und Demokratie muss ich meine verschiedenen Namen in sozialen Netzwerken zu halten
Por la libertad y la democracia, debo mantener mis varios nombres en las redes sociales
Per la libertà e la democrazia devo mantenere la mia diversi nomi sui social network
For frihet og demokrati må jeg holde mine flere navn på sosiale nettverk
O wolność i demokrację Muszę zachowywać moje kilka nazw w sieciach społecznościowych
Pela liberdade ea democracia, devo manter a minha vários nomes em redes sociais
Voor vrijheid en democratie ik moet mijn verschillende namen op sociale netwerken
För frihet och demokrati måste jag hålla mitt flera namn på sociala nätverk

ici, here, hier, aquí, qui, her, tutaj, aqui, hier, här :
ailleurs, somewhere, auch, también, anche, også, również, também, ook, också :
et aussi, and too, und auch, y también, e anche, og også, a także, e também, en ook, och även :

Toute autre traduction sera la bienvenue.

J'ai pour ma part remplacé l'une des quelques dizaines de photos présentes sur mon profil Facebook par cette image et je remplacerai chaque jour où je pourrai me connecter une de mes photos par cette même image, à moins qu'il en apparaisse d'autres de la même nature qu'on voudrait me prêter.

Mon profil Facebook

Le blug de l'encéphalugomme molle n'est pas un blog vitaminé : ce n'est qu'un blug, un blog des bugs, des bugs de l'intelligence. Vous savez cette merveilleuse chose indéfinissable qui a permis à l'homme de devenir le maître incontesté de la nature... Ici vous trouverez peut-être de gentilles horreurs et des raisonnements tordus : prudence...
Il est encore temps de fuir !
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