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Agriculture biologique ? Incontournable à terme !

J'ai cité l'exemple que nous fournissent le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède en matière de pesticides, et ce n'est pas la seule initiative qui puisse - QUI DOIVE - nous inspirer.

C'est à Münich que nous trouverons un autre exemple parfaitement opérationnel de dynamique assurant à la fois une agriculture rentable, de qualité, et une excellente qualité des eaux tant de surface que souterraines (ce qui constituait le motif de la mise en place cette dynamique).

Vous pourrez lire l'exposé assez détaillé des décisions prises et de leurs conséquences sur http://www.solagro.org/site/161.html [fr] Ouverture dans une nouvelle fenêtre.

Le revenu des agriculteurs a été maintenu, tout l'effort d'appui indispensable au passage à une agriculture biologique semble avoir été déployé ET TOUTE UNE REGION EST ALIMENTEE PAR UNE EAU DE QUALITE MINERALE AU BANAL ROBINET DE L'EVIER OU DE LA DOUCHE.

Et cela pour un coût parfaitement acceptable et bien inférieur au coût de potabilisation d'une eau telle que nos eaux de surface ou souterraines françaises.

De mauvais choix de société...

Cela démontre que les niveaux actuels de pollution ne sont pas une fatalité mais qu'ils sont imputables à de mauvais choix de société.

Nous avons vu que ces choix de société nous coûtent cher aujourd'hui, alors que nous ne manquons pas vraiment de ressources énergétiques.

Mais les traitements de dénitrification et d'ablation des pesticides utilisent des techniques énergivores (osmose inverses et autres méthodes utilisant des membranes, des pressions importantes...).

Que deviendront ces traitements dans le cas d'une sévère crise énergétique, initiée par un prix élevé du pétrole qui entraînerait à la hausse le prix de toutes les énergies ?

Leur coût demeurera-t-il acceptable ?

Ne serons-nous pas contraints à boire des eaux toxiques ?

Car les livraisons d'eau minérale pourraient être perturbées et la production de ces eaux est-elle suffisante pour alimenter correctement l'ensemble de la population sur le long terme ?

Quel serait le coût de cette dynamique ?

Tout dépendra de facteurs que nous ne pourrons pas maîtriser : l'intensité et la vitesse du réchauffement climatique, en conjonction avec le prix du pétrole.

Réagir ? Mais vite !

Or décider maintenant une réorientation de toutes les pratiques agricoles vers le "tout biologique" nécessitera la mise en place d'un grand nombre de dispositions nouvelles et nous avons vu que la restauration des terres nécessite un délai : l'effet d'une décision immédiate de cet ordre ne manifestera sur la qualité des eaux que de façon assez progressive.

Ne comptons pas, dans ce schéma, disposer d'eaux d'un bon niveau de potabilité sur l'ensemble du territoire avant une bonne dizaine d'années.

Hors de ce schéma, ce sera pour les calendes grecques...

Rapprochons cette échéance de celle envisagée pour un baril de pétrole à 380 US$....

Mais l'agriculture biologique est-elle une agriculture efficace, capable de subvenir aux besoins de l'humanité ?

L’agriculture biologique peut-elle nous nourrir tous ? [fr] Ouverture dans une nouvelle fenêtre : on trouvera ici ce que l'on peut en penser sur la base d'un certain nombre d'études sur le long terme au niveau mondial.

De quoi remettre sérieusement en question notre agricul-tueuse !

Autorégulation des sols

Contre la sécheresse : le travail des aquaporines

Les aquaporines sont des protéines "canal à eau" présentes dans tous les organismes vivants.

Elles ont été découvertes en 1988 par Peter Agre (ce qui lui a valu le prix Nobel de chimie en 2003), date à laquelle on a commencé à comprendre comment s'effectuait la régulation de l'eau dans les organismes vivants.

Parallèlement, depuis une trentaine d'années, un canadien, Gilles Lemieux, expérimentait une technique d'enrichissement du sol par sa couverture avec des fragments de bois : c'est la technique du bois raméal fragmenté (BRF).

Un sol voit sa fertilité augmentée s'il est couvert de fragments de rameaux de bois fraîchement coupé, et ce sol acquiert une très grande capacité à demeurer humide même par temps très sec.

La couche de bois est le siège du développement d'un très grand nombre de micro-organismes (parmi lesquelles les champignons qui dégraderont la lignine du bois et des champignons aux vertus antibiotiques, qui protègeront les cultures de certaines maladies), et c'est probablement à ces champignons (et à leurs aquaporines) que l'on doit cette très bonne conservation de l'humidité.

Les résultats obtenus par Gilles Lemieux s'expliqueraient donc par la découverte de Peter Agre, et pourraient conduire à un type d'agriculture très économe en énergie, avec probablement une diminution très importante de la nécessité d'irriguer.

Le nouveau rôle des haies.. et des stations d'épuration !

Abri et garde manger pour de nombreuses espèces, les haies coupent le vent et retiennent l'humidité.

Elles pourraient devenir une des toutes premières sources de fertilisation et d'équilibre hydrique des sols en produisant une partie des rameaux du BRF.

Mais la productivité des haies, même si l'on en replantait de façon assez systématique, ne suffirait peut-être pas à couvrir les besoins d'une agriculture utilisant largement les BRF.

Une autre source de rameaux pourrait être créée avec des systèmes de station d'épuration combinant le lagunage et le phyto-traitement, les plantes de certaines strates de ce phyto-traitement étant des espèces arbustives, et donc capables de fournir des rameaux de bois de différentes espèces convenant à la production de BRF.

BRF contre ou avec compost ?

Lorsque l'on examine de près l'enrichissement des sols par le compost on s'aperçoit qu'il est indispensable de porter une grande attention à la nature du compost employé et à un certain nombre de paramètres de son utilisation afin d'obtenir un bon équilibre du sol en différents éléments nutritifs.

Le BRF semble apporter de façon plus certaine et très immédiate un bon équilibre du sol : dans quelle mesure ces deux méthodes pourraient-elles se combiner afin de garantir un équilibre constant des sols dans des conditions de coûts (énergétiques et financiers) minimaux ?

La généralisation de l'utilisation du BRF en diminuerait la disponibilité : produirait-on suffisamment de rameaux pour combler l'ensemble des besoins si cette méthode était validée pour la grande culture ?

D'où, peut-être, l'intérêt d'une technique mixte BRF - Compost.

Comment appliquer les BRF aux grandes cultures ?

Le BRF permettrait-il la culture du maïs sans labour et sans irrigation ?

Quelles expérimentations, quelles recherches dans ce domaine se font-elles en France ?

Il semble pourtant que le BRF pourrait permettre d'atteindre simultanément plusieurs objectifs : bonne fertilisation et bon équilibre hydrique des sols, meilleur stockage du carbone dans les sols, économie d'intrants synthétiques (fertilisants, pesticides), économies de traitements mécaniques des sols, et probablement accroissement du revenu des agriculteurs (épandage de rameaux tous les 5 à 10 ans selon les sols).

Réseau Freemen OGM et citoyens Catastrophisme lucide

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