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Catastrophisme lucide

Envisager, jusqu'à craindre quelles se produisent, des situations plus difficiles que celles que nous connaissons à un moment donné est-il avoir une vision pessimiste de l'avenir ?

Tout dépendra sur quelles bases sera imaginée cette situation difficile : est-il possible qu'elle se produise, est-il probable qu'elle puisse se produire ?

Entre imaginer une collision entre la Terre et Saturne et envisager une collision de la Terre et d'un météorite il y a la différence qui existe entre la science fiction et la science car la science, par l'ensemble des connaissances accumulées sur la dynamique des planètes, ne nous permet pas de penser que Saturne et la Terre pourront se rencontrer inopinément, tandis que la science nous a démontré qu'un météorite pouvait percuter notre planète à n'importe quel instant.

Et il en sera ainsi dans tous les domaines : imaginer le possible n'est pas laisser libre cours à ses pensées, sans la moindre frontière.

Imaginer le possible consistera souvent à extrapoler des tendances constatées ou à envisager que des incidents puissent venir troubler un "cours des choses" qui nous semblerait souhaitable, des incidents situés dans le droit fil d'une successions d'événements passés : un avenir qui aurait une certaine "normalité" par rapport à ce qui l'aurait précédé, un avenir troublé mais dans une perspective relativement linéaire, sans rupture.

Mais imaginer le possible conduit aussi à chercher ce qui pourrait introduire une rupture dans une série dotée d'une certaine homogénéité.

Ruptures

L'invention du transistor marqua une rupture bienvenue et bénéfique dans le domaine de l'électronique puis dans nos vies, bien qu'elle ait également pu être catastrophique pour les fabricants de lampes, et cette discontinuité n'avait pas été prévue.

Autre rupture avec de malheureuses conséquences, le tsunami de la fin 2004 près de Sumatra, également imprévue, mais dont on pouvait s'imaginer qu'elle pouvait se produire.

Plus prévisible, bien qu'il ait été impossible de démontrer à l'avance qu'il existerait en générant les dégâts que l'on sait, l'ouragan Katrina. Mais on pouvait prévoir qu'un tel ouragan pourrait apparaître un jour.

On pouvait donc également prévoir des défenses appropriées afin d'en limiter l'impact.

S'il n'est pas très utile de prévoir un événement contre lequel il sera impossible de faire quoi que ce fût (détection d'un météorite de très grandes dimensions sur la trajectoire terrestre par exemple, que nous ne saurions ni dévier ni détruire et qui aurait toutes les chances d'éradiquer à peu près toutes les espèces vivantes) il serait par contre important que nous sachions nous mettre à l'écart de dangers dont nous savons qu'ils peuvent nous guetter, avec une forte probabilité qu'ils se manifestent un jour.

Un bon inventaire des dangers peut servir à bien gouverner, nous le savons tous, un "catastrophisme lucide" aidera à la prise de mesures salutaires et interdire de construire dans la zone d'expansion des crues d'un fleuve participe de cela.

C'est en essayant de m'en tenir à un "catastrophisme lucide" que je propose sur ce site un certain nombre de réflexions.

Phénomènes non linéaires

Mais pourquoi utiliser le terme de "catastrophisme" et non celui de prospective, par exemple ?

Tout simplement parce-qu'il se passe dans le monde aujourd'hui des phénomènes susceptibles de causer des ruptures, des non linéarités qui auront pour effet d'affecter la régularité de certaines courbes.

Prenons par exemple l'augmentation de la teneur en CO2 de l'atmosphère.

Cette teneur croît régulièrement depuis plus d'un siècle et l'on peut prévoir qu'elle augmentera encore, peut-être à un rythme plus soutenu si nous n'y veillons pas.

Cela provoque une augmentation de l'effet de serre, source d'un réchauffement global du climat.

Mais ce réchauffement esquisse une rupture, en initiant la fonte des pergélisols d'Amérique du Nord et de Sibérie. Cette fonte libère de grandes quantités de méthane, gaz à effet de serre d'un pouvoir 23 ou 24 fois plus élevé que celui du CO2.

Voilà où se trouve la rupture : dans l'intensité nettement accrue de l'effet de serre par l'apport massif de méthane. La courbe risque de marquer une pente brusque vers le haut et cette "catastrophe" que subira la courbe pourra, dans notre réalité, se traduire par des bouleversements accrus du climat.

Autre indice "catastrophique", le 10 Septembre 2005 un cyclone tropical de classe 1 se dirigeait vers le Portugal et menaçait de déferler vers l'Europe.

La tempête tropicale Vince a menacé l'Europe

Heureusement il s'est disloqué au large du Maroc, mais le fait doit être noté : c'est la première fois que l'on mentionne un tel phénomène depuis que l'on détient des relevés météorologiques réguliers (début du XIX ème siècle).

Doit-on s'attendre, dans les années à venir, à de nouveaux phénomènes météorologiques éventuellement destructeurs ?

Mais il n'y a pas que "les éléments" qui puissent causer des ruptures dans nos sociétés, nos modes de vie, et les humains savent également en provoquer.

Eviter les catastrophes

Un rapport de l'ONU du 12 Octobre 2005 nous informe que 50 millions de personnes pourraient être contraintes à l'immigration d'ici 2010, par le fait que les régions où elles vivent sont devenues inhospitalières pour cause de diverses pollutions.

Le rythme de l'immigration pourrait donc lui aussi connaître une forte accélération, et sortir de la fourchette de variation qu'on lui connaît actuellement.

La forte demande mondiale en énergie conjuguée à quelques incertitudes sur les approvisionnements et à d'éventuels phénomènes imprévus (conflits, météo...) pourrait pousser le cours du baril vers des sommets en très peu de temps.

On le voit par ces quelques exemples de nombreuses ruptures peuvent se produire, éventuellement cumuler leurs effets. Ces ruptures seront des phénomènes catastrophiques aussi bien sur les courbes des statisticiens que, peut-être, dans nos vies.

Ma tentative d'ausculter l'avenir ne peut malheureusement s'affranchir de ce catastrophisme que j'espère lucide, et qui n'est pas du pessimisme : je ne prédis pas l'avenir.

Par contre je m'efforce de trouver les solutions par lesquelles nous pourrions échapper aussi bien que possible à des catastrophes que nous ne saurions éviter, ou à trouver les remèdes qui permettraient de limiter l'ampleur de catastrophes assez prévisibles, comme ce fameux réchauffement climatique.

 
 
 




Réseau Freemen OGM et citoyens Biocarburants : le mauvais choix de la France

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