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Le coût de l'agriculture intensive actuelle

Traitements de potabilisation des eaux

Il semble que la consommation moyenne d'eau potable en France est voisine de 90 mètres cubes par personne et par an (source : http://www.eau-poitou-charentes.org/2-eau-et-usages-25-48.html [fr] Ouverture dans une nouvelle fenêtre) soit 6 milliards de mètres cubes d'eau puisée et traitée pour 4,5 milliards de mètres cubes facturés en 2000, la différence étant due aux pertes par fuite des canalisations.

SI UNE EAU PARFAITEMENT POTABLE selon les normes en vigueur ÉTAIT DISPONIBLE À TOUS NOS ROBINETS (ce qui n'est pas toujours le cas) il faudrait appliquer un traitement de dénitrification coûtant en moyenne 0,38 euros par mètre cube, et un traitement d'élimination des produits phytosanitaires coûtant entre 2,6 et 3,2 euros par mètre cube, soit une moyenne de 2,9 pour ce traitement.

L'ensemble du coût moyen du traitement s'établirait donc à 3,28 euro par mètre cube.

Appliquons ce coût au volume traité, soit 6 milliards de mètres cubes : la dépense en traitements serait de 19680000000 Euros, soit environ 307 euros par personne et par an (population de 64 millions d'habitants).

Sur la quantité facturée la dépense se réduirait à environ 230 euros par personne et par an pour un montant global collecté de 14760000000 euros.

Vous avez bien lu, plus de 14 milliards d'euros par an, ou 19 milliards selon que l'on tient ou non compte des pertes (si tous ces traitements étaient systématiquement réalisés afin de garantir à tous une eau parfaitement potable ce qui n'est , rappelons-le, pas toujours le cas).

Mais observons que la différence est de toutes façons répercutée sur la quantité facturée...

Cette pollution par les nitrates et les phytosanitaires étant imputable à l'agriculture, voilà donc l'un des coûts potentiels des pratiques agricoles actuelles, mais il y en a d'autres.

Antibiotiques, Oestrogènes, Cyanobactéries...

On trouve dans nos eaux de nombreuses molécules échappées des stations d'épuration (qui s'avérent incapables de les éliminer) : des antibiotiques, des oestrogènes, des tranquillisants... mais aussi des phosphates dont l'origine est pour environ la moitié due à l'utilisation de lessives largement phosphatées et pour une autre moitié agricole (lessivage des sols, imputable à une mauvaise gestion des apports et des sols au faible pouvoir de rétention).

Les phosphates posent un problème particulier, relativement récent et qui pourrait s'accroître avec un réchauffement du climat : ils favorisent le développement de cyanobactéries, une large famille de micro-algues dont la plupart sont toxiques.

Une surveillance des plans et des cours d'eau se met en place en France afin de détecter les proliférations de ces organismes dangereux capables de synthétiser des hépatotoxines et des neurotoxines (BMAA) qui pourraient être mises en cause dans des maladies neurodégénératives comme Alzheimer et Parkinson : on retrouverait la neurotoxine BMAA dans le cerveau des personnes atteintes de ces maladies, alors qu'elle est absente chez les personnes qui n'en sont pas victimes (voir le lien : "Troubles neurodégénératifs").

Saurons-nous mettre au point des systèmes capables de purifier l'eau en extrayant ces différentes toxines, et à quel prix ?

En attendant en 2005 certains plans d'eau ont été interdits à toute activité, qu'il s'agisse de captages (alimentation des réseaux de distribution) ou de baignade et autres activités nautiques (canoë...).

Le coût des problèmes de santé d'origine agricole

Il est très difficile de trouver des évaluations de ce type de coût qui nécessite d'abord des enquêtes épidémiologiques complexes et longues : on sait cependant que la présence de produits phytosanitaires dans notre environnement n'est pas sans conséquences.

Le coût qui leur est imputable est de plusieurs ordres : financier, social, énergétique (il faut fabriquer ces produits) alors qu'il est démontré qu'une réduction de 70% de l'utilisation de ces produits affecte peu la rentabilité agricole (politiques de réduction mises en place par le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède depuis les années 1980).

Sur le plan financier à combien de milliards d'euros faut-il évaluer le coût de l'agriculture dans le domaine de la santé publique ?

Selon certaines sources les dépenses de santé imputables aux maladies liées aux pratiques agricoles seraient de 2 à 3 milliards d'euros par an pour la France.

L'avis des citoyens ?

Ne disposant actuellement pas du temps nécessaire à l'approfondissement de ce chapitre je m'en tiendrai là pour ce qui concerne les "coûts marginaux" de "l'agriculture productiviste" comme elle se pratique actuellement.

N'oublions pas que la communauté européenne finance également l'agriculture française à la hauteur d'environ 10 milliards d'euros par an (environ 88 euros par français par an).

L'ENSEMBLE DE CES COUTS EST A LA CHARGE DE L'ENSEMBLE DE LA POPULATION : y-a-t-il une obligation à ce qu'il en soit ainsi, et à ce que ces coûts s'accroissent ?

Car UNE AUGMENTATION DES ACTIVITES AGRICOLES LIEES À LA PRODUCTION DE BIOCARBURANTS, si l'agriculture se pratique avec les mêmes méthodes que celles actuellement utilisées, AUGMENTERA AUSSI LES QUANTITES DE NITRATES, DE PHOSPHATES ET DE PHYTOSANITAIRES QUI POLLUENT DEJA FORTEMENT NOS RESSOURCES EN EAU.

Pour le prix que chacun des 64 millions de français paye aujourd'hui afin que l'agriculture soit ce qu'elle est il faut aussi QUE CHAQUE CITOYEN AIT SON MOT À DIRE sur ce qu'elle est et sur ce qu'elle devrait être.

Réseau Freemen OGM et citoyens Catastrophisme lucide

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