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Penser une société de pétrole cher

Un prix du pétrole élevé causera l'augmentation de toutes les énergies et, même si l'on produit efficacement des biocarburants, sera un facteur fort de réduction de notre mobilité.

Cette augmentation affectera chacun d'entre nous même si nous n'utilisons comme véhicule que le vélo puisque, finalement, le surcoût des carburants sera reporté sur toutes les denrées et produits ayant nécessité un transport : nous payerons tous pour ce pétrole plus cher.

Nous payerons plus cher le chauffage de l'eau et de nos locaux (un indice, les fabricants de poëles et chaudières à bois connaissent une activité fébrile en 2005 et sont en limite de rupture de stock : le prix du bois devrait nettement augmenter car la demande sera forte) et nous aurons de moins en moins de facilités à nous déplacer en véhicules individuels.

Un ministre des finances convaincu que ce prix du pétrole tendra longtemps à la hausse ou à la stagnation à un niveau élevé - c'est le cas du ministre en place en Septembre 2005 - pourra réagir en tentant d'amortir les effets immédiats de cette hausse (mesures conjoncturelles) et il pourra agir par des mesures structurelles qui devront tenir compte de cette réduction globale de mobilité.

Vision globale

Cette réduction aura des impacts forts sur différentes professions, notamment les agriculteurs, les pêcheurs et les transporteurs routiers : ils n'ont d'ailleurs pas tardé à se manifester et des mesures (conjoncturelles) d'allègements qui ne semblent pas les satisfaire pleinement ont été décidées.

La seule mesure structurelle prise par notre gouvernement concerne la mise en place de filières de biocarburants qui présentent les rendements les moins bons, la filière des HVB / HVP, la plus performante, étant laissée de côté et plaçant notre pays en infraction par rapport à la législation européenne.

A ce sujet et dans le cadre d'une vision globale prenant en compte l'influence de l'utilisation de biocarburants tant sur nos émissions de gaz à effet de serre que l'influence sur la balance du commerce extérieur nous n'avons aucun intérêt à utiliser des filières de biocarburants au rendement faible afin de complémenter les carburants de type "essence" vu l'importance du parc de véhicules diesel dans notre pays.

Au contraire, la filière la plus performante s'adressant uniquement aux véhicules diesel, sa mise en place massive et l'abandon de l'idée d'ajouter quoi que ce soit à l'essence donnerait les meilleur résultats : forte réduction des émissions de particules et de gaz spécifiques aux moteurs diesel et souvent accusées de polluer dangereusement l'air, meilleure efficacité énergétique globale, meilleur impact sur nos importations.

Gouverner ?

Or gouverner ne consiste-t-il pas à choisir les meilleurs pansements à nos plaies présentes et à venir ?

Et dans la situation actuelle il importe d'appliquer à notre société des pansements structurels... que dis-je... des attelles, des emplâtres !

Un ministre convaincu de la fin du pétrole bon marché devrait non seulement expliquer à ses concitoyens que leur vie changera mais également imaginer et mettre en place les solutions capables de rendre cette transition acceptable pour tous.

Cela impliquerait d'ouvrir très vite un certain nombre de "grands chantiers" (les dirigeants adorent ce qui peut être qualifié de "grand".... !) afin de restructurer notre société en fonction des évolutions envisagées et auxquelles elle ne pourra pas se soustraire.

Réseau Freemen OGM et citoyens Catastrophisme lucide

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