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Préparer et contraindre

Je n'ai pas effectué un inventaire exhaustif des mesures qui pourraient être prises afin d'atteindre des objectifs qui nous seront très probablement imposés par les faits, ou qui le sont déjà : réduire de façon importantes nos émissions de gaz à effet de serre et faire évoluer notre société vers une consommation nettement amoindrie d'énergies d'origine fossile.

Certains prétendent que "le marché" s'adaptera, mais nous avons vu que certains domaines échappent à l'autorité des marchés, comme celui des infrastructures du pays.

En outre nous pouvons douter de la capacité des marchés à anticiper au bon moment : ils réagissent à court terme alors que certaines actions ne peuvent s'imaginer et monter en efficacité que sur des délais plus longs (restauration des sols, mise en place des infrastructures pour un fort développement du ferroutage...).

Enfin certains aspects réglementaires échappent totalement aux marchés, comme la législation sur le bâti.

Nous avons vus que nous sommes déjà soumis - ou devrions nous soumettre dans le cas des émissions de gaz à effet de serre - à des contraintes qui risquent de s'amplifier et de bouleverser notre société, et donc de bouleverser nos modes de vie dans le sens de difficultés accrues.

D'autres "libertés"

Dans ce contexte le rôle du gouvernement n'est-il pas d'appliquer à chacun et à tous, de façon ferme mais équitable, un certain nombre de contraintes et d'ouvrir le champ à de nouvelles "libertés" (autorisation d'utiliser les HVB / HVP pour la circulation automobile par exemple, ou de construire de façon différente dans le domaine de l'habitat) qui nous permettront de mieux résoudre les problèmes difficiles auxquels nous sommes d'ores et déjà confrontés ?

Dans cette optique, et pour prendre un sujet qui a été débattu, la taxation annuelle (vignette) des véhicules en fonction de leur émission de CO2 par kilomètre ne serait-elle pas un moyen de faire comprendre à chacun que "les temps" ayant changé, nos comportements ne pourront pas faire autrement que de se plier à ces changements ?

Le produit de cette vignette, entièrement consacré au développement des infrastructures adaptées à la nouvelle situation, ne serait pas superflu dans le contexte d'un endettement déjà très important de la France, et il y aurait une certaine logique à obtenir de cette manière cette ressource qui n'aurait rien de superflu dans le budget de l'état.

Moyens intellectuels et financiers

Car s'il sera difficile de disposer des moyens financiers indispensables à faire évoluer les infrastructures de notre société vers l'ère du pétrole durablement cher il sera également fort difficile de faire évoluer les mentalités de nos concitoyens afin qu'ils adoptent un mode de vie adapté à de nouvelles contraintes.

De l'évolution de nos mentalités dépendront tous nos comportements (à moins de cas de grande urgence et de force majeure qui bousculeraient violemment nos habitudes), et il faut avoir clairement à l'esprit qu'à défaut d'une bonne compréhension de ce que sont certaines contraintes insolubles, certaines réactions seront inappropriées et ne pourront que contribuer à rendre encore plus difficile la résolution de certains problèmes.

Par exemple pour quel seuil de hausse du prix du pétrole devront-nous subir une paralysie du pays par des manifestations de certaines professions qui peuvent se permettre de le réduire physiquement à l'immobilité ?

Voilà un risque collatéral qu'il serait peut-être dommage de négliger : comment le prévenir mieux qu'en se montrant dès maintenant bien clair sur ce que pourrait être notre proche avenir et en préparant activement des solutions de transition, puis de remplacement ?

Et la première difficulté qu'il nous faut vaincre est visiblement celle de faire comprendre à nos dirigeants que la première urgence consiste à ce qu'ils changent eux-même leur propres habitudes de pensée..

Réseau Freemen OGM et citoyens Catastrophisme lucide

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