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Etre "écologiste" ?

Souvenons-nous que, depuis la nuit des temps, l'homme s'est toujours "débrouillé" avec ce que lui fournissait "la nature" afin de se libérer des contraintes qui lui semblaient trop pesantes.

Améliorer son confort ne consiste-t-il pas à se libérer des contraintes propres à l'inconfort ?

Ainsi l'homme s'est "débrouillé" avec le pétrole, ce qui lui a donné de grandes facilité dans un grand nombre de domaines.

Il a "bricolé" le pétrole. Même si ce bricolage s'est fait de façon très scientifique et avec beaucoup de technicité la démarche est du même ordre que celle qui consiste à se "débrouiller" à tailler une lame dans un silex : utiliser au mieux ce qui est à notre disposition afin d'obtenir un certain résultat, aussi satisfaisant que possible.

Agissant ainsi l'homme a profondément modifié son milieu, en interaction profonde avec "la nature" même lorsqu'il a prétendu pouvoir s'affranchir de ses diktats.

Certaines de ces modifications n'ont pas été bénéfiques (voir la désertification de l'Ile de Pâques par exemple) et d'autres lui ont permis d'accéder à de meilleures conditions de confort.

Il y a donc eu des résultats plus ou moins satisfaisants et durables, et un grand nombre de retournements.

Un retournement ?

Il peut sembler que la situation que nous connaissons en ce début de XXI siècle soit un nouveau retournement, annoncé depuis plus de 40 ans (Club de Rome), et qui affectera l'ensemble de l'humanité, c'est à dire qu'il fera peser sur les épaules de tous des charges à peu près identiques, ce qui constitue une nouveauté.

Les modifications apportées au milieu au fil du temps (par exemple les fortes émissions anthropiques de gaz à effet de serre ou un certain nombre de pollutions) impliquent qu'il ne nous est plus possible de nous "débrouiller" de la même façon insouciante qu'il y a 10, 50 ou 5000 ans : nous devons maintenant, pour chacune de nos actions, tenir compte des "dommages collatéraux" qu'elle pourra causer ici ou ailleurs, tôt ou tard.

Nos actions passées ont fait naître de nouvelles contraintes, certaines sont connues car elles se manifestent, d'autres sont des hypothèses à chacune desquelles s'associent certains indices de probabilité du point de vue de la possibilité qu'elles se manifestent, de la date et de l'ampleur de cette manifestation.

Mais le paradigme de base n'a pas changé, et nous continuerons à nous "débrouiller" avec ce que "la nature met à notre disposition" dans le cadre d'un certain réseau de contraintes dont certaines seront jugées supportables et d'autres non.

De meilleures chances pour des lendemains difficiles

La présente étude n'est rien de plus que la tentative d'élaboration d'un plan d'action qui nous offrirait plus de confort pour évoluer dans le réseau de contraintes actuel et à venir.

Effectivement ce plan d'action propose une prise de distance avec certaines pratiques dont on sait qu'elles génèrent des contraintes fortes par rapport aux avantages qu'elles procurent (ainsi beaucoup de produits phytosanitaires par exemple) : on pourra penser que cette évaluation contraintes / avantages est largement dépendante du point de vue de chacun, et donc très subjective.

C'est d'ailleurs ce que l'on a pensé de l'utilisation massive de l'amiante pendant un siècle (la dangerosité était connue au début du XX ème siècle) et il nous a fallu 100 ans pour décider enfin que le rapport avantages / inconvénients était définitivement très défavorable.

Vis à vis de certains contraintes nouvelles il ne nous sera probablement pas alloué un siècle de tergiversations, et au lieu de nous "débrouiller" assez tranquillement avec ce que "la nature met à notre disposition" nous serons peut-être contraints à subir avec des capacités d'action amoindries.

Et notre ministre des finances, convoquant les compagnies pétrolières, ne fait que dévoiler au grand jour son incapacité à apporter une véritable réponse à la question de la hausse du prix du pétrole : il n'agit pas, il tente de réagir avec l'hypothèse d'un petit pansement sur une grande plaie...

Trouver des réponses, anticiper...

Il ne s'agit donc pas aujourd'hui d'être ou ne pas être "écologiste" mais de trouver, à partir d'une certaine évaluation de la situation et à une époque où nous ne subissons pas encore de façon trop intense, quelle sera la voie la plus susceptible de nous affranchir des contraintes présentes et à venir.

Ce n'est donc pas en terme de position sur "l'échiquier politique" ou dans un objectif de "défense de la nature" plus ou moins exclusif et qui ferait l'impasse sur certaines nécessités (comme celle d'un niveau de revenu correct pour les agriculteurs) qu'il convient de réfléchir !

Réseau Freemen OGM et citoyens Catastrophisme lucide

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