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Voir plus loin que "le taux de biocarburants"...

On déduira de ce prélude que la considération d'un certain taux de biocarburant ajouté à un carburant issu du pétrole est à peu près sans objet : ce taux à lui seul ne signifie rien, et il ne peut avoir de signification que dans ce contexte général prenant en compte à la fois l'efficacité énergétique et le coût social ainsi que l'impact mondial dans sa valeur d'exemple comme dans la modification de l'atmosphère qu'il induira.

Le coût social, locution que j'utilise dans une acception très générale afin de désigner les impacts sur la société, se décline dans une assez grande diversité d'aspects car il est question ici d'une activité, la production de biocarburants, qui se base sur l'agriculture et peut concerner ou non des processus industriels, qui aura des impacts sociaux, environnementaux, de santé publique...

Quelle équité ?

Ce coût social pourra s'exprimer avec plus ou moins de bénéfices et une répartition plus ou moins équitable de ces bénéfices.

Dans un souci de "plus grand intérêt général" ou de "bien commun", de façon très républicaine donc, on peut souhaiter que le bénéfice soit maximal pour tous, et ceci dans une perspective d'évolution de la société dans un monde où il sera impératif de minimiser autant que faire se peut la consommation de produits générant une émission de gaz à effet de serre (devoir "moral").

Et peut-être dans un monde où nous ne pourrons tout simplement plus consommer autant de pétrole qu'auparavant, soit qu'il soit devenu physiquement rare, soit qu'il soit devenu financièrement inaccessible à la plupart (contrainte matérielle ou financière).

Prévoir à long terme

Car on ne crée pas une filière de production de biocarburants sur un "coup de tête" juste pour quelques années afin de résorber une hausse momentanée du prix du pétrole : l'affaire est bien plus "sérieuse" que cela, comme nous allons le voir.

Et il serait irresponsable de lancer des filières de production de biocarburants en ne tenant compte que d'une fraction des contraintes à laquelle une telle filière doit répondre pour satisfaire au mieux l'ensemble des objectifs que nous aurions le plus grand intérêt à nous fixer.

Il faut donc baser nos décisions sur des visions à long terme tenant compte des différentes perspectives d'évolution de plusieurs paramètres, notamment les hypothèses portant sur l'évolution du climat (réchauffement ou refroidissement local, car nous pouvons nous interroger sur l'hypothèse d'une diminution prochaine ou en cours de l'intensité du Gulf Stream), et en prenant en compte la probable augmentation du prix des énergies fossiles.

Le temps des énergies chères

Mais cette augmentation provoquera très vite une augmentation du prix de toutes les énergies car il se produira des phénomènes de substitution : dès qu'il deviendra plus rentable d'utiliser l'électricité qu'un produit pétrolier dans un processus industriel, soyons certains que la reconversion du processus ne tardera pas si elle est possible.

C'est donc à une augmentation du prix de toutes les énergies que nous devrons faire face, et il faut le prévoir dès maintenant car cela pourrait survenir dans un très proche avenir.

Réseau Freemen OGM et citoyens Catastrophisme lucide

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